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LE BLOG DE CYEK

Solidarité de façade et silence complice !

20 Septembre 2010, 10:14am

Publié par Cyrille Ekwalla

Eto-o-vs-Milla.jpg«… Capitaine talentueux, mais ego-narcissique, un brin impétueux et peu porté à la discrétion… ». C’est en ces termes qu’Achille Mbembé s‘exprimait récemment au sujet de Samuel Eto’o, le goléador camerounais de l’Inter de Milan. Il vient encore d’en faire la preuve –non pas de celle de goléador mais de l’ego-narcissisme - en organisant une séance de vaudou, d’envoûtement collectif, avec la connivence passive de quelques confrères journalistes. Pour le fils du « dieu du football camerounais », rien n’est jamais assez grand, ni assez bruyant pour sa personne. Pour sa première interview publique après la coupe « immonde »(1) du Cameroun en Afrique du sud, on a mis les petits plats dans les grands. On a sorti l’armada journalistico-politique : Alain Belibi (Crtv), Thierry Ngogang (Stv), Valentin Siméon Zinga (Equinoxe), Jean Materne Ndi (Dbs) et Joly Koum (Canal 2). Il ne manquait plus que les grandes signatures de la presse écrite quotidienne, et la boucle était bouclée. Mais peut-on lui en vouloir ? « Le Cameroun, c’est le Cameroun ! » avait dit l’un et l’autre ajouté : « le sport est l’opium du peuple ». Et pourtant au cours de cette longue interview, nous apprenions qu’il était souvent arrivé à Eto’o « d’inviter » le président de l’association des journalistes sportifs  camerounais,  hélas pas cette fois. Mais, il n’a pas hésité à inviter un journaliste sportif français à partager le micro avec la crème des journalistes politiques camerounais de l’audiovisuel. Les mêmes qui interrogent le ministre Tchiroma et qui demain – peut-être, voire sûrement- seront conviés à interroger les plus hautes autorités de l’Etat. Vous avez dit mélange des genres et sens des priorités ?

Pour revenir au spectacle qui nous a été offert sur les télévisions, pas moins de quatre fois dans les trente premières minutes de l’émission, son principal organisateur a dit avoir fait et remis son rapport à la Fécafoot et au ministère et qu’il demandait – voire exigeait - que ces deux instances rendent public lesdits rapports. Une quinzaine de jours après, on attend toujours ! Et nul, notamment et particulièrement dans la presse, ne semble s’en émouvoir. On se serait pourtant attendu, au lendemain de cette opération de communication du capitaine des Lions Indomptables, que la presse nationale « martèle » cette information, que nos confrères harcèlent - à travers articles et autres émissions - messieurs le ministre Zoa et le président de la Fécafoot Iya Mohamed pour savoir ce qu’ils attendent pour rendre public leurs bilans de la campagne sud-africaine, ou à défaut les grandes lignes du rapport d’Eto’o. Jusqu’ici cela n’a pas été fait et pourrait être considérer comme un « silence complice ». Au risque de donner raison à Samuel Eto’o qui a évoqué la perte de crédibilité des journalistes camerounais. Au fait parlait-il des journalistes sportifs ou politiques ? Allez savoir !  Puisque deux heures ne nous ont toujours pas permis de savoir qui s’exprimait : le sportif Eto’o ou le politique Eto’o ?

Toute l’attention du moment et les commentaires qui ont suivi, ont uniquement focalisé  sur ce que nous appelons « le procès Eto’o » : avez-vous bagarré ? Quels étaient vos rapports avec Paul le Guen, etc… Ce qui inéviatblement amène à s’interroger sur l’objectif de cet exercice. Quel en était l’intérêt ? Quel était le message que les acteurs voulaient faire passer ? La solidarité-réconciliation des deux « 9 » pour rebooster le football camerounais ?

Le one-man-show d’Eto’o nous aura aussi conforté dans l‘assertion selon laquelle, on ne badine ni avec le fooball, ni avec Eto’o et son « père » Milla. Pour preuve, lorsque ce dernier a « joué à la midinette » en clamant à tue-tête qu’il quittait la Fécafoot, il a aussi affirmé détenir des documents compromettants pour la Fécafoot et ses dirigeants et qu’il était prêt à rendre public.  Si cela ne s’appele pas du chantage qu’est-ce que c’est ? Milla a-t-il été interrogé la-dessus ? Non ! Avec le silence  - encore une fois complice -  du ministre des sports Zoa, on a présenté aux camerounais une réconciliation factice devant les flashes desphotographes et les caméras de télévision. Ailleurs, on a parlé de « voyou de la République », ici, nous aimerions bien dire « les bandits de la République » ! Une république à part, avec un modus operandi unique et particulier.

Si Milla, ambassadeur itinérant du Cameroun, est en possession de « documents compromettants pour la Fécafoot », pourquoi ne les remet-il pas à la justice ? Après cette déclaration, pourquoi n’a-t-il pas été interrogé par les autorités compétentes au sujet de ces allégations ? Et lorsque mes confrères ont eu l’opportunité d’interroger le sieur Milla, ils ne l’ont pas fait malgré l’invite de ce dernier à répondre à toute question qui lui serait éventuellement posée. Dommage. Il est vrai que l’émission était « cousue main » pour Samuel Eto’o. Pour les vraies questions et les réponses appropriées, on repassera.

Ps : Sûrement que les jours à venir contrediront ma « mauvaise foi » lorsqu’on annoncera une diffusion simultanée sur toutes les chaînes de télé du Cameroun de l’interview d’André Mama Fouda (ministre de la santé) répondant ax questions sans complaisance – cette fois-  des jounalistes-confrères de Ndamba, La Gazette Olmpique ou Camfoot sur les mesures gouvernementales  pour contrecarrer  l’épidémie de choléra, « la honte » du Cameroun, qui sévit en ce moment

(1)

 Charles  Ndongo (CRTV) dans son blog :  http://charlesndongocrtv.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/08/18/la-coupe-immonde-du-cameroun.html

 

 

 

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