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LE BLOG DE CYEK

Pourquoi C. Beyala ne peut être SG de la Francophonie

22 Octobre 2010, 09:34am

Publié par Cyrille Ekwalla

Beyala.jpgLe XIII ème sommet de la Francophonie se tient en ce moment même ( 22 au 24 octobre) à Montreux en Suisse et a pour principale articulation l'élection du Secrétaire Général. Sont en lice Abdou Diouf (candidat sortant) qui souhaite prolonger son bail à la tête de l'organisation et Mme Calixte Beyala. Au Cameroun, on vite fait de focaliser sur la candidature de l'écrivaine et de trouver des causes à son "probabble échec". Ce serait la faute à l'Etat camerounais et son Chef, Paul Biya, qui ne la soutiendrait pas, mais aussi à sa "double nationalité" (sic). C'est un peu prendre des raccourcis à mon avis. Ce poste de Secrétaire Général revêt toute une autre dimension qu'une dimension purement honorifique et l'occupant  doit, ne serait-ce qu'avoir fait un certain nombre de preuves. L'un des objectifs étant de se mettre au même niveau que les autres espaces culturels linguistiques, et c,est pourquoi, pour donner une dimension plus politique à la Francophonie, les Chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Hanoï en 1997 décident de doter leur organsiation d'un Secrétaire Général.

Le Premier est Boutros Boutros Ghali qui va occuper ce poste de 1998 à 2002. Un petit rappel de son Cv serait bienvenu : "Diplomate, juriste, universitaire et auteur de nombreux ouvrages, Boutros Boutros-Ghali possède une longue expérience des affaires internationales. De 1992 à 1996, Boutros Boutros-Ghali a exercé les fonctions de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Avant cette nomination par l’Assemblée générale de l’ONU, le premier Secrétaire général de la Francophonie était, depuis mai 1991, vice-Premier ministre égyptien, chargé des Affaires étrangères.

Ministre d’Etat aux Affaires étrangères dans le gouvernement égyptien à partir d’Octobre 1977, Boutros Boutros-Ghali a assisté à la conférence au sommet de Camp David en septembre 1978 et participé à la négociation des accords de Camp David signés entre l’Egypte et Israël en 1979. Avant son élection au Parlement égyptien en 1987, il appartenait depuis 1980 au Secrétariat du Parti national démocrate, et fut également vice-président de l’Internationale Socialiste.

De 1949 à 1977, Boutros Boutros-Ghali a été professeur de droit international et de relations internationales à l’Université du Caire et membre, de 1974 à 1977, du Comité central et du Bureau politique de l’Union socialiste arabe. Membre de la Commission du droit international de 1979 à 1981, de la Commission internationale des juristes, de l’Institut du droit international, de l’Institut international des Droits de l’Homme, de la Société africaine d’études politiques et de l’Académie des sciences morales et politiques (Institut de France, Paris), Boutros Boutros-Ghali a pris part à de nombreuses réunions sur le droit international, les droits de l’Homme, le développement économique et social, la décolonisation, la question du Moyen-Orient, le droit humanitaire international, les droits des minorités (ethniques, notamment), le non-alignement, le développement de la région méditerranéenne et la coopération afro-arabe.

Fondateur de la publication « Al-ahram Igtisadi », dont il fut le rédacteur en chef pendant quinze ans, et de la revue trimestrielle « Al-Seyassa Al-Dawlia » qu’il a dirigée jusqu’en 1991, Boutros Boutros-Ghali est l’auteur d’une centaine de publications et de nombreux articles sur les affaires régionales et internationales, le droit et la diplomatie, et les sciences politiques. Il a rédigé un premier tome de ses mémoires, « Le chemin de Jérusalem », paru en 1997 aux éditions Fayard. Cet ouvrage, Prix Méditerranée Etranger 1998, relate, notamment, les négociations qui allaient aboutir aux accords de Camp David entre l’Egypte et Israël."

Et voici un extrait du Cv du détenteur du poste actuellement et auquel Calixte Beyala voudrait succéder : " Directeur de Cabinet du Président Léopold Sédar Senghor en 1963, Abdou Diouf est nommé en 1964 Secrétaire général de la Présidence de la République du Sénégal. Il devient ensuite ministre du Plan et de l’Industrie de 1968 à 1970. Il est désigné Premier ministre en 1970. Abdou Diouf devient Président de la République du Sénégal le 1er janvier 1981, à la suite de la démission du Président Senghor. Il est reconduit dans ses fonctions lors des élections de 1983, 1988 et 1993. Il cède sa place à Abdoulaye Wade à la tête de l’Etat sénégalais lors des élections présidentielles de mars 2000. Ses différents mandats furent placés sous le signe de la politique d’ouverture au multipartisme, la libéralisation progressive de l’économie et la décentralisation.

Abdou Diouf a contribué à faire entendre la voix du Sénégal dans le monde et a lutté pour une plus grande unité africaine, notamment en assumant les fonctions de Président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA, juillet 1985 - juillet 1986 puis en 1992) et Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO, juillet 1991 - juillet 1992)."

Objectivement, Mme Beyala ne peut rivaliser et ne mérite pas ce poste.

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laure mbatchou 23/10/2010 11:14


c'est vrai que l'expérience profesionelle compte mais comment l'avoir si on ne nous donne pas l'opportunité de faire ses preuves! !


Cyrille Ekwalla 25/10/2010 16:32



Si j'étais cynique, Laure, je vous aurai répondu que l'OIF est pas une entreprise privée familiale où l'on peut essayer des choses, du genre "donnons une chance à Calixthe...". Mais je ne le suis
pas  je vous dirai plutôt que personnellement, SG de l'OIF n'est pas un poste pour Beyala. Cette dame est et sera utile plus efficacement ailleurs. C'est une femme d'action. Or, à l'heure
actuelle, l'OIF est tout, sauf "dans l'action".



rose cathy 22/10/2010 18:00


Je sais que ceci est ton blogue, donc tu es libre de dire ce que tu veux. Mais par souci d'équité dans l'analyse, il aurait fallu sortir aussi le CV de Madame Beyala.

Pour ce qui est de la conclusion qu'elle ne mérite pas ce poste, je trouve cette analyse regrettable et simpliste.

Quelles sont les qualifications requises pour le poste de SG de la francophonie?
Quelles sont les fonctions définies pour ce poste?
Quelles sont les rapports entre la performance des 2 précédents SG et leurs parcours politiques?
Est-ce que les exigences de ce poste sont telles que si on n'a pas eu un cheminement politique, on ne peut pas mener cette institution qu'est le SG de la francophonie?

Après la lecture de ton article, si effectivement c'est sur des considérations aussi émotionnelles et subjectives que les gens se basent pour reconduire Monsieur Diouf et ne pas donner une chance à
Madame Beyala, on n'a plus à se demander pourquoi la francophonie est là où elle est.


Cyrille Ekwalla 25/10/2010 16:26



Rose Cathy, merci de ton commentaire ! Précisons tout de suite que je me suis toujours interrogé sur le réel impact de cette institution... et je continue à le faire. Si cet organisme avait une
vocation uniquement culturelle, il n'y aurait pas de problème en ce qui concerne Calixthe. Seulement ce n'est pas le cas. Et je t'invite à lire le billet suivant pour y trouver le CV de
Calixthe.