Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LE BLOG DE CYEK

Souffrez qu'ils vivent leur rêve... Messieurs !

1 Novembre 2010, 13:37pm

Publié par Cyrille Ekwalla

Coupe du CamerounLe billet plus bas a été écrit vendredi dernier (29 octobre 2010) et publié par www.cameroon-footbuzz.com. Dux jours après, comme pour nous conforter dans notre position, Paul Biya dont la présence a été annoncée à ands renforts de ommuniqués das la presse gouvernementale, n'a pas daigné honorer de son illustre et auguste présence, la finale dela Coupe du Cameroun de football. Un évènement qui a été repoussé de quatre (4) mois afin qu'on puisse s'adapter  l'agenda présidentiel. Il aura fallu 120 jours au Cabinet Civil pour parvenir à dégager 1h45mn et y inscrire : "Présider la finale de football de la Coupe du Cameroun". Et malgré la mobilisation de plusieurs services pour que "la fête soit belle", Paul Biya ne s'est as donné la peine de se déplacer, voir 22 jeunes camerounais vivre un moment sûrement inoubliable de leur vie. Cet honneur et ce privilège sont revenus au Premier ministre Philemon Yang.   De nombreux camerounais vous diront que c'était prévisible de la part de P. Biya. Ne posez surtout pas la question de savoir ce qui a justifié cette absence. La présidence de la république ne communique pas.

Souffrez qu'ils vivent leur rêve... Monsieur !

En début de semaine de semaine dernière, j'ai appris, avec effarement, que la finale de la coupe du Cameroun de football se jouerait dans quelques jours. Plus exactement le 31 octobre 2010. « Sous le haut patronnage de S.E le Président de la république, Chef de l'Etat, Paul Biya » précise le communiqué officiel. Une finale qui devait se dérouler au mois de juin dernier, en fin de saison régulière 2009-2010. Pourquoi et comment en est-on arrivé à une telle incongruité ? Je ne disserterai pas là-dessus, tant cela devient commun et banal au Cameroun. Les incongruités des décisionnaires, à quelque niveau que ce soit. Mais aussi et surtout parce que, de toute façon, deux semaines seulement après la finale du 31 octobre, je ne parierai pas une pièce de monnaie de singe sur le fait que très peu se souviendront du vainqueur de cette confrontation. Tout comme, je suis certain qu'en interrogeant dix camerounais dans la rue à l'instant où vous me lisez, pas un seul ne sera capable de vous citer deux noms de joueurs dans chacune des équipes qui doivent s'affronter dimanche. À toutes fins utiles, mentionnons tout de même que les protagonistes sont Les Astres de Douala et Fovu Club de Baham. Et pourtant, voyez-vous, il fut un temps !

Il fut un temps où la finale de la coupe du Cameroun de football revêtait un caractère sacré. C'était alors un évènement immuable dans le calendrier « politico-administrativo-sportif » du pays. Auréolé qu'il était de la présence évidente –contre vents et maréees- du Chef de l'Etat. Beaucoup plus l'ancien, pas l'actuel ! En ce jour particulier, il n'y avait rien d'autre qui dominait l'actualité. On en parlait dans les médias, dans les rues, dans les cases et...surtout dans les bars. Oui, le jour de la finale de la Coupe du Cameroun, le Président de la République ne remettait pas seulement le trophée de football au club vainqueur ; il éxécutait ce geste plus d'une fois cet après-midi là. Toutes les disciplines sportives étaient conviées et célébrées. Le sport camerounais, dans son ensemble, était magnifié. Quel est le, ou la capitaine qui ne rêvait alors, de cette «présidentielle» poignée de mains, acompagnée de ce petit mot : « Félicitations, vous faites honneur à la jeunesse camerounaise ». Et ceci, juste après cette manie, devenue légendaire, de rabattre les pans de la gandoura ?! Il fut un temps où la finale de la Coupe du Cameroun de Football était...

...Ce fut le temps des derbys entre les « Mekok me Ngonda » du Canon de Yaoundé opposés aux « Gamakai Nassara »! de l'Union de Douala ; des adeptes du « Kalara » de Tonnerre de Yaoundé face aux « Gwé raison » de Dynamo de Douala ; des « Bana ba Njoh » du Léopard de Douala, de Dihep di Nkam, de Racing de Bafoussam « Tout Puissant de l'Ouest »... Des derbys qui n'avaient rien, mais alors, rien à envier à des Inter de Milan contre Milan Ac ou Chelsea-Arsenal. Et d'ailleurs, l'auteur de ces lignes était alors incapable de vous situer Milan ou Chelsea sur une carte, mais était incollable sur les 22 camerounais qui bataillaient au stade Ahmadou Ahidjo. Un mythique stade que la mode ne nous imposait pas encore de nommer « Cuvette de Mfandena ».

Ce fut un temps où pour certains, ce jour était le plus beau : Doumbe Lea François, René Ndjeya, Eugène Ekoulé, les frères Olé Olé, Bonaventure Djonkep, Théophile Abéga, Ibrahim Aoudou, Ernest « Bouboule » Ebongue, Isaac « Njasso » Sinkot, Anoumou Gozo, Mama Jean-Louis, Dagobert Mougam, Jcques Manga Guy, Pierre Bep "Solo", Serge Alain Tsemo, Nguéa Jacques, Mbom Ephrem, Jacques Enamè, Bell Joseph Antoine, Alain Christian Eyobo, Jean-Daniel Eboue, Charles Toube, les Frères Biyik, Mbida Grégoire Arantès , Jean Manga Onguéné... Jour grandiose pour Emmnuel Ngassa Happi, Tobbo Eyoum, Paul Morand Mbous, Koungou Edima Ferdinand, Martin Omgba Zing, Massoua II Bernard, Dissakè...

Le jour de la finale de la Coupe du Cameroun, en ce temps-là était le temps fort, le point culminant de l'année sportive. Nostalgie ? Sûrement pas ! Juste rappel à des dirigeants politiques et sportifs actuels, qui pourraient trouver dans cette évocation sommaire et subjective d'un passé récent, les repères dont ils ont grand besoin.

Alors, qu'on n'aime pas le football, voire le sport en général, soit. Mais fonction oblige, il y a des exigences auxquelles on ne peut déroger. À défaut de décence de votre part, par charité chrétienne, permettez au moins à des gamins de 20 ans de vivre leur passion, leur rêve. Celui de taper dans un ballon, de se dépasser et vivre ce moment d'extase : gagner le match, recevoir et soulever le trophée – récompense de leurs efforts – et célébrer avec leurs supporters...comme l'ont fait leurs aînés et idoles, en ce temsp-là.

C'est le moins que vous puissiez faire...Monsieur ! panthere_du_nde_cdc_2009.jpg

Commenter cet article

Tokomo 04/11/2010 22:15


Ainsi dites moi si la fête n'était pas belle, le premier ministre était le representant du chef de l'état.Est-ce la première fois que le chef de l'état se fait representer? est-ce pour autant que
la fête du football manquait de prestige?


Cyrille Ekwalla 05/11/2010 15:35



Non, M. Tokomo, nulle part dans mon propos, vous ne trouverez un moment où je pense que "la fête puisse manquer de prestige" en raison de l'absence du Chef de l'Etat. D'autre part, vous ne
trouverez dans mon propos un quelconque dénigrement de ma part de celle ou de celui qui pourrait être "le représentant du Chef de l'Etat". Pour que vous compreniez mieux : l'idée générale de ce
texte est de démontrer que la Finale de la Coupe du Cameroun a perdu "l'importance protocolaire" d'antan dans l'agenda présidentiel. Voilà le propos, M. Tokomo. Au plaisir de vous lire et de
discuter avec vous.