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LE BLOG DE CYEK

Paul Biya contraint d'atterir à Douala, emprunte l'axe lourd

4 Octobre 2010, 11:11am

Publié par Cyrille Ekwalla via A.M Nzouankeu & D. Nkwebo (Le Jour)

Biya-Chantal-300x176.jpgAprès avoir attendu son escorte pendant plusieurs heures, le chef de l’Etat a finalement rallié Yaoundé à bord d’une voiture banalisée. [Paul Biya et son épouse découvraient ainsi pour la première fois, l'axe lourd DoualaYaoundé] 

 

Le vendredi 1er octobre, Paul Biya, qui assiste à la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Nigéria, doit rentrer au Cameroun le même jour. A Yaoundé, tous les signes d’un passage du chef de l’Etat sont présents sur l’axe Poste centrale-Mvan-Odza, qui mène à l’aéroport international de Nsimalen.

Dès 14h, la police, en tenue de cérémonie, est présente sur l’axe. Des militaires de la Garde présidentielle, reconnaissables à leurs bérets violets,  sont postés dans les domiciles qui se trouvent en bordure de route. Ils demandent par la même occasion aux habitants de fermer les portes et les fenêtres de leurs maisons, aux commerçants de baisser les rideaux de leurs échoppes et à tous les automobilistes d’enlever leurs véhicules de l’axe principal.

A 16h, plusieurs véhicules roulant à vive allure se dirigent vers l’aéroport : l’escorte motorisée du chef de l’Etat, des voitures bondées de militaires pointant leurs armes vers l’extérieur, deux ambulances, des voitures du protocole, la fanfare et même un cortège encadrant une série de voitures immatriculées «P A N».  Le président de l’Assemblée nationale vient de passer. Tout l’après-midi, on attend  en vain le dernier signe qui montre l’imminence du passage du chef de l’Etat. Mais, les routes restent ouvertes. La pluie s’invite à plusieurs reprises, obligeant les policiers à déserter leur poste de surveillance pour s’abriter.

En fait, l’avion transportant le chef de l’Etat n’a pas pu atterrir à Yaoundé vers 19h, « à cause de la pluie et des éclairs. Il est à Douala», apprend-on.  A Douala, «une mission a été dépêchée à Bonanjo, pour prendre des dispositions au niveau du palais présidentiel», confie une source policière au Jour. Mais la mission en question, nous dira-t-on, va dissuader le chef de l’Etat de rester à Douala, «compte tenu de l’état dans lequel se trouve le palais». A 22 h 30 mn, les motards, la voiture du chef de l’Etat et celles de la garde présidentielle qui doivent aller chercher le chef de l’Etat à Douala, n’ont pas encore quitté Yaoundé, où tout le monde est visiblement pris de court. Paul Biya qui se trouve encore à Douala embarque à bord d’une voiture banalisée, appartenant à un haut responsable de la région du Littoral. Il est suivi d’une escorte légère, à en croire les sources du Jour.

Pendant ce temps, à Yaoundé, le dispositif sécuritaire reste en place jusqu’à 23h. Puis, l’escorte motorisée du président repasse en sens inverse : sans la voiture du chef de l’Etat. Quelques minutes plus tard, les militaires de la garde présidentielle sortent des habitations, se regroupent sur la route et un camion passe les récupérer. Que se passe-t-il ? «Le président empruntera une autre route que celle-ci», nous informe-t-on.

C’est autour de minuit que le cortège parti de Yaoundé pour Douala croise le chef de l’Etat sur l’axe lourd. Le Jour a appris que la suite du président a ignoré la délégation venant de Yaoundé  et a directement mis le cap sur le palais de l’Unité, où le chef de l’Etat a brièvement échangé avec ses plus proches collaborateurs à son arrivée. Il était alors minuit passé de quarante minutes environ.

Parti du Cameroun le 4 septembre 2010, pour un «court séjour privé en Europe», selon le communiqué publié par le Cabinet civil de la présidence de la République, Paul Biya s’est ensuite rendu à New York pour prendre part à la 65ème Assemblée générale des Nations unies. Puis il est parti à Genève en Suisse, où trois activistes de la Coordination des organisations démocratiques de la diaspora ont perturbé son séjour privé en manifestant à l’hôtel Intercontinental où il logeait. De Genève, il s’est rendu au Nigéria le 1er octobre, où deux attentats à la voiture piégée ont eu lieu à environ 100 mètres du lieu où il assistait aux  cérémonies marquant le cinquantenaire de l’indépendance du pays de Goodluck Jonathan.

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