CHRONIQUES CAMER-CANADIENNES

Pont sur le Wouri :Le deuxième pont sera construit à 10 mètres de l’actuel ouvrage

7 Septembre 2010, 09:25am

Publié par Hervé B. Endong (LNE)

Le coût du projet est estimé à 120 milliards F Cfa et la durée prévisionnelle des travaux de 48 mois, dont 8 d’études.C’est l’option finalement retenue par le gouvernement et ébruitée par le président du Gicam ce vendredi 3 septembre à Douala, lors de son traditionnel échange avec la presse nationale et internationale.

Ainsi, le futur pont sur le Wouri sera construit à 10 mètres, à droite du pont actuel, vu du quartier Deido.D’après la fiche technique du projet, l’infrastructure comportera deux ponts d’une longueur de 850 mètres, soit un routier avec 5 voies et un rail à deux voies. Deux sens giratoires sont prévus aux extrémités pour une bonne accessibilité. Le cout du projet est estimé à 120 milliards F Cfa. C’est d’ailleurs la principale équation qui reste à résoudre, si l’on s’en tient à la fiche de renseignement n°9 de la revue des grands projets du Cameroun du Minepat. En effet, jusqu’ici, seule l’Agence française de développement a déjà donné son accord pour une participation à hauteur de 50 milliards. Aucune solution pour les autres 70 milliards pour le moment. Des hypothèses jusqu’ici. Deux options de financement en Partenariat Public-privé (Ppp) sont envisagées. Un PPP à risque de demande : le partenaire privé supporte les risques liés à la fréquentation de l’ouvrage. Il se rémunère par les péages perçus des usagers.

Contrainte de financement

Un PPP à risque de disponibilité : Le partenaire privé est rémunéré par la personne publique en fonction de la disponibilité effective de l’ouvrage que le partenaire privé réalise. Dans l’ensemble, si l’on s’en tient aux documents du gouvernement où s’abreuve le Gicam, la principale contrainte à l’heure actuelle ce projet, dont a durée prévisionnelle des travaux est estimée à 48 mois dont 8 mois d’études, est celle du financement, étant donné que l’avant-projet sommaire est terminé. « Un appel à manifestation d’intérêt pour la constitution d’une short-list dans le cadre de la conception et la réalisation a été lancé, le dossier d’appel d’offres est disponible », confirme Olivier Behlé, visiblement satisfait du projet. «Les bouchons cauchemardesques enregistrés des deux côtés du pont sur le Wouri et jusque dans les rues des quartiers environnants le 26 juillet dernier ont fini de prouver le caractère hautement économique et stratégique de cet ouvrage. Il est grand temps de se hâter pour construire un nouveau pont sur le Wouri », défend le président du Gicam, en recommandant que le projet soit mené dans le cadre d’une démarche intégrant toutes les facilités de cout et les contraintes économiques. Malgré ce satisfécit apparent du patronat, la question du lieu de construction de ce second pont suscite beaucoup d’interrogations. D’étonnements aussi. «Un pont à 10 mètres c’est la folie ça », fulmine un habitant de Bonaberi. «Cela veut dire que si un jour on lance une bombe sur l’ancien, le nouveau est pris aussi », ironise un employé de la Crtv. «Je crois que si l’option ci n’est pas annulée, le problème de fond restera entier. Car, ce qui fait le plus problème aujourd’hui c’est la voie de contournement », ajoute-t-il. 
 
Pessimisme 
 
Au finish, plusieurs se demandent finalement à quoi auront servi toutes les réunions tenues à Douala et à Yaoundé au sujet de l’option définitive à trouver pour mettre un terme au calvaire des usagers. Ainsi que les différentes études de faisabilité restituées qui recommandaient d’autres sites. Comme par exemple le projet avec franchissement à Bonamoussadi, au nord de la ville. Ou celui de Yassem, vers Dibombari où la largeur du Wouri n’est que de 600 mètres. «La voie de contournement est un autre projet. Le projet de 2e pont validé est une urgence et n’empêche pas d’ailleurs la construction d’un 3e pont avec franchissement à Bonamoussadi », réagi André Fotso, membre du bureau du Gicam et représentant du patronat dans les comités gouvernementaux y relatifs. Au demeurant, c’est le sentiment de pessimisme qui domine.  « Si le projet n’est pas révisé, il sera difficile de résoudre le problème de bouchon », soutiennent quelques opérateurs économiques interrogés sur la question.
 
Les objectifs du second pont sont, entre autres, assurer la continuité des itinéraires avec le réseau national, stimuler le développement économique de la région et faciliter la mise en valeur des richesses, améliorer les transferts des biens et services, favoriser et contrôler les transports et les échanges internationaux, en limitant les bouchons dans Douala, participer à l’aménagement urbain de Douala en favorisant notamment le développement urbain de la rive ouest du fleuve et faciliter l’évacuation des produits agricoles des zones de production vers les centres urbains et vers l’exportation.

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