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LE BLOG DE CYEK

Il est temps de passer des grandes ambitions aux grandes réalisations…

13 Octobre 2010, 09:05am

Publié par Cyrille Ekwalla via Mbog A. Pibasso (LNE)

CAMEROUN.jpgLorsque le président de la République sollicite le suffrage de ses compatriotes lors de l’élection présidentielle de 2004, il place son programme politique sous le signe des « grandes ambitions ». Et le moins que l’on puisse dire est que les ambitions, l’homme les en avait déjà dès son arrivée à la magistrature suprême en 1982.

 
Promoteur du Renouveau national dont la doctrine politique a pour piliers « la rigueur et la moralisation », Paul Biya qui totalisera le 6 novembre prochain vingt-huit ans de pouvoir dont six années des « grandes ambitions », sait sans doute mieux que quiconque que le chemin qui lui reste à parcourir pour permettre si ce n’est à tous ses compatriotes, tout au moins, à la majorité d’entre eux de vivre décemment.

 Il y a quelques années, le président de la République déclarait qu’il voudrait que la postérité retienne de lui, l’image d’un homme qui aura apporté la démocratie et le progrès au Cameroun. Si pour la première acception, il est indiscutable que sous son règne la démocratie a connu des avancées significatives, il est aussi évident que pour ce qui est de la seconde acception, le bout du tunnel est encore loin. Point n’est besoin d’être un démiurge pour constater que les Camerounais, dans leur écrasante majorité, sont pauvres, très pauvres d’ailleurs pour une catégorie d’entre eux. C’est peut-être conscient de cette réalité que celui qui était président-candidat à la présidentielle en 2004 a cru utile de prioriser le progrès social de ses concitoyens au cours de son mandat s’il était reconduit à la tête du pays. Le résultat des urnes fut implacable, Paul Biya remporta haut la main cette élection, car malgré des irrégularités relevées ça et là, on peut convenir que ce ne fut point une victoire volée. Sauf que c’est ici que commence la vraie difficulté pour le président réélu : traduire en actes concrets, les promesses électorales. 

Renouveau originel.

 

Six ans plus tard, et alors que le septennat tire à sa fin, l’on peut esquisser un bilan, d’autant que la prochaine élection présidentielle pointe déjà à l’horizon. Une élection à laquelle Paul Biya par le biais de la modification de la Constitution intervenue en 2008, peut légalement et légitimement briguer d’autres mandats électifs à la tête du pays. Tenant compte de cette nouvelle donne, il est clair que le chef de l’Etat devra d’une manière ou d’une autre, défendre son bilan. Une tâche qui ne sera sans doute pas des plus aisée, au regard de la paupérisation des masses, aussi bien dans les zones urbaines que dans l’arrière pays. Certes, le président a annoncé quelques grands projets structurants dont la réalisation devrait permettre au Cameroun de devenir pays émergent au cours du prochain quart de siècle. Une grande ambition sans doute qui ne se réalisera pas cependant par les simples discours, puisqu’il il faudra traduire le discours en actions concrètes et palpables.

En d’autres termes, les « grandes ambitions » qui sont davantage une théorie politique ont fait leur temps. Le moment est venu de passer aux « grandes réalisations ». Si on est d’accord qu’il faut parfois de l’ambition pour aboutir à une réalisation, il est aussi vrai que l’ambition sans réalisation ne relève que de la simple théorie. Or, après avoir théorisé, l’on attend qu’on passe à l’action. Surtout que le chef de l’Etat souhaite bien que la postérité garde de lui l’image de quelqu’un qui a apporté le progrès à son peuple. En réactivant certains leviers du Renouveau originel, « la rigueur et la moralisation » Paul Biya est sans doute sur la bonne voie. Bien qu’on puisse s’interroger sur  l’efficacité des mesures en cours, entre autres, l’opération épervier, salutaire dans le fond, mais discutable dans la forme, tant on a le sentiment que le pillage du patrimoine de l’Etat souffre aujourd’hui comme hier, du fait de la bouffonnerie de certains responsables. Oui les « grandes ambitions », en tant que concept théorique ont eu le mérite d’exister.

Copier le bon exemple. 

Maintenant, ce dont ont besoin les Camerounais, c’est de passer à la phase de la réalisation qui peut se décliner en « grandes réalisations ». Sans cette concrétisation, comment le Cameroun peut-il aspirer à devenir pays émergent au cours des vingt-cinq prochaines années ? Si l’on n’est pas concret, à quoi sert de parler de projets structurants, si chaque année on tourne en rond en dilapidant les ressources de l’Etat dans d’interminables séminaires, d’études de faisabilité et autres missions réelles que farfellues? Ce n’est pourtant pas une mauvaise chose de copier ce qui est bien. Paul Biya qui était récemment au Brésil peut entre autres, s’inspirer de son homologue Lula Inacio Da Silva, qui, en dix ans passés à la tête du pays, a permis de hisser le Brésil parmi les dix premières économies du monde, reléguant au passage, près d’une dizaine de pays. Les richesses, le Cameroun en dispose suffisamment. Les intelligences sont nombreuses, et les moyens, on peut les trouver.

 

En un mot, le Cameroun dispose d’un certain nombre de pré requis à même de booster son économie pour en faire un pays émergent avant même l’année 2035 fixée comme cap par les pouvoirs publics. Il faut juste une volonté politique pour que le train du développement prenne véritablement corps. On doit profiter de ces atouts. Ne pas le faire pourrait s’assimiler non seulement à un échec des gouvernants, mais davantage à une trahison à l’égard des générations futures à qui on aura laissé un pays en lambeau.

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Ayite 16/10/2010 12:10


je suis entièrement d'accord avec votre point de vue sur un plan, celui de passer aux grandes réalisations. faut tout de même reconnaître que les jalons de ces grandes réalisations ont été posés,
ils ne restent plus qu'à les consolider et les perenniser, afin qu'ils soient profitables aux populations.


Cyrille Ekwalla 17/10/2010 10:07



Mon cher Ayite, ce point de vue est celui de Mbog A. Pibasso et non de moi; ce qui ne veut pas dire que je ne le partage pas. La question reste celle-ci : quels sont les jalons des grandes
ambitions qui ont étét posés pour devenir des grandes ambitions ? Ne pensez-vous pas qu'il est temps qu'on sorte des slogans pour du concret ?