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LE BLOG DE CYEK

Zacchaeus M. Forjindam : « Je clame ma totale innocence »

15 Octobre 2010, 05:52am

Publié par Cyrille Ekwalla via Le Jour

zacchaeus-Forjindam.jpgL’intégralité de la déclaration finale de l’ex-directeur général du Chantier naval.

Mme le président, Honorables membres de la Collégialité,
Je prends la parole à titre final et véridique par devant votre tribunal où j’ai comparu depuis 17 mois environ en citoyen respectueux des lois et règlements de son pays, convaincu de la vocation d’impartialité et d’équité de la Justice républicaine qui s’adresse aux ressortissants Camerounais sans distinction d’origine, de sexe, de condition d’âge ou de confession, sans a priori ni préjugés. Fort de cet état d’esprit, je tiens à vous remercier très sincèrement pour l’opportunité que votre tribunal m’a donnée de présenter les éléments de mon argumentation dans cette affaire dont les contours et les faits vous ont été patiemment exposés par mon équipe de défense.

Je prends aussi la parole en tant qu’homme, responsable de famille, indûment atteint dans son honorabilité avec toutes les conséquences que vous pouvez imaginer, et en tant que haut commis de l’Etat particulièrement surpris du sort qui lui est réservé après avoir garanti à l’entreprise à lui confiée en 1996 ; une courbe de résultats technologiques et financiers systématiquement croissante.
Grand est en effet mon étonnement qu’en dépit de tout bon sens et de toute rationalité, l’opportunité de construire ma défense m’a été refusée par le Conseil d’administration (Ca) du Chantier Naval en juillet 2006 (de connivence avec le Commissaire aux Comptes), préférant me juger et me déclarer coupable sans m’entendre (jugement à huis clos alors que j’étais sur place) et ce par une Collégialité composée de certaines personnes qui avaient un intérêt manifeste dans mon éviction du Cnic ( M. Bikoro, notamment, qui lorgnait sur le poste de Dg ).

Mme le Président, Honorables Membres de la Collégialité,
Tout mon parcours professionnel de plus de 37 ans, entièrement dévoué au service de mon pays a toujours été guidé par la crainte de Dieu Tout puissant, par le patriotisme, par le respect sans concession des intérêts publics, par une obsession de la performance à obtenir dans le respect des règles de l’art et par une passion pour l’excellence dans l’accomplissement des exaltantes missions à moi confiées par M. le Président de la République.

Qu’il me soit permis de ne plus revenir sur ces actions phares car mes Conseillers les ont amplement évoquées. Je paie aujourd’hui le prix de ces sous entendus et des ambitions inavouées de certains. Les détracteurs du Chef de l’Etat ont réussi à administrer un coup d’arrêt à l’exécution de l’un des projets de Grandes Ambitions le plus objectivement prometteur. Ils ont tout fait pour chercher à démontrer en vain à la face du monde que le Chef de l’Etat s’était trompé en prodiguant des éloges à mon endroit. Même le témoignage des inspecteurs du Contrôle supérieur de l’Etat (Cse), Institution assurant le contrôle au niveau le plus élevé des sociétés publiques et parapubliques, qui confirme la justesse des éloges présidentielles, a été mise en cause et ces hauts fonctionnaires copieusement vilipendés par ceux-là même qui se sont toujours appuyés sur le témoignage du Cse pour poursuivre les dirigeants et autres ordonnateurs dans toutes les autres affaires pendantes devant la Justice. Même la prise en charge légale des frais financiers des inspecteurs d’Etat au cours de leur mission de contrôle au Cnic a été critiquée comme si la perception desdits frais partout ailleurs lors des missions avait empêché le Cse de se ranger du côté du Ministère public pour poursuivre les dirigeants de ces autres sociétés parapubliques. Etrange paradoxe.

Les observations présidentielles sur mes différentes actions à la tête du Cnic n’ont pas été démenties lors de la mission de contrôle et de vérification du Cse effectuée au Cnic de septembre à décembre 2006. Le témoignage des inspecteurs du Cse devant votre tribunal a été on ne peut plus éloquent pour confirmer haut et fort qu’il n’y a pas eu détournement de fonds publics au Cnic pendant la période de leur contrôle, 2003 à 2006. Dans cette même lancée, en juin 2009, le gouvernement camerounais avait invité les bailleurs de fonds internationaux concernés par le projet du Yard pétrolier de Limbé (Ypl) de reprendre le financement de ce projet suite à mon départ de la société. Ces bailleurs sont passés me visiter à New-Bell avant et après la réunion et m’ont rassuré qu’ils ne me reprochent aucun détournement d’un franc dans les fonds mis à disposition pour ce projet.

Je suis convaincu que votre tribunal, au vu de la hiérarchie des normes dans notre pays, saura se mettre du côté du bon droit en m’épargnant, moi et ma famille, des souffrances injustes subies du fait de l’action de quelques Camerounais qui souhaitent l’échec des projets de Grandes Ambitions du Chef de l’Etat pour des raisons qu’ils leur appartiennent, le sacrifice de ma modeste personne ne servant que de prétexte à cette basse œuvre.

Mme le Président, Honorables Membres de la Collégialité,
Au moment où je quitte ce box, et je vous le dis du fond du cœur, je suis plus que jamais persuadé de n’avoir pas trahi la confiance du chef de l’Etat dans ma mission à la tête du Cnic et dans ma fidélité aux institutions nationales de façon générale. Je suis un républicain et j’entends le demeurer. J’éprouve une grande satisfaction morale d’avoir contribué à porter du pain à la table des milliers de Camerounais issus des dix régions du pays, et ce, sans discrimination aucune. Mon principal regret aujourd’hui est de voir que des milliers de compatriotes sont injustement  privés du travail alors que le marché de réparation navale est fleurissant partout ailleurs. Le chiffre d’affaires que j’avais laissé à 40 milliards Fcfa  à mon départ est aujourd’hui situé à moins de 8 milliards ; la société est minée des grèves à répétition, et la suite sur la gestion de la société, nous la connaissons tous. Ce regret est d’autant plus grand que les perspectives de création de 5000 emplois additionnels dans le cadre du projet du Ypl vont en s’amenuisant, le projet ayant connu un coup d’arrêt depuis notre départ du Cnic. Circonstance aggravante pour la crédibilité du Cameroun, les importants financements non encore utilisés par les bailleurs de fonds pour l’exécution des travaux du projet du Ypl risquent d’être affectés à d’autres pays à cause de la faible performance du management actuel de ce projet. Pour tromper les Camerounais, les uns donnent l’impression que les accords de financements continuent d’être négociés et signés. Tous les deux accords avec la Badea et l’Ofid (Fonds de l’Opec) signés ces derniers temps ont été négociés par moi et devraient même être signés depuis juin 2008.

Ma formation technique et professionnelle d’ingénieur et de manager sont autant de gages qui m’astreignent à une éthique rigoureuse dans la gestion des ressources (techniques, humaines, financières, etc ….) et au respect du bien commun. Mon honorabilité, comme en témoignage ma décoration par décret du chef de l’Ordre national de la valeur m’impose un sens élevé d’abnégation et de dignité dans la conduite des affaires publiques. Ce n’est pas à mon âge que je commencerai à faillir dans ces domaines de moralité et d’éthique dans la vie publique.

Mieux, ma foi chrétienne et ma formation familiale ne peuvent m’autoriser ni à voler, ni à détourner les fonds publics. Je ne l’ai pas fait, ni en public ni en privé lors de mon service au pays. Je n’ai jamais aidé quelqu’un à le faire non plus. Je ne le ferai jamais de ma vie.

Mme le Président et Honorables membres de la Collégialité,
Je clame haut, fort et avec entière sincérité, en tant qu’homme, en tant que chrétien, en tant que chef de famille et en tant que haut commis de l’Etat, ma totale innocence par rapport aux faits qui me sont reprochés !!
Dès lors, Mme le Président, Honorables membres de la Collégialité,
 -Devant Dieu Tout Puissant, notre Créateur
 -Devant votre conscience qui est l’instance ultime de Jugement
 -Devant les canons de votre imminente profession
 -Et devant l’intérêt objectif de la nation qui est celui de protéger ses fils méritants,

Dites le Droit, rendez-moi Justice
J’en ai terminé et je vous remercie.

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