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LE BLOG DE CYEK

Cameroun: La démocratie où on casse pour que tout reste petit

18 Janvier 2012, 00:02am

Publié par Juliette Abandokwe

Enoh MeyomesseAux commentaires des uns des autres à propos d'Enoh Meyomesse, aux remarques futiles du genre « Meyomesse c'est même qui », ou encore « Meyomesse c'est un moins que rien ».... je dirai ceci.

Que Meyomesse soit fourmi ou qu'il soit roi d'Angleterre, il mérite la justice. Les remarques au sujet de son manque de grandeur, en lien de toute évidence avec le fait qu'il soit arbitrairement interpellé, porté disparu pendant 3 semaines, torturé et supplicié au fond d'une cellule sans une once de lumière, sont aussi loufoques qu'ignares. Que l'illustre ministre de la république démocratique du Cameroun s'y mette aussi, prouve non seulement la petitesse de sa cervelle de mafieux, mais prouve aussi le degré d'institutionnalisation au sein des autorités camerounaises, et dans l'esprit du Camerounais tout-venant, d'une justice à deux vitesses. Une pour les grands, et une pour les petits. Celle pour les petits est d'autant plus impitoyable que les petits ne peuvent, dit-ton, se défendre. Puisqu'ils ne peuvent se défendre, on leur tape dessus encore plus fort, comme ça ils comprennent encore mieux à quel point ils sont petits.

A propos..... 

Ce soir j'ai parlé avec Enoh Meyomesse un bon dix minutes. Il avait une voix forte, bien assurée. Nous avons parlé de ses yeux, des vitamines qu'il pourrait prendre chaque matin. Mais avant tout, c'est de courage et de ténacité que nous avons parlé. La pression de plus en plus forte exercée par le lobby « Enoh ! » est en train de porter ses fruits. Depuis ce matin Paul Biya a déclaré qu'il faut reprendre TOUT le dossier depuis le début. La pression est trop forte. Le ridicule plane à Etoudi. Finalement, les petits savent que les grands sont grands. On n'y peut rien, ils savent qu'ils sont minables.

 

Que la machine biyaïste, diabolique et castrante à souhait, culpabilisante et minabilisante par excellence, cultive dans l'esprit des Camerounais l'idée que le petit est par définition fautif parce qu'il est petit, est une chose établie. Mais le plus grave, c'est l'impact de cette culture sur le tout-venant camerounais. Le Camerounais de la rue qui gobe les insanités débitées à longueur de journée par des médias vendus, ce Camerounais qui répète comme un perroquet que « Meyomesse c'est même qui...... C'est un fou ! ». Comment peut-on oser se mesure au pouvoir de Biya, en étant au pays même, au pays où le choix du peuple c'est la tyrannie du petit, afin qu'il ne s'aventure jamais à sortir de sa petitesse.

Le Camerounais moyen qui déblatère comme Biya veut qu'il le fasse, que « Meyomesse c'est même qui », serait-il jaloux de l'aplomb d'un petit qui fait semblant d'être grand, alors que lui-même ne sera jamais grand ? Le Camerounais moyen n'a-t-il pas dit récemment que de toute façon, à part Biya, qui peut gérer le Cameroun ? Comme tout le monde se tape dessus pour que surtout personne ne devienne grand, on ne peut pas supporter l'arrogance d'un petit qui fait mine d'être moins petit que les autres.

Enoh Meyomesse ! La hantise de tous ceux qui ne supportent pas que quelqu'un soit moins petit qu'eux.

Et si Meyomesse n'était pas si petit que ça finalement.... ? Finalement c'est ce qu'on est obligé de chuchoter. Y en a même qui le dise tout fort. Pourquoi donc a-t-on cette impression insidieuse que tout le monde insiste très artificiellement sur le fait que Meyomesse n'est rien du tout.... ?

Car les Camerounais savent parfaitement qui est Enoh Meyomesse. C'est juste par esprit de « on va même faire comment » qu'on fait soudainement semblant d'être frappé d'amnésie. Ce fou qui se mesure à Paul Biya, c'est même qui...

Mais alors se dit-on forcément, s'il est si petit, comment a-t-on été capable de lui coller une tentative de coup d'Etat sur le dos, une étiquette de grand bandit de petit chemin, avec des kalashnikov dans son arrière-cour.... ? Ce sont des affaires de grands ça pourtant ! Pourquoi se donner toute cette peine pour un petit gêneur minable.

Monsieur le grand Tchiroma, pourquoi vous donnez-vous toute cette peine pour écraser un petit qui est déjà insignifiant ? Ne seriez-vous pas en train de vous moquer de plus de 18 millions de Camerounais, qui soi-dit en passant sont vos compatriotes et vivotent, petitesse oblige, sur la terre de vos ancêtres communs, avec même pas de l'eau courante pour chacun, alors que vous sirotez le champagne avec votre lascar de patron?

Toute cette histoire cloche complètement. Elle pue la magouille à 10 000 km à la ronde. Et pour la simple raison qu'Enoh Meyomesse n'est pas le petit qu'on veut faire croire au Camerounais. Meyomesse est au contraire un grand, plus grand que vous ne saurez l'être jamais, vous, soi-disant choix du peuple, Biya, Tchiroma and Co.

Tout cela me rappelle finalement l'histoire de la méchante marâtre qui se regardait toujours dans son miroir magique en disant « Oh mon beau miroir, dis-moi, dis-moi, dans tout le royaume, qui est la plus belle.... ? ». Et le miroir de répondre : «Ma Reine, vous êtes belle, très belle, mais il y en a une qui est encore plus belle que vous..... ». Et la Reine de jurer avec une fureur qui ne dit pas son nom, qu'elle éliminerait à tout prix sa petite concurrente. ». L'histoire se termine d'ailleurs très mal pour la marâtre, comme dans tout conte où la morale tient de lieu de leçon indéfectible, partie intégrante de l'éducation moyenne des enfants moyens. Ni grands ni petits, juste moyens, tout-venant.

Enoh Meyomesse est un grand. Ses détracteurs le savent. Mais comme ils ne connaissent que le langage de la casse, alors ils cassent. Tout ce qui fait semblant de vouloir être grand, doit rester petit. Alors on dit : « Meyomesse, c'est qui même... ! Comme tu es fourmi, nous on te casse».

En vérité, ces petits qui se croient assez grands pour casser les autres petits, sont pétrifiés de terreur. Forcément, la grandeur, ça fait peur ! Car la grandeur, c'est plus grand que le petit qui fait semblant d'être grand.

Tout le monde sait qui est Enoh Meyomesse. Même fou, même inconscient, même tout ce qu'on veut, chacun sait dans son for intérieur que c'est un grand qui se fait petit, parce que c'est comme ça. Il fait semblant d'être petit parce qu'en réalité c'est un grand. Et ses ennemis le savent. Ils connaissent sa force, mais avec leur petitesse d'esprit ils n'ont qu'une seule rage : celle de le casser, de le décourager. Le peuple ne doit pas savoir qu'il y a des grands en son sein, sinon il risquerait d'avoir des idées plus grandes que les petites qu'il a au quotidien : «On va faire comment...... ».

Enoh Meyomesse n'aura pas souffert pour rien, ni dans sa chair ni dans son esprit. Il va gagner ça. Et plus que ça.

Et puis, Meyomesse c'est le Camerounais tout-venant, qui va peu à peu comprendre, qu'on le veuille ou non, qu'il a le pouvoir de gagner. Pourtant c'est exactement ça que le Tyran veut empêcher, ce à quoi il travaille depuis 30 ans.

Meyomesse va gagner ça, et le peuple aussi va gagner ça, finalement. 

 

 

Nota bene :

Bibliographie d'Enoh Meyomesse

« Discours sur le tribalisme »

« Le sous-développement politique au Cameroun »

« Complainte noire ». Poèmes.

« Accentuer la lutte pour la chute de Paul Biya et son régime »

« Guerre et paix au Cameroun : le rôle de l'armée nationale en question »

« La question tribale et la politique au Cameroun »

« La chute d'André-Marie Mbida »

« Le massacre de Messa en 1955 ». Roman

« Le soleil ricanait ». Poésie.

« 1960 : Faits marquant au Cameroun »

« I'm speaking to the anglophone community of Cameroon »

« A quand le retour de l'Etat au Cameroun ? Réflexion sur le redressement de l'économie camerounaise »

« Um Nyobè : le combat interrompu... et ses conséquences sur le destin du Cameroun »

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