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LE BLOG DE CYEK

Louis Tobie Mbida : "Je sollicite le Citoyen Camerounais et dénonce le Journalisme Camerounais."

31 Octobre 2010, 11:38am

Publié par Cyrille Ekwalla via L.T. Mbida

LTMbidaUne analyse-contribution du Président du Parti des Démocrates Camerounais (PDC), Louis Tobie Mbida !

Lorsque après la chute du mur de Berlin et le démantèlement du bloc soviétique, les africains  apprennent « miraculeusement» ,  que  la démocratie est la condition « sine qua non »  préalable à tout développement économique, cette nouvelle approche  dans les  relations internationales leur sera imposée de l’extérieur comme  fut exigée d’eux, dans les années soixante,  l’instauration des  partis uniques , la création des sociétés d’état , le dirigisme économique et les plans quinquennaux. Seuls ces outils politiques  et économiques, selon la communauté internationale,  pouvaient  en 1960 assurer l’unité des pays africains, installer l’autorité de l’Etat et promouvoir le développement de l’Afrique.

C’est de la même manière que les plans d’ajustement structurel seront imposés aux camerounais dès 1987 avec pour exigences la réduction drastique de la part sociale du budget de l’Etat. En d’autres termes les budgets concernant l’éducation et la santé, les budgets portant sur les aides sociales aux plus démunis seront éliminés ou fortement réduits. Il sera exigé de l’Etat de licencier des fonctionnaires, de fermer des sociétés d’Etat en congédiant de nombreux salariés. En 1993 la dévaluation du FCFA sera unilatéralement décidée. Tous ces facteurs conjugués vont provoquer l’effondrement du pouvoir d’achat des camerounais, la consommation va chuter. La croissance attendue par ces mesures  imposées par les  institutions de Bretton Woods ne profitera pas aux camerounais .
 
Au Parti des démocrates camerounais nous sommes convaincus que la véritable croissance est celle qui profite de façon durable au plus grand nombre dans la nation, on parle alors de progrès. Il n’y a  pas eu de véritable progrès au Cameroun depuis des décennies. Les africains avaient commencé leur initiation à la démocratie bien avant les années soixante, ils en furent ensuite sevrés jusqu’en 1990.Trois décennies après les indépendances,  il leur est demandé par ceux là mêmes qui avaient interdit l’exercice de la démocratie en Afrique, un retour à marche forcée vers cette même démocratie considérée en 1960 comme dangereuse et source d’atteinte à la sécurité intérieure des jeunes états africains.

Le volet social en termes d’écoles, d’hôpitaux, de résorption du chômage et de la pauvreté, d’amélioration des conditions de vie paysanne n’a pas été pris en considération par les plans quinquennaux et les plans d’ajustement structurels. La réalisation par l’Etat de grands chantiers dont les retombées économiques auraient pu bénéficier au plus grand nombre n’a pas eu lieu au Cameroun. 
En d’autres termes les décisions politiques et économiques majeures engageant en profondeur la nation camerounaise n’ont pas été prises en conformité avec les attentes légitimes des citoyens par ces décideurs extérieurs à notre pays.
Le résultat de cet immense gâchis est un peuple dépolitisé ayant perdu le sens de la vie politique associative, un peuple qui confond ethnie, tribu, clientélisme, trafic d’influence, intérêt individuel, avantage personnel et engagement politique honnête et sincère. Le résultat est  un peuple qui n’accepte pas que le but ultime de la politique est de réaliser une société en équilibre, où la paix, la justice, la liberté, le bien-être de tous, sans distinction de tribus , d’ethnies , de races , de confessions , de religions , de sexes  restent les seuls objectifs valables.

Les rudiments de la démocratie doivent être de nouveau enseignés au Cameroun. C'est-à-dire qu’il nous faut accepter de vivre ensemble dans une parfaite  cohésion nationale car l’unité nationale par le nivellement et ou l’effacement des ethnies et des tribus est certes une idée digne d’intérêt mais difficilement réalisable à court ou à moyen terme. L’intégration nationale prônée depuis 1982 est restée lettre morte car n’obéissant pas au moteur sociologique fondamental qui  fait fonctionner le Cameroun. Les douala , les bassa , les foulbé , les  bamiléke, les mundang , les kirdis , les arabes choas, les bafia , les betis,  les yambassa , les banens, les mbos , les maka , les boulous , les ewondos , les etons , les bakoko, les bamoun, les babouté, les yebekolo, les yezoum,  les ngumba , les babimbi, les bakweri, les bamenda, les bafut,  bref chaque tribu ou ethnie camerounaise sera toujours fière d’être ce qu’elle est et cela est bien ainsi .

Vouloir niveler les tribus et les ethnies par le bas est peine perdue. Ce que nous au Parti des démocrates Camerounais proposons aux camerounais c’est une pratique de  la cohésion nationale au-delà des notions d’unité nationale et d’intégration nationale des présidents Ahidjo et Biya. Accepter des  opinions politiques diverses ainsi que  la culture du désaccord dans un cadre normatif et légal, comprendre qu’un affrontement idéologique n’est pas  physique et ne  vise pas à l’extermination matérielle et charnelle de l’autre.

C’est en nous réappropriant la démocratie par son apprentissage dans chaque foyer camerounais que nous parviendrons à être maîtres du devenir notre nation.
Le citoyen même dans les « vielles démocraties » ne peut s’exprimer qu’à cadences régulières grâce à  son bulletin de vote. Il élit ainsi  les conseillers municipaux, les députés qui votent les lois, la majorité dont est issue le gouvernement, le président de la république garant des institutions qui oriente et impulse la politique nationale en conformité avec les aspirations du peuple qui le choisit sur la base d’un projet de société présenté et accepté par la majorité dans la nation.  

Le citoyen peut prendre en main son propre destin, influencer la vie de la collectivité nationale  et décider de ce qu’il advient de son pays à intervalles réguliers grâce au vote. Mais nous, Camerounais,  semblons avoir subi depuis 50 ans un émiettement de la conscience collective qui s’est achevé par l’effacement de la conscience individuelle, nous rendant indifférents au processus politique aboutissant au libre choix de nos représentants. La démocratie devient ainsi inopérante puisque les citoyens sont indifférents et désintéressés par la chose publique et la politique dans la nation à la suite d’abus organisés par le pouvoir central.

L’élection présidentielle de 1992 s’est imposée aux camerounais qui y sont allés sans préparation véritable, dans une précipitation indescriptible qui exprimait « l’impatience d’en découdre » pour les uns, « la peur de l’avenir et de l’incertitude » pour plusieurs autres. Ceux qui veulent écrire l’histoire de cette période peuvent toujours s’y mettre, la majeure partie des protagonistes politiques des années  1990 à 1992 est encore en vie. Les interroger est aisé.
Il y aura eu depuis lors,  les élections présidentielles de 1997. Assommée par les déboires politiques de 1992, une frange de l’opposition camerounaise va conclure que seule la désignation d’un  candidat unique de l’opposition permettrait une alternance politique au Cameroun. La démarche fut un échec.
En 2004 la déroute fut remarquable  car les camerounais fatigués par des luttes politiques  sans résultats positifs, assaillis par des problème personnels, dégoûtés  par la politique et les politiciens, démobilisés ,  tourneront le dos au scrutin de 2004.

Depuis 1992 le parti au pouvoir est resté brillant par le trucage et la fraude électorale tandis que  les partis d’opposition exsangues, confinés sur des terrains vagues de la politique camerounaise vont perdre leur langue jusqu’en 2009. Des voix désespérées n’ayant aucun sens de l’Etat, en provenance d’un regroupement de hétéroclite de camerounais basé à Washington appellent aujourd’hui à la révolution armée,  ne comprenant pas que le but inavoué de certains tenants du pouvoir est de pousser des camerounais à la faute.
Au Parti des démocrates camerounais nous ne cèderont pas à la provocation et à la manipulation et demandons aux uns et autres de ne pas commettre l’irréparable. Aucune vie humaine ne vaut l’accession ou le maintien au palais d’Etoudi. Le but de toute démarche politique sincère et honnête dans notre pays est d’améliorer la vie de tous les camerounais.

Ceux qui accèdent au pouvoir par la violence ne peuvent s’y maintenir que par la violence et seront chassés par la violence. Ce cycle est immuable et implacable.
Les régimes autoritaires se nourrissent de la peur et de l’insécurité qu’ils génèrent. Ils entretiennent cette peur pour justifier l’abus d’autorité qu’ils pratiquent. L’autorité injuste, arbitraire et abusive  pousse ses victimes à la violence. Les tenants du pouvoir profitent des affrontements superficiels et exacerbent les conflits socio- culturels prenant leurs origines dans la classe sociale, le corporatisme, l’ascendance,  la tribu et l’ethnie pour opposer les camerounais les uns aux autres. Ce piège, pourtant peu subtil,  a fonctionné à toutes les époques au Cameroun. Cette manœuvre est  grossière mais de nombreux camerounais ayant rangs et noms s’y engluent toujours et semblent s’y complaire. Plusieurs en ont fait leur fond de commerce politique.

Au Parti des Démocrates Camerounais nous sommes convaincus qu’une implantation véritable de l’opposition épousant la carte administrative du Cameroun et permettant une structuration réelle des partis politiques est nécessaire et essentielle. Nous sommes convaincus que la formation des militants et sympathisants des partis politiques, au-delà de la passion et  des émotions élémentaires permettra de venir à bout des tenants du pouvoir actuel et des pesanteurs socio- politiques qu’ils ont implantées dans la nation.
Une redéfinition des taches et une distribution claire et précise des rôles au sein de l’opposition est nécessaire et essentielle à cet effet. Les déclarations intempestives, les provocations inutiles, la diversion excessive et autres postures caricaturales, les unes plus belliqueuses que les autres ne serviront à rien. Nous sommes de nouveau dans la surenchère des années 1990 où le meilleur opposant était celui qui insultait le plus, invectivait le plus et se montrait le plus irrévérencieux, le plus insolent.
L’époque du « Ruuh-Djé ! Djééé ! » est terminée.

Essentielles restent l’analyse structurée et cohérente, l’avis des experts dans les partis politiques, les débats d’idées, la présentation des projets de société car il en existe, malgré l’attitude négative et péjorative de nombreux médias qui affirment le contraire ou refusent d’en parler car un projet de société, sec et abstrait n’est pas « vendable » comme le serait un  article sur un  fait divers ou une sensation de bas étage. 

Les partis politiques camerounais doivent générer  leur propre rythme et installer leur propre style de campagne et de sensibilisation politiques, ils ne doivent plus servir de faire valoir au pouvoir et apporter leur caution au saupoudrage démocratique pratiqué depuis 1990. Les partis politiques camerounais ont adopté sans s’en rendre compte les attitudes et autres gestes installés par le parti unique dans les années soixante. La maison du parti, la réception du représentant du parti par la petite fille en robe blanche portant une gerbe de fleurs, l’installation des notables et des représentants de l’administration à la tribune pendant que les populations attendent au soleil, le discours de l’élite de la zone, la lecture des  doléances des populations par l’instituteur du coin et les audiences accordées aux notables et représentants des associations,le folklore,les agapes publiques au vin, au riz, au bœuf, à la bière et au tam-tam.

Le but de ces déplacements et de ces rencontres n’est pas de former les camerounais à la démocratie et  à la politique citoyenne mais de faire passer des images allégoriques à la télévision pour se targuer d’être célèbre en prouvant qu’on draine des foules. Mais  les spécialistes de l’image finissent par reconnaître les mêmes militants sous des tenues de partis différents de meetings en meetings. Cela me rappelle un vieil oncle à moi qui était sans cesse  en déplacement à travers la campagne. Il avait longtemps vécu à Douala et s’exprimait plus en « pidgin » que dans la langue du village, alors, lorsqu’on lui posait la question « où vas-tu ? ».  Il répondait invariablement «  I di go for chop day », c'est-à-dire je vais assister à des funérailles. En d’autres termes il passait son temps à parcourir  les villages de la région, de funérailles en funérailles,  car funérailles dans nos villages est synonyme de fêtes, de réjouissances, d’agapes, de repas et de beuveries. C’est la « rave-party » à la camerounaise, on  y fait des rencontres insolites, des mariages s’y font et s’y défont, le temps d’un « chop-day ». C’est ce que sont devenus certains meeting politiques, à l’image de ce qui fut instauré par le parti unique qui trouvait ses sources de financement dans les caisses de l’Etat et avait remplacé la qualité du discours, la formation citoyenne, la persuasion, la conviction par l’achat des consciences et le clientélisme à outrance.
Les partis politiques doivent repenser l’organisation des rencontres sur le terrain avec les camerounais, ces rencontres doivent devenir des moments d’échanges , d’explications , de recueil de données politiques , culturelles , historiques, économiques et sociales , d’information , de communication et de formation citoyenne.

Nous, camerounais,  connaissons les enjeux véritables de l’élection de 2011. Nous savons tous pourquoi une alternative politique s’impose à notre pays dans la paix et le respect des règles républicaines. L’affrontement systématique, l’exclusion de l’autre pour des causes réelles ou supposées, le persiflage, l’ironie, la haine, les rancoeurs qui prennent leurs sources dans l’inconscient collectif, l’irrationnel et le repli identitaire socio-culturel,  le désengagement politique et la recherche du bien – être personnel isolé ne sont pas des solutions . Ces attitudes font plutôt le jeu du pouvoir et du statu quo ante. Seuls 5 % des camerounais ont plus de 60 ans,  ce sont peut être ceux là - et encore -  qui peuvent se prétendre définitivement désabusés par la politique. Au Cameroun certains  hommes et  femmes de plus de 60 ans  déclarent ne plus rien attendre de la vie : ils se trompent et entraînent dans l’erreur des plus jeunes et des femmes qui représentent pourtant plus de 60 % de la population du Cameroun. 

Les camerounais ont le devoir de mettre un terme à la fatalité et au déterminisme qui semblent avoir caractérisés tous les africains depuis des générations. Nous sommes les seuls peuples au monde à avoir subi l’esclavage et la colonisation et nous semblons nous résigner aujourd’hui à accepter et à croire à tort ou à raison que nos chefs d’Etats nous sont suggérés voire imposés par la seule communauté internationale.

Dans le cas du Cameroun, pour 2011 , moi Louis Tobie MBIDA , je l’affirme et je sais de quoi je parle : le président Paul BIYA n’est pas le candidat de la communauté internationale . Il n’est le candidat de personne parmi les chefs d’Etats et les groupes de pression du monde libre ,  ni à Paris , ni à Londres , ni à Bruxelles , ni à Montréal , ni à Washington , ni à Berlin , ni à Madrid , ni à Rome , ni à Pékin , ni à Moscou , ni à Tokyo, ni Lisbonne .
Il ne nous est suggéré par personne. La communauté internationale, je la parcours sans relâche et je déclare ici sans l’ombre d’aucun doute que le Président Paul Biya n’est le candidat de personne dans le monde, exception faite des groupes folkloriques de notre ami et frère René Sadi. Si les hommes au pouvoir peuvent prouver le contraire de ce que je dis, alors qu’ils nous démontrent l’inverse. Prétendre à un soutien international pour une réélection du candidat du pouvoir est un immense bluff organisé et entretenu par les hommes en place. Ils en ont besoin en ce moment car ils voient s’approcher avec inquiétude, anxiété et angoisse l’année 2011 qui sonnera le glas de leurs 28 ans d’inertie.

L’accession gratuite à la carte d’identité nationale pour tous les jeunes de 20 ans, une refonte des listes électorales, des inscriptions massives sur les listes électorales, le rapprochement et le filtrage centralisé et informatisé des listes électorales afin d’extirper les doublons d’inscriptions , un balisage effectif du terrain politique et un quadrillage sans failles des bureaux de votes à l’échelon national, la mutualisation des moyens matériels pour battre campagne, une formation rigoureuse des scrutateurs , l’élaboration et la mise en place des conditions rigoureuses du déroulement du scrutin dans ses moindres détails , l’acquisition d’un téléphone portable pour chaque scrutateur pour une transmission en temps réel des résultats du scrutin bureau de vote par bureau de vote s’imposent .

Ceux  parmi nos militants qui ne disposent pas de moyens financiers pour payer en espèces peuvent contribuer en nature pour aider les partis à se constituer un trésor de campagne politique. Dans les régions où se cultive la banane plantain : un régime de plantain par militant vendu sur les marchés locaux est un apport indéniable. Un sac de macabo, d’arachide ou d’igname, un bidon d’huile de palme, un sac de cacao, le mois de décembre est proche, ou un sac de café offert au parti politique de son choix se vendent et peuvent apporter de l’argent aux partis, permettant de financer la campagne politique. 
Le peuple camerounais ne doit pas laisser à ceux qui veulent briguer la magistrature suprême au Cameroun comme seule issue ou alternative le détournement des fonds publics, la prévarication et la corruption pour se constituer un trésor de campagne électorale.

Au Parti des démocrates Camerounais, nous nous adressons au peuple, afin qu’il participe à l’effort de campagne politique et nous aide à installer le Cameroun différent, réconcilié et apaisé que nous appelons tous, de tous nos vœux. 
Si c’est celui qui paye qui décide, alors il est temps que nous, simples citoyens, payions pour nous libérer d’un régime politique en situation d’échec. 
Un vote massif pour un candidat ne peut être détourné s’il est contrôlé par la masse des camerounais. Ceux qui de l’extérieur du Cameroun,  selon certaines observations passées ou récentes s’imposent dans les décisions fondamentales de notre pays, ne pourrons pas modifier les résultats des urnes si le vote est massif et contrôlé par les camerounais jusqu’aux échelons les plus élémentaires.
Nous sommes plusieurs millions de citoyens, si les inscriptions sont réalisées de manière correcte et massive, nul ni personne ne détournera le vote des camerounais cette fois-ci. Nous avons presque une année pour nous y préparer. Une année est suffisante. Les combats trop longs épuisent les combattants et vident les trésors de guerre. C’est une opération politique coup de poing que nous, au Parti des Démocrates Camerounais, attendons de tous les camerounais qui aspirent à voir s’installer un Cameroun différent de celui de ces dernières années.

Cette procédure politique que nous préconisons au Parti de Démocrates Camerounais  ne se réalisera que si les Camerounais acceptent de nouveau de militer avec âmes et consciences, en toute honnêteté et sincérité pour un Cameroun différent mais plus juste, apaisé, réconcilié, plus généreux, plus solidaire, plus fraternel et plus prospère.
Ce discours n’est pas de l’angélisme mais du pragmatisme et du réalisme politiques.


Pour relayer notre discours nous avons  besoin des journalistes.
Malheureusement, nous constatons au Cameroun, qu’après chaque remaniement ministériel,  après les nominations de nouveaux directeurs généraux de sociétés d’Etats et sitôt qu’émerge un nouveau riche, de nouveaux journaux sont créés.
Il existe au Cameroun comme dans tous les pays des médias dominants. Les médias dominants du Cameroun de 2010 sont parmi les radio :   RTS de Messina , Magic FM de Roger Kieyek, Sky One , Radio Anaba et la CRTV radio ; parmi les télévisions dominantes je citerai Canal 2 et Guy Zogo, News TV et Kuffeu,  Equinoxe TV et Zinga  , STV et la CRTV télé de Charles Ndongo ;  dans la presse écrite je relèverai le journal « Le Jour » d’Haman Mana  et Innocent Ngoumgang, « Mutations » avec Alain Batongue et Cyriaque Ebole Bola  , la « Nouvelle Expression » de Séverin Tchounkeu et C . Mvondo , le « Messager » du regretté Pius Njawé, « Dikalo » de JP Bitongo , « Météo » de Mveng et Djuissi  , le « Combattant » d’Amakembe Ekouli , «  Germinal » de JB Talla , « Nouvelle Afrique » de Biloa , « Cameroon Tribune » de Ndzinga ; « The post » , le « Journal Horizon », « l’Epervier » ;  parmi les journaux en ligne : « Camer.be » de Herman Gnowa , Hugues Seumo, et J. P Bouniek, « Cameroon info.net » , « Bonabéri.com » , « yaoundeinfonet » d’Ericien Nguiamba, « camnews », « icicemac » de Mba Talla , « Camerounexpress » de Richard Lekoa » , le blog de Cyrille Ekwalla « Chroniques Tropicales» et « Kaï Walaï ».
Il existe sur la scène internationale une brillante et époustouflante palette de journalistes camerounais  qui pourrait aussi contribuer à aider à l’organisation d’une saine compétition politique au Cameroun en 2011. Je pense à Louis Kemayou ( Paris Télésud) , Willy Niba ( Paris RFI ) , Christian Eboulé ( Paris TV5) , Nicolas Abena ( Paris , Quai d’Orsay et Elysée ) , Marie Roger Biloa ( Paris Africa International) , Georges Douguilé ( Paris Jeune Afrique) , Fandjio ( Paris , ancien TF1 et autres ) , Nkolo Victor ( ONU , USA) et j’en passe. La voix des camerounais dans leur quête d’un Cameroun plus juste, plus généreux, réconcilié et apaisé pourrait être plus audible si tous nous acceptions de mettre en place un plan media audacieux porté par tous ces brillants professionnels bien introduits. 

La mise en cause directe du journalisme camerounais par des hommes politiques est exceptionnelle, elle est même considérée par plusieurs comme politiquement suicidaire. Le journalisme camerounais est devenu un véritable pouvoir, intouchable par le commun des mortels. Il semble dire aux uns et aux autres, plus  à l’opposition qu’au pouvoir. « Tu marches selon mes lois  ou nous  te cassons, tu te plies devant nous ou nous te faisons disparaître ». Il fut un  temps au Cameroun où c’est le pouvoir qui réalisait le « black-out » contre les indésirables aujourd’hui les médias camerounais prononcent tous seuls leur verdict : adoubant les uns et bannissant les autres. Le journalisme camerounais sans avoir l’air d’y toucher se hisse insidieusement au rang de faiseur de rois.
Aucune démocratie ne peut se renforcer, se déployer et s’installer durablement sans la participation des médias.  Les liens entre certains propriétaires de médias camerounais et le pouvoir central de Yaoundé doivent être dénoncés, ces organes servent des intérêts politiques. Les rapports de proximité entre les orientations éditoriales de certains organes médiatiques et le pouvoir de Yaoundé à l’exemple de « la CRTV », « Repères »,« l’Anecdote », « Cameroon Tribune » , « l’Action » ne font aucun doute. Je dénonce « la télé du pouvoir » qu’est la CRTV, je dénonce les « médias du fric » que sont devenus certains médias audio-visuels et de la presse écrite, je dénonce les journaux qui véhiculent des idées qui pourraient détruire le Cameroun. Sinon que penser d’un article tendancieux et dangereux tel que celui rédigé par M. Michault Moussala du journal « l’Aurore » sur la distribution et la redistribution du pouvoir au Cameroun. Le type d’idées véhiculées par ce journaliste peut détruire tout un pays. Quel que soit le bord politique auquel on appartient  et quel que soit notre  attachement à la liberté d’expression et à celle de la presse nous ne  pouvons  tolérer ce type d’articles sans les dénoncer avec la dernière énergie.

Georges Clémenceau, considéré comme le père de la victoire française sur l’Allemagne en 1918 a demandé à être enterré debout face à l’Allemagne. Ce qui fut réalisé après sa mort.  Il fut médecin, mit un terme à sa profession de médecin pour créer son propre journal. Il aura été un grand homme politique français dont la carrière est bien connue. Mais nous n’allons pas  tous imiter Clémenceau et créer chacun notre propre journal pour faire passer nos messages et éviter que nos idées ne passent à la trappe de la « bien pensance camerounaise ». Nos déclarations d’intention, sont considérées par certains comme de la communication payante et l’exemple de la lettre circulaire du chef de l’Etat du 3 novembre 2009 nous est rappelé. Le pouvoir central de Yaoundé pollue ainsi le débat en faussant les règles du jeu par l’argent roi dans un pays où l’Etat appauvrit ses propres citoyens par une redistribution insuffisante des rares fruits de la croissance.

Voila pourquoi je sollicite  le Citoyen Camerounais et déclare qu’il ne fait  assez pour installer durablement la démocratie au Cameroun et je dénonce le journalisme Camerounais d’exercer un pouvoir de rétorsion restrictif sur la circulation des idées alternatives, susceptibles de faire émerger une dynamique politique nouvelle au Cameroun.

La démocratie a pour terreau les hommes et les femmes dans la nation, le seul véritable fertilisant en est le journaliste.

 

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