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LE BLOG DE CYEK

CÔTE D’IVOIRE : Jusqu’à quand Gbagbo va-t-il tenir ?

9 Décembre 2010, 11:52am

Publié par Cyrille Ekwalla

gbagbo.jpgAprès la CEDEAO, c'est au tour de l'UA (L'Union Africaine) de lâcher Laurent GBAGBO.

L'Union Africaine (UA) a annoncé, jeudi 9 décembre, qu'elle suspendait la Côte d'Ivoire de ses instances jusqu'à ce que le challenger du scrutin présidentiel, Alassane OUATTARA, accède au pouvoir à la suite de Laurent Gbagbo."

Mardi dernier, c'était la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). En effet, lors de son récent sommet tenu à Abuja le 7 décembre 2010, l’organisation ouest-africaine a demandé au président sortant de quitter le pouvoir au profit de son challenger, Alassane Ouattara, déclaré vainqueur par la Commission électorale indépendante. Cet appel fait écho à celui d’une grande partie de la communauté internationale, et témoigne de la détermination des uns et des autres à faire triompher le principe de la légitimité dans cette élection ivoirienne. Avec cette décision de la CEDEAO, le président Gbagbo subit une sorte d’humiliation de la part de ses pairs.

Surtout qu’il avait envoyé, avant le sommet, des émissaires dans certaines capitales de l’espace communautaire pour expliquer sa position. Visiblement, ses émissaires n’ont pas réussi à convaincre leurs interlocuteurs. La Côte d’Ivoire est également suspendue de la CEDEAO. Une suspension qui la plonge davantage dans un isolement diplomatique difficilement tenable à terme. En effet, on se trouve en présence de l’un des rares cas en Afrique, où un chef d’Etat ne bénéficie pas du soutien de ses homologues, de ce fameux "syndicat des chefs d’Etat". Seulement, ce durcissement de ton contre lui, Laurent Gbagbo n’en a cure.

Pour preuve, il vient de composer un gouvernement qui comprend certes, des technocrates mais aussi des bonzes de sa galaxie. Un véritable baroud d’honneur. Il a ainsi mis à ses côtés certains de ses lieutenants les plus emblématiques dont Désiré Tagro, Alcide Djédjé et Charles Blé Goudé. Ce dernier a d’ailleurs, dans la défense de son mentor, fait une comparaison déplacée entre l’élection ivoirienne et celle des Etats-Unis d’Amérique où George W. Bush avait été déclaré élu dans des conditions douteuses. Le candidat de la majorité présidentielle fait donc la sourde oreille face aux appels incessants de ceux qui soutiennent son adversaire.

Il s’est emmuré dans un dangereux repli nationaliste. L’argument de l’ingérence extérieure manque de consistance. Gbagbo est certainement conforté dans sa position par le soutien qu’il a reçu de la Russie notamment. Un soutien russe qui montre, une fois de plus, que les grands pays ne défendent que leurs intérêts. Pour sa part, Alassane Ouattara qui a mis en place un gouvernement resserré, a peut-être laissé de la place pour d’éventuels réajustements en cas de gouvernement d’union nationale. Si tel est le cas, il marque un point par rapport à son adversaire qui a fait un gouvernement déjà bien large. Une preuve, si besoin en était encore, que le chef de l’Etat proclamé par le Conseil constitutionnel ivoirien, n’envisage pas faire de concession.

Ce faisant, il a posé un acte de mépris et de défiance vis-à-vis de la CEDEAO et de tous ceux qui l’appellent à quitter le pouvoir. Cela ne présage rien de bon. En face, le ton monte et les Forces nouvelles sont en état d’alerte, en témoigne le discours musclé de Guillaume Soro, leur mentor. Certains médias ivoiriens évoquent des ralliements nocturnes de certaines personnalités du camp Gbagbo à Ouattara. Si cela venait à se confirmer, ce serait certainement un coup dur pour l’enfant terrible de Mama. Pour l’instant, Gbagbo semble considérer qu’il n’a de salut en dehors de la présidence. On a effectivement l’impression que cet entêtement est dû au fait qu’il estime que seul le statut de chef d’Etat le met à l’abri d’éventuelles poursuites judiciaires. Pourtant, ce serait mieux qu’il ne s’enferme pas dans une tour d’ivoire. Il pourrait, par exemple, saisir l’opportunité d’aller discuter de la situation avec Barack Obama qui l’a invité à cet effet.

De son côté, le camp d’Alassane Ouattara qui a le soutien d’une grande partie de la communauté internationale n’arrive pas encore à exercer le pouvoir qu’il revendique. Les sanctions prises ainsi que celles qui devraient suivre si Gbagbo n’obtempérait pas à la sommation de la communauté internationale, réussiront-elles à faire plier le locataire du palais de Cocody ? Jusqu’à quand Gbagbo va-t-il ainsi tenir face à la pression exercée sur lui ? C’est une vraie gageure. Cette mise de la Côte d’Ivoire au ban de la communauté internationale peut entraîner une asphyxie économique pour ce pays et pour toute la sous-région. Personne n’ignore, en effet, le poids économique de l’Eléphant d’Afrique dans la zone.

La position de la CEDEAO nécessite, sans doute, un lourd sacrifice de la part de ses Etats membres. Mais, ce sacrifice, dicté par la volonté de sauver la démocratie, en vaut la peine. Si la communauté internationale réussit à contraindre Gbagbo à quitter le pouvoir, elle aura remporté un succès de taille. Ce sera aussi et surtout un précédent heureux en ce sens que cette situation va donner matière à réflexion à tous les chefs d’Etats qui nourrissent des ambitions malsaines, qui remettent en cause les principes démocratiques. Un tel succès serait de nature à ouvrir de belles perspectives en matière de démocratie dans le monde et particulièrement, dans l’espace ouest-africain.

Source : Le Pays (Burkina Faso)

 

 

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keke 11/01/2011 15:33


ou l'afrique ce bat pour sa dignité a traver gbagbo,certain africain font la part belle au mal et a la honte,nous somme prèt a aller jusqu'au bout et nous allons gagner ce combat.