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LE BLOG DE CYEK

Mboua Massock : «2011 doit être le terme du système néocolonial au Cameroun»

12 Novembre 2010, 07:04am

Publié par Cyrille Ekwalla via L.Ndjio (LNE)

mboua-massock2.jpgM. Mboua Massock, croyez-vous encore à l’alternance en 2011 lors que Paul Biya est encore candidat ?
L’alternance en 2011, ce n’est pas seulement ce à quoi nous croyons. Nous croyons aussi à l’alternance et à l’alternative. Il faut insister sur l’alternative parce que tout le monde ne parle que d’alternance depuis. Les gens n’insistent pas sur l’alternative. L’alternative c’est la nouvelle vision du Cameroun et de l’Afrique qu’il faut avoir par rapport à ce qui a existé jusqu’à présent sous la coupe du système néocolonial. C’est pour cela que les tricheurs veulent qu’on parle d’alternance sans insister sur l’alternative. Ils savent très bien qu’on peut changer de chef d’Etat sans aller à l’alternative ; c’est-à-dire qu’on change de gens et puis on continue. Donc nous disons que nous sommes assurés qu’en 2011, il y aura alternance et alternative. Les gens ont l’habitude de demander comment on va faire. Tout est fait pour que les gens réfléchissent en terme de ‘’est-ce qu’on peut ?’’. Et s’ils ont l’habitude de poser cette question, ça veut dire que le système est tellement fort que vous ne pouvez rien. Tout est donc fait pour qu la majorité des Camerounais acceptent comme tel, que rien ne peut être fait. Or le combattant que je suis ne réfléchit pas ainsi, de manière passive. Je réfléchis de manière active et dynamique. La manière active et dynamique est ‘’comment je dois pouvoir faire en sorte que ce que je veux faire soit fait ?’’

Et avec qui cela se fera-t-il ?

Ce sera avec le combattant Mboua Massock qui vous parle. C’est pour cela que je me suis porté candidat à l’élection présidentielle, sur l’insistance, (j’allais dire) sur la volonté de beaucoup de mes concitoyens parce qu’il faut bien qu’au Cameroun, dès le départ du président Biya en 2011, la gouvernance soit tenue par un homme qui peut regarder les Camerounais dans les yeux sans avoir à baisser les siens, parce que ne se reprochant rien. La majorité des gens qui bougent de gauche à droite là ont des choses qu’ils se reprochent et ont peur même de l’alternative. Ils veulent l’alternance sans l’alternative. Donc lorsqu’on parle d’alternative, ça devient un problème pour beaucoup d’entre eux, car ils savent que lorsque l’alternative arrive, le point doit être fait sur ce qui a été fait jusqu’à maintenant pour savoir ce qu’on doit faire. Et je ne crois pas que le Cameroun puisse aller vers de changements capitaux sans avoir à la tête de l’Etat un homme tel que je venais de décrire : un homme qui ne se reproche pas grand-chose,  qui ne se reproche absolument rien, comme c’est mon cas. Une personne qui a une expression patriotique sûre, certaine et qui a été expérimenté dans le temps, qui a rencontré des épreuves qu’il a surmontées. Parce que, au sens de Napoléon, les grands hommes ne le sont que parce qu’ils rencontrent des événements difficiles et savent les négocier. Et nous pensons donc que l’élection de 2011 sera différente de celles que l’on a connues jusqu’ici au Cameroun. A voir les gouvernants actuels agir, je m’aperçois qu’ils pensent qu’ils vont faire comme d’habitude. On a réussi à  mettre Elecam en place, qui est une structure assermentée, mais celle-ci veut reposer son travail sur celui effectué par une autre structure qui n’était pas assermentée. C’est-à-dire qu’alors qu’il faut reprendre la liste électorale à zéro, Elecam veut s’accrocher sur les anciennes listes électorales où on voit 4 à 10 noms qui se ressemblent sur la même liste. Non. Je pense qu’il faut absolument permettre aux camerounais en âge de voter de s’inscrire sur les listes électorales. Actuellement la majorité électorale est fixée à 20 ans et nous sommes en train d’insister pour que celle-ci soit ramenée à 17 ans ; parce qu’il y a aujourd’hui des camerounais qui ont des connaissances suffisantes à cet âge là et qui sont même capables d’expliquer à leur parents les enjeux d’une élection. Et si l’on distrait cette communauté nationale du jeu électoral, l’on aura perdu et c’est l’avenir qui sera ainsi compromis. Je pense qu’il faut que le maximum des camerounais, surtout les jeunes en âge de voter, votent effectivement.

Vous militez donc pour les inscriptions sur les listes électorales ?

Oui, quel que soit le genre. Parce que si le gouvernement organise les élections sur la base du faux, alors il faut que le peuple aille aux élections car en 2011, la raison du plus fort l’emportera et le peuple est toujours plus fort. Si c’est la raison du plus fort qui gagne, alors il ne faudrait pas que le peuple ait peur d’engager les hostilités ou de répondre à celles-ci quand elles seront engagées. 2011 doit être le terme du système néocolonial au Cameroun. Parce que ce système a fait en sorte que les camerounais soient plus proches de la morgue que du lit d’hôpital. Un camerounais qui a sa carte d’identité devrait être assuré d’être pris en charge quand il arrive à l’hôpital et ce, avant même qu’on ne sache s’il est en mesure de payer les soins. Il y a une richesse nationale qui est gérée quelque part, et il est bon que sur des préoccupations comme celles là, qu’il y ait une solidarité nationale qui assure la santé des gens.

A propos d’Elecam, le décret constatant sa mise en place n’a été pris que récemment, après la saisine de la Cour suprême par le Sdf. Quelle lecture en faîtes-vous ?

Ma lecture de cette affaire n’est pas nouvelle. Le président de la république est distrait, ou se distrait. Lorsqu’on a à la tête de l’Etat un homme à nonchalance intellectuelle établie, on ne peut arriver qu’à ce genre de résultat. Lorsqu’on dit que les membres qui ont été nommés à Elecam ne sont pas libres ni indépendants, on leur demande de démissionner. Lorsqu’on dit monsieur le président, vous avez oublié de signer le décret, il le signe. Donc, cette somme de faits négatifs à la tête de l’Etat devrait même nous inciter à débarquer le président de la république avant même les élections. Tant qu’on continuera à être gérés comme cela, que quelqu’un, parce qu’il s’est approprié la tête de l’Etat continue de faire ce genre de conneries, on devrait être capables, en tant que peuple, de dire non, arrêtons la descente aux enfers. La main dans le sac, nous devrions constater que c’est une forfaiture à la tête de l’Etat. On se retrouve avec un homme qui ne sait pas ce qu’il doit faire, quand il faut le faire et qui signe les décrets sans chercher à les appliquer. Malheureusement, nous sommes dans un pays où nous sommes gouvernés par des gens qui n’ont plus le sens de l’honneur et de la dignité. A la tête de l’Etat, on doit défendre l’honneur et la dignité non seulement pour soi-même en tant que chef de l’Etat, mais pour la nation toute entière. Le chef de l’Etat doit projeter aussi bien sur le plan interne qu’externe l’image de la nation. Et si celle-ci repose sur un homme comme celui-là, qui ne sait pas ce qu’il est en train de faire, qui se rattrape chaque fois qu’on le lui dit, c’est bien dommage.

Depuis les «villes mortes», vous êtes en pane de réussite. Vos différentes marches n’ont pas abouti, et vous avez toujours votre brassard. Sur quelle arme comptez-vous ?

Je compte sur la jeunesse et je vous assure que le travail est en train d’être fait sérieusement et ça me plait, car ce travail est fait sans que les gens ne s’en aperçoivent.  Et je disais il n’y a pas longtemps à un de vos confrères, que les gens chercheront longtemps les militants du combattant Mboua Massock, ce sont ses sympathisants qui vont vous encercler et vous prendre en otage. Tout est fait dans ce pays pour qu’on donne l’impression aux gens que ce sont les partis politiques qui vont faire évoluer les choses. Certes ceux-ci peuvent contribuer, mais quand un peuple est debout, les partis, les lois, les institutions sont mis au sol, parce que le peuple qui se lève et reconditionne une autre manière de voir les choses. Les révolutions ne sont jamais l’application des lois. Les révolutions ne sont jamais la considération des mouvements politiques. C’est la considération d’un peuple agissant sur le fait qu’il a été suffisamment opprimé et qui estime qu’il ne doit plus subir sous le fait des autres. Et qu’il doit subir sur son incapacité à ne pas s’autogérer. Pas que les gens lui imposent une manière de faire les choses, qui lui imposent qui ne tiennent pas avec son devenir. Donc en 2011, le combattant Mboua Massock ne sera que l’instrument d’une jeunesse déterminée à faire évoluer les choses. Donc ce n’est pas moi, c’est la jeunesse qui va utiliser le combattant comme moyen de son action. Et le combattant Mboua Massock s’apprête à ce jeu. C’est pour cela que vous allez voir que tout le travail que je fais a une coloration futuriste. C’est pour demain, c’est pour le Cameroun, c’est pour l’Afrique, c’est pour le monde noir, c’est pour l’humanité. Et sur cette base, la gouvernance que nous voulons mettre en place après la mise hors d’état de nuire du système, on va reconsidérer le terme à donner à cette personnalité qui va revenir simplement à un administrateur des biens de l’Etat. L’Etat étant un bien commun à nous tous. Et il devient donc un administrateur de biens. Apparemment, le terme Chef de l’Etat rend les gens fous. Quand on dit chef de l’Etat, il a l’impression qu’il est le propriétaire de notre pays et de nos richesses, et qu’il peut en donner à qui il veut. Non. Ce pays nous appartient à nous tous. Certains ne sont pas venus accompagner les autres ici. Le Cameroun est le berceau de nos ancêtres. Le jardin que nos aïeux ont cultivé, la tombe où dorment nos pères. C’est très important, la tombe chez les Bantous, chez tous les peuples de notre condition. La jeunesse agissante, puisque c’est comme ça qu’elle s’est nommée, va bientôt se faire voir. Cette jeunesse va se présenter d’ici peu de temps pour dire aux gens pourquoi elle estime que le combattant Mboua Massock est la personne la mieux indiquée, au plan politique, au plan spirituel, au plan physique, par rapport à ceux qui sont là.

Pourtant, le Rdpc est convaincu qu’il gardera le pouvoir. Voyez-vous l’avenir «dans le sang», comme Fru Ndi ?

Si le président Biya était un homme d’honneur et qu’il donnait de l’honneur à sa dignité, il ne se présenterait même plus, parce qu’il est au terme de son mandat, législativement parlant. Quand tu as déjà juré, prêté serment de faire respecter la constitution, il faut la respecter. Lorsqu’il mettait le mandat présidentiel à sept ans, il avait déjà fait plus de quatorze ans. Dès cet instant, s’il avait été honnête envers lui-même, il ne se présenterait même pas au premier septennat, parce qu’il avait déjà fait plus de quatorze ans. Il fait un premier septennat, puis un deuxième et veut engager un troisième par un bricolage constitutionnel. Même le fait qu’il se présente à l’élection présidentielle demain est un fait très grave. Nous ne pouvons pas continuer à maintenir à la tête de l’Etat avec le peuple des jeunes donc je crois être le porte-parole aujourd’hui, un homme qui ne respecte ni sa propre personne, ni le peuple camerounais. Parce qu’il ne faut pas oublier que la constitution qui a été promulguée en 1996, sort d’un débat fort, un débat sérieux au pays. Et au terme de ce débat, un consensus presque populaire est trouvé pour placer le mandat présidentiel à sept ans, renouvelable une seule fois. Et on avait invité les gens à participer à la rédaction de cette constitution, par voie de mail, de fax,… puisqu’au moment où on écrivait cette constitution, l’Assemblée avait paru incompétente. Maintenant, pour la réviser, il fallait reconsulter ce peuple. Que le parti au pouvoir, ou mieux le président de la République, parce que quand on dit parti au pouvoir, il s’agit d’un individu, s’entête à être candidat en 2011, est une mauvaise lecture de sa part, de l’environnement politique actuel. Les statistiques peuvent apporter la preuve de ce que M. Biya ne peut plus faire 500 mille personnes qui votent pour lui. Il peut en avoir parce qu’ils sont attachés à leur gouvernance à eux. Il y a un million de personnes qui peuvent voter pour lui parce qu’ils ne connaissent pas les enjeux, mais pas plus. D’après ses propres chiffres, il gouverne aujourd’hui sur la base d’un électorat de deux millions six cent mille personnes qui ont voté pour lui. Et si on sait qu’il y avait la logique des multiples votes, ils n’atteignent pas un million. Certains avaient jusqu’à cinq cartes, et ils votaient avec toutes ces cartes. Donc dans cette logique, ils n’ont pas assez de gens pour pouvoir faire remplir les urnes jusqu’à ce que le président de la République soit considéré comme voté de manière légitime pour exercer le pouvoir. Elecam qu’ils ont mis en place a fini par nous rejoindre dans notre position, qu’il y a au Cameroun, au moins un potentiel électoral de neuf millions, et nous disons depuis plus de cinq ans qu’il y en a plus de dix millions. Vous vous imaginez que si on inscrit au moins dix millions de personnes sur les listes électorales, pas de manière doublée ou triplée comme ils ont l’habitude de faire pour forcer la main. Vous croyez que si ceux qui votent pour le président de la République se sont toujours inscrits, et qu’ils n’ont jamais fait une liste électorale de quatre millions de personnes, avec les doubles inscriptions, combien sont-ils, pour ne pas pouvoir faire six millions ? Nous pouvons donc limiter les gens qui peuvent voter pour le président, il doit avoir entre un million et un million deux cents électeurs, pour être moins rigides envers lui. Et si nous nous en tenons à ces chiffres, et qu’on inscrit véritablement neuf ou dix millions de Camerounais, il reste sept millions cinq cent mille personnes, comment va-t-il proclamer qu’il a gagné ?

Y voyez-vous alors un éventuel affrontement ?

Effectivement. Là alors, il est possible que la logique qui voudrait que chacun défende son vote oppose deux groupes de personnes : un groupe de sept million cinq cent mille personnes et un autre groupe de deux millions 500 milles personnes. Et malgré le fait qu’on compte sur le Bir (bataillon d’intervention rapide) qui est aujourd’hui entre les mains extérieures, pour ne pas dire entre les mains des Israéliens, nous l’emporteront. Si le président compte sur le Bir, comme il est en train d’en engager, je crois 1200, parce qu’il veut tirer sur les Camerounais, que les jeunes qui sont engagés dans le Bir sachent que s’ils sont seulement devenus des gens sur qui on peut compter pour tirer sur les autres, l’Etat ou celui qui les engage les a freinés parce qu’il les a empêchés de fréquenter. Il y a parmi eux des gens qui gens brillant qui auraient pu pour devenir des généraux dans l’armée camerounaise, avec un niveau suffisant, mais les gens qui veulent les utiliser contre leur peuple les ont laissés en bordure de la route et maintenant, on les recrute parce qu’on veut se protéger pour rester au pouvoir. Ils sont encore jeunes. Je leur interdis de faire le copinage avec des gens qui sont partant ; parce qu’on va les laisser dans le peuple camerounais avec les mains entachées de sang, et les autres seront déjà morts. Parce que si tout marche bien, le président Biya n’a plus pour longtemps. C’est vrai qu’il défie le temps, parce qu’il se dit qu’il fera partie des rares personnes qui auront vécu 150 ans sur terre, mais si tout marche bien, quel que soit le défi qu’il fera au temps, il est sûr qu’il n’a plus assez de temps. Que ces jeunes sachent qu’ils engagent de faire le concubinage avec des gens qui vont les laisser avec le sang de leurs concitoyens. Parce que même dans le Bir, il y a des combattants.

50 ans après les indépendances, on a deux constitutions, deux hymnes, plusieurs rapports peu élogieux sur le pays,… Sur quel aspect entameriez-vous la reconstruction ?

Il faut d’abord nous approprier la nation. Vous ne pouvez pas reconstruire une nation qui n’est pas à vous. Depuis 50 ans, le peuple camerounais et le Cameroun entier sont encore entre les mains de la France, sur la base de ce qu’ils appellent Accords de coopération. La France a triché en 1959 en faisant signer au feu Ahidjo ce qu’ils appellent les Accords de coopération qui devaient régir la présence française au Cameroun après les indépendances. Mais en 1959, même au plan juridique, le Cameroun n’était pas encore majeur, puisque nous étions sous la tutelle de l’Onu, avec la France comme partie administrante. Donc nous ne pouvions pas engager des Accords. Or la France a fait signer à Ahidjo des Accords qu’on a seulement continué à amender après les indépendances, pour récupérer notre indépendance avant même que nous l’ayons. Ce qui a permis à la France d’être dans l’antichambre du président Ahidjo. Et jusqu’à présent, nous voyons que c’est encore valide parce que, un des pans forts de notre armée est entre les mains des étrangers. Je crois que le fait que 50 ans après, on soit encore en train de bricoler, est dû au fait que le système néocolonial a voulu qu’on le soit, afin que nous ne puissions pas nous posséder. Et le travail que le combattant Mboua Massock entend faire avec son peuple dès la prise du pouvoir en 2011, c’est justement remettre en cause cela. C’est ce que j’appelle la récupération des mains de la France prédatrice des clés de la gestion du Cameroun, des clés de la gestion de l’indépendance du Cameroun. Cette clé entre autres, c’est que nous puissions choisir la monnaie qui nous intéresse. Je prends un exemple : nous sommes à côté du Nigeria qui utilise le Naira. Sur le plan local seulement, le nombre de personnes qui l’utilisent est supérieur à celui des utilisateurs du Franc Cfa en Afrique centrale. Nous gagnons à nous rapprocher d’un système monétaire qui a un marché plus vaste, qu’à restreindre le système sur un marché qui n’atteint pas 30 millions d’utilisateurs. Si nous avions les clés de l’indépendance du Cameroun, comme moi je pense qu’il faut qu’on fasse tout pour l’avoir en 2011, comme les autres peuples Africains qui doivent les avoir. Et la Côte d’ivoire est en train de nous montrer l’exemple. On pourra nous approprier notre destin, pour l’assumer par nous-mêmes.

Les Um Nyobe ont fait un combat qui a abouti à faire échec au projet français qui était de faire du Cameroun un département français d’outre-mer. On aurait ici un préfet. Leur œuvre a pu faire du Cameroun un pays indépendant et unifié. C’étaient les deux choses principales. L’amélioration du niveau de vie étant un projet permanent. Donc les deux buts principaux ont été atteints et l’Upc est devenue incapable de gérer le deuxième aspect qui est la prise des clés. Notre époque doit se battre pour les récupérer. C’est le défi de notre époque, comme l’a été celui des Douala Manga Bell pour empêcher que l’apartheid soit expérimenté au Cameroun. Parce que tel que c’était parti à Bonanjo, l’apartheid devait être expérimenté au Cameroun avant d’aller en Afrique du sud. Nous devons assumer les problèmes de notre époque. Et pour les assumer, il faut d’abord les identifier. Et je fais donc identifier ici clairement que le véritable problème c’est la récupération des mains de la France des clés de la gestion de notre pays. Et sur cette base, l’élection présidentielle de 2011 ouvre clairement la porte à cela. On aura absolument deux camps qui vont s’affronter : le camp de ceux qui veulent continuer à pérenniser la logique française d’avant soixante, et le camp de ceux qui veulent que le Cameroun s’approprie son destin. Il faut que les gens comprennent bien cela parce que c’est un combat qui va être mené. Si quelqu’un se revendique aujourd’hui d’être du parti au pouvoir, ça veut dire qu’il se revendique les misères du Cameroun qui ont été imposées par le système néocolonial, la continuité de la mainmise du système néocolonial. Nous sommes des nationalistes et nous pensons que le moment est arrivé. Cinquante ans après, ça suffit pour le camp des gens qui veulent continuer à servir la France comme des vautours. Le troisième couplet de l’hymne national dit que «nous banniront pour te rendre prospère, de ton sol l’exploitateur et ses vautours… » En 2011, ce sera l’application de ce couplet qui est le troisième dans l’hymne national original du Cameroun et qu’on a refusé d’enseigner aux gens. C troisième couplet qui vient normalement à la prise du pouvoir du troisième président de la République que je vais être, que je suis demain, concorde avec le départ qui est «de l’est à l’ouest soient tout amour». Et on a veillé à ce que le Cameroun soit unifié. Le deuxième couplet est «u est la tombe où dorment ns pères, un beau jour nous serons enfin arrivés » : ils ont pris la décision de rendre le Cameroun prospère. Ce vœu est resté dans cette période-ci. Mais la condition c’est de bannir de ton sol l’exploitateur et ses vautours. Et on est donc à ce niveau-ci, dans l’explication de l’hymne national qui était extraordinaire. Donc je peux vous assurer que la jeunesse dans laquelle je voudrais vous compter va être différente de celle qui est souvent là, parce que toutes ses portes sont fermées. Il n’est pas normal que vivant, vous acceptiez que vos parents vous ferment les portes, parce qu’ils sont vos parents tout simplement. Non ; vous devez vous assumer et dire que les portes-là, nous devons les casser. Si la France ne nous restitue pas les clés de la gestion de notre pays, nous devons tout faire pour nous en fabriquer de nouvelles.

Le 1er octobre vient de passer, avec toujours des revendications des compatriotes de la zone anglophone. A votre avis, y a-t-il vraiment un problème anglophone tel que posé par le Scnc ?

Tel qu’ils l’ont posé, il n’existe pas, mais tel qu’il existe, il existe. Comment ? C’est que les Francophones, pas nous qui parlons français, mais la France, a voulu francophoniser l’ensemble du Cameroun. C’est pour ça que vous voyez que 50 ans après la réunification, on est encore un pays qui a deux langues, mais qui n’est pas bilingue. Le bilinguisme peut être obtenu en six années d’école : on commence à l’apprendre dès la première année de l’école primaire et à la fin du cycle, tout le monde est bilingue. Pourquoi ça n’a pas été fait jusqu’à maintenant ? Parce que la volonté de marginaliser la zone anglophone, parce que simplement elle n’est pas aussi peuplée que la zone francophone, a été la politique permanente. Et pourquoi on peut nous empêcher d’être dans une communauté qui est le plus vaste possible qui est la communauté anglophone, qui nous donne accès à plusieurs types de compréhension de l’histoire et de la science, pour nous enfermer dans une petite langue qui ne nous ouvre pas les portes parce que nous avons été colonisés ? Un peuple libre fait des choix ! Je vous assure que je n’hésiterais pas à privilégier au Cameroun, même en tenant compte du français, la formation par l’Anglais, la formation par le Chinois, la formation par l’Arabe. Il faut que notre peuple soit cultivé à affronter les défis du futur ; et cela passe par la possibilité de faire partie de grands ensembles. Nous avons été pervertis par la logique qui voulait qu’on nous dise que tout ce qui n’est pas français n’est pas bon. On voit aujourd’hui que ce n’est pas vrai. Donc je crois que le problème anglophone en tant que zone anglaise et zone française luttant entre elles, il n’y en a pas. Mais le problème anglophone en tant que marginalisation d’une zone et d’une culture parce que ne voulant pas laisser qu’elle ait une influence sur la culture qu’on nous a forcée d’adopter ici et qui est la culture française, il y a un problème. Et ce problème peut être résolu en six ans d’étude. E il ne faut pas qu’on oppose les Camerounais au sujet de la langue.

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Loth 14/11/2010 21:50


Autant je uis d'accord avec votre volonté politique d'inciter les camerounais à s'incrire sur les listes électorales, autant je récuse votre vision sur la démocratie au cameroun, le sang ne coulera
pas au cameroun, la maturité primera sur les incitations à l'affrontement entre frères.