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LE BLOG DE CYEK

Rdpc : Vérités sur les concertations du comité cenral

25 Août 2010, 08:36am

Publié par Valentin Siméon Zinga / CM (LNE)

Les assises du Palais des congrès participent d’une stratégie de mobilisation des ressources militantes, en vue de la préparation des prochaines échéances électorales.

 

Le secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais a entamé hier au palais de congrès de Yaoundé sa série de concertation avec les membres du comité central du parti.Rien n’a véritablement filtré des travaux  que Renée Sadi a eu avec les membres du comité central du Rdpc dans la Région centre hier, au palais des congrès de Yaoundé. La presse a été tenue à l’écart. Quelques confrères ont joué des coudes pour arracher quelques maigres propos au Secrétaire général du Comité central du Rdpc.

L’ambiance  était austère hier au palais des congrès de Yaoundé. Le Rdpc n’a pas ameuté ses foules pour les consultations des membres du comité central, à l’initiative du secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, René Sadi. Seule la présence de nombreux journalistes, qui font le pied de grue dans le hall du 1er étage du palais des congrès, indique qu’il s’y déroule un événement important.

Même les médias à capitaux publics n’ont pas eu la tâche facile. Tout le monde attend dans le hall. Certains font fonctionner leurs méninges, question d’obtenir une déclaration du Sg du comité central avant son entrée dans la salle des travaux. Mais son entourage qui s’aperçoit de la stratégie et se montre plus rusé. C’est ainsi que René Sadi va entrer dans la salle sans que les journalistes l’aperçoivent, par une voie détournée.  Alors que certains avaient position devant l’ascenseur, tandis que d’autres étaient allés le chercher dans son bureau.

Du coup, tout le monde attend une déclaration au sortir de la première consultation consacrée aux membres du comité central de la Région du Centre. Il est 11 heures quand les participants s’enferment dans une des salles de commission. Les journalistes prennent leur mal en patience. On parle alors d’une réunion qui pourra durer une heure d’horloge. Mais le temps commence à être long. Les jambes se fatiguent, les consœurs tirent des chaises, les confrères résistent en restant debout, devisant sur toutes sortes de sujets pour « tuer le temps ». La longue attente dure près de cinq heures d’horloge. Lorsque René Sadi et ses camarades sortent enfin de la salle des travaux, on a l’impression qu’ils se sont passé le mot : pas de déclaration. Cela est rappelé à tous les membres du comité central qui passent devant la meute de journalistes qui a pris d’assaut le palais des congrès pour en savoir plus sur cette réunion. Mais la persévérance de quelques confrères va se révéler payante quand, ils réussissent à arracher quelques mots au Secrétaire général du comité central qui ne lâche pas le scoop attendu par les journalistes, mais indique tout simplement qu’un parti qui prépare des échéances doit se réunir et discuter des affaires du parti. Ainsi on apprend que, entre autres, on a parlé du financement du parti, du congrès. Mais les confrères qui voulaient savoir s’il on peut avoir une date pour la tenu du congrès ordinaire du Rdpc, René Sadi a indiqué que ce n’est à lui d’en fixer la date.

Le huis clos et le peu d’informations qui circulent sur les motifs réels de ces assises laissent libre cours à toutes sortes de supputation. Mais des sources bien informées sont unanimes à reconnaître que cette rencontre à un enjeu autre que celui d’un congrès ordinaire du parti. Au moment où nous quittions le palais des congrès de Yaoundé hier en fin d’après-midi, les membres du comité central de la région du Sud s’apprêtaient à passer à leur tour à cette consultation.

 



 

Rdpc : le Congrès d’accord, la présidentielle d’abord

C’est connu : les images ne montrent qu’à la mesure de ce qu’elles masquent. La série de rencontres – entamées le 24  août et qui sont prévues pour s’achever le 31 courant - entre le secrétaire général du Comité central du Rdpc et les membres titulaires de cette instance dirigeante du parti au pouvoir, ne dérogent pas à cet apophtegme. Préparées de longue date au siège du Rdpc, en présence des hiérarques de l’appareil mobilisés dans le cadre d’un brainstorming, les concertations qui se sont ouvertes mardi à Yaoundé, s’inscrivent dans une triple logique, qui recoupe la forme et le fond des « assises ».

 

Sur la forme. Le fait a pu passer inaperçu, mais il n’est pas peu pertinent de le relever : René Emmanuel Sadi reçoit les membres du Comité central, selon le mode des regroupements à caractère régional. On peut y voir une opportunité de laisser s’exprimer les spécificités des régions. Mais – et ceci n’est pas forcément incompatible avec cela - il y a fort à parier que cette logique s’appuie sur des considérations liées à l’ordre juridique interne au Rdpc. Au sens de l’article 23 des statuts de cette formation politique, le Comité central, organe chargé d’assurer la direction du parti, «  est présidé par le Président National » qui le réunit. L’ordonnancement séquentiel des « concertations » qui ont cours au palais des Congrès depuis mardi, traduit donc une disposition pratique adossée sur une contrainte statutaire : n’étant pas président national du Rdpc, le secrétaire général du Comité central n’a pas qualité pour présider une réunion du Comité central. Il ne pouvait donc pas réunir en une unité de lieu, de temps et d’action, l’ensemble des membres de cette instance.

 

Reste le fond. Il  repose sur deux déclinaisons. D’abord, la démarche de René Emmanuel Sadi tend à apparaître comme une manière de reconnaissance solennellement réaffirmée des membres du Comité central, qui ont souffert d’un certain « oubli » de la part des instances dirigeantes du Rdpc. Et de fait, cette catégorie de personnels politiques n’a pas souvent bénéficié des privilèges consentis aux députés et autres présidents de section, occasionnellement réunis pour diverses opérations orchestrées par la direction de l’appareil. Ce message fait d’ailleurs partie de ceux qu’a choisi d’émettre la hiérarchie du Rdpc à la faveur des « séances de travail » de Yaoundé. Et le secrétaire national à la communication y est allé des circonlocutions de son cru pour le suggérer. « Ce sont des séances de travail, pour permettre aux membres du comité central de s’impliquer toujours davantage dans la marche du Rdpc vers la modernisation de ses structures, de ses objectifs et de son mode de fonctionnement. Donc, c’est un parti qui ne néglige personne, ne met à l’écart personne et encore moins les membres du comité central qui sont des repères et des valeurs sûres du parti et qui doivent être toujours mis à contribution pour plus d’efficience dans l’action du parti au pouvoir », a déclaré Jacques Fame Ndongo à Cameroon Tribune (24 août 2010).

 

Ecran de fumée pour masquer l’agenda du parti ? Certains le croient, qui s’accrochent à l’hypothèse de la préparation d’un Congrès, attendu depuis 2001, et dont les voix autorisées disent pourtant que les préparatifs sont achevés, en attendant le visa du président national. Mais il est plus sûr que les concertations ouvertes au Palais des congrès participent d’une stratégie de mobilisation des ressources militantes du Rdpc, en vue de la préparation des prochaines échéances électorales, dont la plus en vue reste l’élection présidentielle prévue pour 2011. Selon de fiables indiscrétions, il s’agit de l’un des pans d’une stratégie prévue pour dévoiler ses articulations au fur et à mesure que l’on s’achemine vers cette échéance. Le Rdpc, dont les hiérarques croient avoir circonscrit les adversaires au-delà de leurs rangs, mais qui n’excluent pas de devoir affronter des facteurs internes de démobilisation, voire de déstabilisation, se met donc progressivement en ordre de bataille. En attendant de sonder l’efficacité de cette « opération mobilisation ».

 

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