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LE BLOG DE CYEK

Cameroun : "L'Offre Orange", un enjeu politique générationnel ?

16 Décembre 2010, 15:32pm

Publié par Cyrille Ekwalla

takougangC'est la question qu'on pourrait se poser à la lecture du "débat" entre deux personnalités politiques camerounaises, au sujet de "L'Offre Orange", ce programme politique dit de transition après 2011, proposé par M. Hilaire Kamga (Membre de la Société Civile camerounaise). D'une part Jean Takougang du SDF (Membre influent du Social Democratic Front) et d'autre part, Alice Sadio Zambou (Secrétaire Générale Adjointe de l'AFP, l'Alliance des Forces Progressistes) se sont lancés dans un échange sur l'opportunité de ce programme, mais aussi sur les movations de cette "offre".

C'est ainsi qu'après la première salve envoyée par J. Takougang, Alice Sadio lui répond le 24 novembre dernier. Voici un large extrait de sa réponseparue dans le quotidien Le Jour : 

Pour qui roulent les prophètes de la démobilisation des troupes à la veille de  l’échéance capitale

 (…) Le titre de cet article «Pour qui roule l’Offre Orange et ses partisans ?» a attiré notre attention pour deux raisons. Premièrement parce que l’AFP, le parti politique auquel nous appartenons a pris officiellement position pour ce programme fondé sur une gouvernance de transition au lendemain de la victoire du peuple en 2011 et pas plus tard.Nous sommes donc interressée par toute analyse, tout commentaire, ou toute suggestion constructive en rapport avec ce document. Deuxièmement parce que nous nous attendions à faire partie des mis en cause dans cet article, étant donné que nous sommes, nous aussi « partisans» de l’Offre comme bon nombre de citoyens camerounais respectables et respectés. (…) En effet, après avoir mené la lutte sous diverses formes et auprès de diverses instances nationales et internationales, pour la création d’un organe indépendant pour la gestion des élections au Cameroun (…), après en avoir appelé diplomatiquement à la sagesse du dirigeant en chef du pays, parce que détenteur des pleins pouvoirs, à faire usage justement de ces pouvoirs pour neutraliser les lobbyings qui ont pris corps le long de son règne et constituent désormais une menace grave pour la stabilité du pays, après avoir compris comme bon nombre d’observateurs avertis que le bulldozer  de la misère, du tribalisme, de la division, du chômage et de la mort qu’est le Renouveau n’est pas encore à bout d’exactions, le Citoyen Hilaire Kamga (…) n’a fait que tirer les conclusions qui s’imposent et qu’on peut résumer en ces termes :

1-       Face à un régime qui refuse systématiquement le dialogue constructif dans un contexte de crise politique, économique, sociale et éthique grave, il faut comprendre que tout est fait pour repousser les acteurs d’en face et le peuple majoritaire jusqu’à ses derniers retranchements, histoire de créer  dans le subconscient populaire l’illusion d’un écart, d’un fossé insurmontable entre le peuple et eux. Eux étant les dieux mortels, qui construisent jour après jour, via les médias d’Etat, le mirage d’une image d’eux-mêmes comme étant les plus forts, les plus beaux, les plus riches, les plus bons (distributions de quelques sacs de riz et quelques maquereaux avariés en temps de campagne obligent !).

2-       2- Face à l’échec de l’approche diplomatique (via les discours et interpellations incessantes du bon sens des dirigeants), et de l’approche judiciaire (notre parti, l’Alliance des Forces Progressistes, en seulement 3 ans d’existence, compte à son actif, plus d’une dizaine de recours et de contentieux jamais solutionnés conformément au droit), il faut comprendre que la seule voie de recours viable reste l’appel à la responsabilité du souverain qu’est le peuple.

3-       3- Face à un pays en crise comme le nôtre, où la stratégie du pouvoir en place consiste  à balkaniser systématiquement chaque obédience sociale histoire de diviser pour mieux régner, il ya lieu pour les persécutés d’en face que sont le peuple de procéder à une tactique contraire. De ce fait :
(…) lorsqu’ils diront « la société civile n’a qu’à la boucler, la politique c’est pas leur affaire », nous les renverrons à l’histoire des révolutions politiques dans la quasi-totalité des pays du monde. Lorsqu’un système donné à touché le fond, toutes les classes, toutes les couches sociales sont forcément frappées et ne peuvent que réagir pour défendre leurs intérêts. Or lorsque le diagnostic est semblable à celui du Cameroun d’aujourd’hui, à savoir un bâillonnement subtile mais féroce de toute expression libre par l’aliénation, la corruption, l’intimidation, la clochardisation, ou tout simplement l’élimination, je me demande comment des gens peuvent encore s’offrir le luxe de sectionner, de discriminer, de spécialiser à outrance, au moment où le peuple, tout le peuple qui cri famine a besoin de mobilisation totale.
- À qui peut bien profiter un sectarisme boiteux et démobilisant à la limite d’une société qui à vrai dire est minée de part en part par l’hégémonie politique d’un renouveau qui ne laisse, mais alors rien au hasard ?
- Qui est-ce que ça peut gêner que prospère enfin au sein de l’opinion publique un apport comme l’Offre Orange, dont le but clairement libellé est de constituer un terrain de consensus populaire et citoyen dans le cadre d’un programme-transition dont les grands chantiers se résument en trois points essentiels (nous y reviendrons ultérieurement).
- La société civile a-t-elle tort d’envisager une autre approche après les multiples échecs des tentatives de fédérations de l’opposition chaque fois sacrifiées sur l’autel des intérêts partisans ?
- De quel droit et au nom de quoi, qui que ce soit peut-il confisquer le droit des patriotes (qui ont choisi d’opérer dans d’autres champs d’expression) de cogiter eux aussi sur le devenir de la cité ? Une cité devenue un marécage nauséabond où les serviettes et les serpillières baignent dans les mêmes eaux, où le mensonge est vérité et la vérité mensonge, où l’innocent est condamné et le coupable libéré ?
- Par Dieu ! faire preuve d’un peu d’humilité en lisant même en diagonale cette Offre Orange et en l’appréciant à sa juste valeur, en l’amendant même au besoin, cela tuerait-il donc nos  illustres leaders politiques avec majuscule, et pour beaucoup atteints d’un narcissisme qui les éloigne du peuple à pas de géant ?

Pour finir quelques questions à 1 franc au Citoyen Jean Takougang  

 

- Entre le régime qui renforce chaque jour son dispositif armé et dont les pontes ont amassés assez d’argent pour détenir aujourd’hui une capacité de nuisance grave, et la Société Civile à laquelle appartient Hilaire Kamga, qui appelle le peuple à exercer sa citoyenneté contre vents et marrés en accomplissant son droit et devoir de vote, qui représente une vraie menace, preuve à l’appui et au-delà des supputations ?
- Entre l’Offre Orange et Elecam, ultime provocation du régime contre le peuple, quel est le vrai facteur de perturbation de la paix que nous chérissons tous?
- Pensez –vous honnêtement que vos préalables avant toute participation aux élections développées en 11 points (si ma mémoire ne me trahit) prospèreront ?
- Comment pouvez-vous, reconnaissant qu’Elecam est bel et bien conçu par le régime pour les besoins de sa cause, rester chez vous en même temps et appeler le peuple à l’inertie d’une revendication théorique stérile ?
- Pouvez vous donner au peuple votre parole d’homme, le rassurant que si ces 11 préalables ne sont pas atteints votre parti ne présentera pas de candidat en 2011 ? (…)
En ce qui nous concerne, nous humbles partisans de l’Offre Orange et de la stratégie qui constitue la courroie et le mécanisme de sa mise en œuvre, nous optons pour l’action. Une action qui se déploiera dans le temps et dans l’espace de manière ordonnée, structurée, citoyenne, et dont le seul objectif sera de canaliser la soif du peuple à reprendre en main son pouvoir (via les inscriptions et la mobilisation, carte électorale ou pas le jour J) et à l’exercer (via le choix de ses représentants et la conduite pacifique de ces représentants jusqu’à leurs postes respectifs).
Tout ceci est pensé, cher Citoyen de lutte Jean Takougang, justement dans le but d’éviter un autre février 2008, où nous, soi disant leaders du peuple et le connaissant comme notre poche, avons été les témoins impuissants d’une tuerie sanglante dans une duel entre la masse orpheline et le pouvoir barbare. Nous sommes convaincus, nous fondant sur les extraits de communications du Citoyen Hilaire Kamga aux instances politiques et à l’opinion (que vous citez d’ailleurs) que ce ne sera pas lui qui se retrouvera au banc des accusés le jour du jugement, encore moins l’AFP, partisan de l’Offre. Ce seront plutôt ceux là qui, voyant bien le danger, ont opté pour la politique de l’autruche pour des raisons qu’ils sont les seuls à maîtriser.
Le peuple cherche en vain ses « prophètes » politiques, en qui croire, sur qui miser et derrière qui se mobiliser. Acceptons que nous avons loupé le coach sur ce coup là et repensons nous, opérateurs politiques d’ici et de maintenant. Ayons l’humilité de considérer l’Offre Orange et la stratégie pacifiste qui va avec. Cessons de dévier le débat vers les personnes. La tête du Dr Hilaire Kamga ne plait-elle pas quelqu’un ? C’est son droit. Mais de grâce reconnaissons que l’Offre orange est un possible tremplin de refondation de l’opposition, justement parce qu’elle n’émane pas d’un parti politique et parce qu’en la lisant, on croirait entendre tous les partis progressistes discourir.

NB : On a beau discourir, il reste et demeure que l’histoire de l’opposition camerounaise durant ces 20 ans se résume en l’histoire d’une succession d’échecs face à la mission de départ qui était conquérir le pouvoir et le gérer autrement. Demander aujourd’hui à l’adversaire de concevoir et de mettre à la disposition du peuple un dispositif électoral fiable, revient à lui demander de dérouler le tapis aux conquérants de « son » pouvoir. On croirait entendre une souris demandant au chat d’assurer sa sécurité. Même si des esquisses mélioratives s’observent dans certains pays, ici, l’on vous rétorquera que le Cameroun c’est le Cameroun. Alors, agissons, et de préférence ensemble. Nous pensons comme cette société civile là, qu’il vient un temps dans la vie d’une nation, où chaque partie prenante doit se prononcer et se positionner de manière rationnelle et constante. Car « Chaque génération découvre sa mission, l’accomplit ou la trahit ». Ce n’est pas le Cardinal Christian TUMI qui nous démentira.

 

Le 7 décembre dernier, JeanTakougang  répondait son tour à Mme Ali Sadio :

 

 Pour qui roulent les prophètes de la démobisation ou l’incarnation de la malhonnêteté intellectelle. (Réponse à Mme Alice Sadio, SGA de l’AFP)

Le quotidien Le Jour du mercredi 24 novembre 2010 a publié, sous la plume de Mme Alice Sadio, en sa qualité de SGA de l’AFP de M. Bernard Muna, un texte intitulé «  Pour qui roulent les prophètes de la démobilisation des troupes à la veille de l’échéance capitale ? » qu’elle prétend être un droit de réponse à l’article « du citoyen Jean Takougang »paru deux semaines plus tôt sous le titre de « Pour qui roulent l’Offre Orange et ses partisans ? » Mais je dois d’emblée avouer qu’il s’agit d’un bien curieux droit de réponse car il est loin d’être ce recours qui permet à toute personne, physique ou morale, "nommée ou désignée" dans un média, de répondre aux questions posées et de donner sa version des faits. Or, dans mon article incriminé, après une lecture sémiotique d’une lettre adressée  au Secrétaire Général de l’Onu par le Citoyen Hilaire Kamga, Promoteur de l’Offre Orange, j’ai fait un certain nombre de questionnements. M. Kamga expliquait à M. le SG de l’ONU deux choses : 1) qu’une élection truquée en ce moment au Cameroun peut faire basculer le pays dans l’embrasement ; 2) que tous les efforts pour amener le parti au pouvoir à créer le consensus autour des élections ont été vains et que dans les circonstances actuelles, toutes les lois électorales, taillées sur mesure, ne laissent à un candidat autre que celui du RDPC la moindre chance de victoire. D’accord avec les prémisses de ce raisonnement, je marquais mon étonnement quand malgré tout cela il invite les Camerounais à aller s’inscrire en masse pour voter le moment venu. En me demandant donc pour qui roulent l’Offre Orange et ses partisans, je pensais à M. Hilaire Kamga et aux autres auteurs de cet ouvrage qu’il dit collectif, car eux seuls, porteurs de la vision, ont pu la vivre en grandeur nature dans  cet état second qui génère l’inspiration et encadre l’écriture. J’étais loin de m’imaginer que, plus catholiques que le Pape,  des seconds couteaux qui ne maîtrisent ni les tenants ni les aboutissants de  cette Offre, nous serviraient une parodie de réponse qui n’a répondu à aucune des préoccupations soulevées, tout simplement parce qu’ils « s’attendaient à faire partie des mises en cause dans cet article (mais ne l’ont pas été !!!) et que le parti auquel ils appartiennent a pris officiellement position pour ce programme… ».

(…) C’est peut-être vrai, Alice, que « le peuple cherche en vain ses prophètes politiques, en qui croire, sur qui miser et derrière qui se mobiliser » et que l’AFP vient de dénicher les siens pour qui il a « officiellement pris position », mais cela suffit-il pour basculer dans la mesquinerie et l’intégrisme en insinuant que si quelqu’un ne partage pas cet avis  sur l’Offre Orange, c’est parce que « la tête de Hilaire Kamga ne lui plaît pas » ? Avec des mots tels que « prophètes », « croire » et autres, je comprends les effets dévastateurs de cette conversion récente qui justifie vos croisées pour l’Offre Orange, religion à laquelle l’adhésion relève désormais d’un article de foi dont on ne peut se soustraire sans être parjure et passible de quelque fatwa. Tous ceux qui ont lu mon article savent que j’ai écrit sur l’Offre Orange (pas contre) et ai posé quelques questions à ses auteurs, après en avoir relevé les points de convergences et de divergences. J’ai fait une lecture sémiotique d’un texte en laissant les mots dire ce qu’ils disent et non en leur tordant le cou pour leur faire dire ce que je voulais entendre pour des motifs inavoués. Si Mme Sadio avait lu mon article, elle ne m’aurait pas confondu avec des structures qu’elle seule connaît et auxquelles elle me lie alors que rien, mais alors absolument rien, dans mon texte ne le lui permettait. Je ne comprends pas pourquoi, après avoir précisé qu’elle pose «  pour finir quelques questions à 1 franc au citoyen Jean Takougang », elle sombre irréversiblement dans un amalgame au forceps en parlant de « mes préalables avant toute participation aux élections développées en 11 points »,  de rassurer que si les 11préalables ne sont pas atteints mon parti ne présentera pas de candidat en 2011 » et d’autres incongruités du même tonneau. Si les choses sont claires dans la tête de Mme Sadio, comment se fait-il que le citoyen Jean Takougang à qui elle a dit vouloir parler soit subitement devenu un parti politique alors que rien dans son texte ne permet d’établir cette collusion. A-t-elle voulu passer la main par-dessus ma tête pour régler certains comptes ? Elle sait pourtant bien que lorsque l’on parle au nom d’une structure, on l’annonce, parce qu’on ne parle pas pour soi, parce qu’on a reçu un mandat et qu’on n’en est que le porte-parole. C’est pourquoi dès le début de son texte (qu’elle signe SGA Alliance des Forces Progressistes !), elle précise à toutes fins utiles qu’elle parle pour l’AFP dont elle est la Secrétaire Générale Adjointe. Etait-ce aussi mon cas dans mon article ? N’y était-il pas suffisamment clair que je parlais pour moi et que toutes les thèses que j’y soutenais n’engageaient que moi-même ? Et maintenant, que dire de l’Offre Orange qu’elle défend bec et ongles ? L’a-t-elle bien lue et bien comprise ? J’en doute et voici pourquoi : l’Offre Orange repose sur une lutte sans merci pour le passage de témoin entre deux générations et la disqualification du système de partis dans la conquête du pouvoir (de l’alternance) et de la gestion du pouvoir.

a)      Le conflit de générations et passage obligatoire de témoin.

Cette exigence d’un renouvellement et d’un renouveau générationnels s’annonce dès le titre de l’ouvrage qui s’intitule : « L’Offre Orange pour l’Alternance : Pour le Pouvoir, la Nouvelle Génération s’engage. »   Cette deuxième partie du titre est souvent éludée et c’est pourquoi l’auteur  n’a de cesse de marteler que « La nouvelle génération doit s’organiser pour assurer son leadership naturel et conduire le processus de récupération du pouvoir. » Or l’AFP, à ce que je sache, n’est pas une association de jeunesse et il y a fort à parier que le Citoyen H. Kamga n’acceptera pas aussi facilement ses dirigeants comme membres de la Nouvelle Génération! Peut-être est-ce ce qu’il insinue dans le Times Scape Magazine N°004 Nov/Déc lorsqu’il parle des chefs traditionnels qui auraient voulu que Ben Muna soit le candidat de l’Offre Orange : « Muna a été présenté comme candidat. Il dispose d’un des meilleurs CV, mais je doute qu’il remplisse les critères qui ont été définis. En tout cas, ce n’est pas à moi, mais aux Camerounais qu’il revient de juger ». De même, dans une interview donnée à Georges Alain Boyomo, après avoir précisé que l’Offre Orange ne s’appuie sur aucun lobby, il déclare : « Bien entendu la question d'âge dans la dimension générationnelle est importante. (…)L'élection présidentielle de 2011 se présente comme celle qui devrait marquer le départ d'une génération qui a fait son temps et l'arrivée d'une nouvelle génération au pouvoir  pour la réalisation d’un nouveau rêve générationnel ». A bon entendeur…

              b) Disqualification des partis politiques

 

                A aucun moment dans l’Offre Orange, pour la réalisation de l’alternance en 2011,  M. H. Kamga ne fait mention de l’implication d’un parti politique, qu’il définit d’ailleurs avec dérision comme étant « ces structures créées en 1990 qui se sont fait appeler pompeusement partis politiques démocratiques ». Il confie d’ailleurs sans ambages à Hugues Seumo (note CYEK : journaliste pour le site camer.be) que :  « seul un nouveau leadership et une nouvelle offre politique pourront permettre de ramener les citoyens vers les urnes puisque les camerounais ne s’intéressent plus aux hommes politiques qui pullulent sur la scène en ce moment ». Pour lui, « les leaders du RDPC comme ceux de l’opposition pourront toujours intégrer le processus de réconciliation, le processus Orange, à la seule condition de ne pas prétendre y assumer un rôle central » car dans tous les cas « les idéologues du processus Orange doivent contrôler le 1/3 du conseil et ils assureront en plus la désignation du Modérateur National qui assure la présidence du conseil. »

                Mme Sadio et le peuple de l’AFP qui semblent avoir découvert en l’Offre Orange et Hilaire Kamga les « prophètes politiques, en qui croire, sur qui miser et derrière qui se mobiliser » doivent savoir que pour la dynamique Orange, il s’agit d’une part «  de constater que les partis politiques (pouvoir et opposition confondus) qui ont occupé les devants de la scène depuis 1990 sont aussi disqualifiés pour parler de l’alternance. Cela pour plusieurs raisons : d’abord la culture de l’alternance leur est étrangère puisque les dirigeants de ces partis sont aussi restés les même pendant près de 20 ans, ensuite parce que ces formations ont été incapables de traduire en dynamique cohérente de victoire les désidératas des populations qui en ont assez avec l’asservissement auquel le Régime Biya les soumet. Et d’autre part «  de contrôler le prochain pouvoir post-alternance »

                De tout ce qui précède, il est clair que Mme Sadio (et l’AFP ?), on ne sait dans quel but, s’est livré à un périlleux exercice de prestidigitation intellectuelle en défendant avec le zèle du néophyte et au nom d’un parti politique, une nébuleuse qui ne traite les partis qu’avec mépris et qui leur dénie la légitimité de parler d’alternance. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, elle nous exhorte à « reconnaître que l’Offre Orange est un possible tremplin de refondation de l’opposition, justement parce qu’elle n’émane pas d’un parti politique et parce qu’en la lisant, on croirait entendre tous les partis progressistes discourir ». La SGA est-elle encore avec l’AFP ? Croit-elle encore aux capacités d’un parti politique (y compris l’AFP !) à s’engager pour la conquête et la gestion du pouvoir ou a-t-elle déjà définitivement rejoint la Société civile qu’elle trouve plus compétente et plus séduisante? Veut-elle insinuer que l’AFP n’avait pas de programme propre et était à la recherche d’un programme venant d’une Société civile visionnaire, mais en mal de partisans ? C’est la première fois que j’entends parler d’un parti politique à la recherche d’un programme n’émanant pas d’un parti politique mais d’une Société civile derrière laquelle il veut s’aligner pour la conquête du pouvoir! En d’autres termes, un parti politique qui ne croit pas aux partis politiques. Comprenne qui peut !

 

De même, elle s’est livrée à une douloureuse partie d’équilibrisme en me raillant sur un article qu’elle n’a pas lu. Mme Sadio, vous me conseillez « de lire l’Offre Orange, même en diagonale, en l’appréciant à sa juste valeur ou en l’amendant au besoin ». C’est très grave, car il s’agit là d’un dangereux exercice d’équilibrisme dont personne de sensé ne sort indemne. On ne peut ni apprécier à sa juste valeur, ni amender une œuvre qu’on a lue en diagonale. Il semble que c’est ce que vous avez fait avec mon texte et avec l’Offre Orange et vous avez manqué le coche. D’un côté, les lecteurs sont restés sur leur soif et de l’autre, vous faites entrer par effraction un parti politique dans une structure qui lui est hostile. Intellectuellement, vous manquez de coach car M. Kamga est plus que clair : « Notre ambition est de restructurer les organes institutionnels et de créer la 3eme République, Oui, notre ambition légitime est d’avoir le contrôle du pouvoir après M. Paul Biya en Novembre 2011. Alors, ma question demeure : Pour qui roulent l’Offre Orange et ses partisans ?

 

 

 

 

 

 

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