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LE BLOG DE CYEK

Notre rythme camerounais !

29 Septembre 2010, 08:10am

Publié par Cyrille Ekwalla via Xavier Messè (Mutations)

Paul Biya a parlé mardi dernier à la tribune des Nations Unies à New York. Il y était invité comme d’autres chefs d’Etat de la planète, à prendre part à une «réunion de haut niveau sur la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement».Cette réunion d’évaluation partielle s’imposait parce que, le mouvement des Odm lancé par l’Onu du 20 au 22 septembre 2000 en présence de 189 chefs d’Etat qui avaient marqué d’emblée leur adhésion, 10 ans après et 5 ans avant l’échéance fixée pour améliorer le quotidien des citoyens de la planète, chaque chef d’Etat ou de gouvernement se devait de présenter à la face du monde, le chemin parcouru en terme de programmation et des réalisations accomplies.
Cet idéaliste programme des Nations Unies condensé en 8 points pour parvenir à l’épanouissement de l’Homme, a tout prévu: de la réduction de l’extrême pauvreté à la mise place d’un partenariat mondial pour le développement, en passant par l’éducation primaire globalisée, l’autonomisation de la femme, la réduction de la mortalité infantile, le combat à mener contre le Vih/Sida et les autres maladies, le tout pour créer un meilleur environnement humain où il ferait bon vivre pour tout le monde.

Dans ce genre de concertation, on attend de chaque responsable un bilan des 10 années écoulées. On attend des réalisations concrètes, de la planification du travail restant à effectuer. Il va de soi que pareil programme ne saurait se PBCBréaliser sans rencontrer quelques écueils qui empêcheraient son accomplissement harmonieux. Des pays, surtout ceux du Tiers monde ont des insuffisances et des carences qu’ils trainent ; ils ont des besoins consécutifs à leur état de sous développement. Les puissances économiques sont conscientes de tout cela ; elles attendent que des efforts même limités soient fournis par les pays, notamment africains, avant d’accepter leurs mains tendues qui demandent l’aide. Barack Obama l’a dit dans son discours à la même tribune : ce n’est pas une bonne chose que de toujours tendre la main pour recevoir; il faut travailler. C’est probablement la raison pour laquelle, lorsque le président Paul Kagamé du Rwanda a été ovationné, puis cité en exemple par Barack Obama. Le chef de l’Etat du rwandais a présenté le chemin parcouru par son pays pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Il a justifié les raisons de ses manquements, en se donnant de nouveaux délais et une programmation pour ce qui reste à effectuer, dans un temps certes encore long.

Qu’a dit à cette même tribune des Nations Paul Biya ? Le propos du chef de l’Etat du Cameroun se voulait particulièrement négatif : «L’échéance de 2015 demeure incertaine. L’Afrique a accompli des progrès remarquables dans la réalisation des Odm , le rythme, voire la qualité des réalisations, n’incitent pas à l’optimisme, mais au mieux à une satisfaction mesurée.» Pour le chef de l’Etat camerounais, seule la concrétisation de l’objectif No8 de ce vaste programme de l’Onu déclencherait les 7 précédents objectifs. Que préconise cet objectif No 8 ? : «Construire un partenariat mondial pour le développement». En d’autres termes, que les Africains tendent indéfiniment les mains à l’Occident pour recevoir l’aide, geste qui révulse le président Obama.

Le président Biya a longuement évoqué dans son discours le «Document de stratégie pour la croissance et l’emploi» (Dsce) qui a été déroulé en novembre dernier devant les députés, soit 9 ans après l’adoption du programme des Odm. Pour lui, c’est une condition, le seul élément qui va finalement déclencher l’exécution au Cameroun la mise en application des recommandations onusiennes pour réduire l’extrême pauvreté !
C’est vrai que dans le processus de démocratisation de nos systèmes politique, Paul Biya l’a souvent répété : chacun doit suivre son rythme. Il a la ferme intention d’appliquer la même logique pour ce qui est du programme des Odm, c'est-à-dire que . On comprend tout.

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