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LE BLOG DE CYEK

L'indice Mo Ibrahim révèle un développement économique et un recul démocratique

5 Octobre 2010, 05:52am

Publié par Cyrille Ekwalla

L’Indice Ibrahim 2010, publié le 4 Octobre 2010, met en lumière les avancées récentes de nombreux pays en matière de développement économique et de développement humain. Toutefois, il indique aussi de nombreux reculs dans les domaines des droits politiques, de la sécurité des personnes et de la souveraineté du droit.

L’Indice Ibrahim, lancé dans quatre villes du continent, est publié par la Fondation Mo Ibrahim, une organisation engagée à soutenir la bonne gouvernance et un leadership de qualité en Afrique. L’Indice mesure la fourniture des biens et services publics aux citoyens par les gouvernements et acteurs non-étatiques, à travers 88 indicateurs.

A propos de l’Indice Ibrahim 2010, le fondateur et Président de la Fondation a déclaré :

« L’Indice Ibrahim 2010 nous offre une image mitigée des progrès récents de la gouvernance sur le continent. Alors que de nombreux citoyens africains sont en meilleur santé et bénéficient mieux du développement économique qu’il y a cinq ans, un grand nombre d’entre eux vit dans un environnement moins sûr et ont vu leurs droits politiques s’affaiblir. »

L’Indice Ibrahim est la principale évaluation de la gouvernance en Afrique. Il a été mis en place pour informer et responsabiliser les citoyens du continent ainsi que soutenir les gouvernements, les parlements et la société civile dans leurs efforts pour évaluer les progrès de la gouvernance en Afrique.

L’Indice Ibrahim 2010 montre à la fois des avancées et des reculs dans la qualité de la gouvernance africaine entre 2004-2005 et 2008-2009 (période la plus récemment évaluée) :

• La qualité globale de la gouvernance en Afrique demeure largement inchangée par rapport aux années précédentes, avec un score moyen de 49 pour l’ensemble du continent.
• Cependant, cette moyenne masque de grandes variations entre les pays. L’Angola, le Libéria et le Togo ont tous vu leur score s’améliorer significativement.
• Par ailleurs, il existe de grandes différences entre les catégories de l’Indice.
• Dans les deux catégories Développement économique durable et Développement humain, des améliorations ont été constatées dans de nombreux pays africains. Plus important, aucun pays n’a reculé de manière significative dans ces deux catégories.
     o Dans la catégorie Développement économique durable, 41 États africains on vu leur score s’améliorer ; dix d’entre eux ont connu des améliorations significatives.
     o Dans la catégorie Développement humain, 44 des 53 pays africains ont progressé, grâce notamment aux progrès de la plupart des pays dans la sous-catégorie Santé et Qualité de vie. Les améliorations de deux pays constatées dans la catégorie Développement humain sont significatives.
• Ces progrès ne se reflètent pas dans les catégories Sécurité et Souveraineté du droit et Participation et Droits de l’homme.
     o Dans la catégorie Sécurité et Souveraineté du droit, 35 États africains ont vu leur score décliner ; cinq d’entre eux ont décliné de manière significative.
     o Dans la catégorie Participation et Droits de l’homme, même si les résultats sont plus mitigés, presque deux tiers des pays africains ont enregistré un recul dans les deux sous-catégories Participation et Droits.
     o L’analyse de la performance des pays dans la sous-catégorie Parité montre cependant quelques progrès.

Face à ces résultats, Salim Ahmed Salim, membre du Conseil d’administration de la Fondation et ancien Secrétaire général de l’Organisation de l'Unité Africaine, a déclaré :

« Nous devons nous assurer que l’aspect politique de la gouvernance en Afrique n’est pas négligé. De nombreux exemples dans le monde nous ont appris que les écarts entre la gouvernance politique et la gestion de l’économie ne peuvent perdurer durablement. Si l’Afrique doit continuer sur la voie du progrès, nous devons porter une attention plus grande aux droits et à la sécurité de nos citoyens. »

L’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine a été créé pour répondre au besoin d’un outil solide, complet et précis pour les citoyens et les gouvernements afin d’évaluer la gouvernance en Afrique. L’Indice Ibrahim continue de s’améliorer chaque année, afin de répondre au souhait de la Fondation de créer un outil vivant et évolutif.

La version 2010 inclut un indicateur additionnel évaluant les capacités de recherche statistique. Cet indicateur fournit un aperçu de l’engagement des gouvernements à élaborer des politiques et des évaluations fondées sur des résultats observables. De nouveaux indicateurs ont également été inclus afin d’évaluer l’égalité entre les sexes, ainsi que l’accès aux traitements antirétroviraux, à l’eau et à l’assainissement. Cependant, le manque de données en Afrique demeure un enjeu crucial pour l’Indice et la Fondation. Les données officielles portant sur de nombreux indicateurs clés de la gouvernance, comme par exemple la pauvreté, la mortalité maternelle ou les infrastructures, sont trop éparses ou aujourd’hui obsolètes. Commanditer et élaborer des indicateurs permettant à ces secteurs clés, entre autres, d’être pris en compte, ainsi que renforcer l’évaluation des domaines de la gouvernance déjà couverts par l’Indice, est une priorité majeure pour la Fondation.

Pour en savoir plus : www.moibrahimfoundation.org/fr/section/the-ibrahim-index

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