Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LE BLOG DE CYEK

Cameroun : Indiscipline, trafics avec des bandits…Dans la police comme dans l’armée

15 Octobre 2010, 11:13am

Publié par Cyrille Ekwalla via David Nouwou (LNE)

police.jpgLe nouveau patron de la police camerounaise confesse les tares de ses hommes. Comme l’avait fait son collègue de la défense il y a un an. Mais les habitudes ont la peau  très dure.
« Pourquoi le cacher, quatre policiers sont à la disposition de la Justice. Au lieu de faire leur travail, ils étaient investis dans le trafic des stupéfiants. Il s’agit de deux officiers, d’un inspecteur et d’un gardien de la paix ». Cette révélation pour bien de gens qui ne le savaient pas encore, est du délégué général à la sureté nationale (Dgsn), Martin Mbaga Nguélé, le 1er octobre dernier à Douala, lors de se première descente de prise de contact dans la capitale économique, depuis sa nomination à la tête de la police il y a deux mois. Et le Dgsn de poursuivre avec étonnement : « Je ne peux pas comprendre comment au moment où on se plaint qu’il n’y a pas assez d’effectifs dans la police, un commissaire met ses agents à la disposition des micro-finances, des banques, des domiciles  des privés… ». Le patron de la police en conclut que : «  C’est une entente tacite entre les commissaires et le propriétaire de la banque où les éléments sont postés ». Et il conseille à ses responsables : « Veillez sur vos hommes et adoptez de bons comportements. Surveillez-les au quotidien pour éviter qu’ils n’entretiennent des gangs de malfrats ; Que les policiers renouent avec la discipline, l’éthique et la déontologie. Tant que les chefs ne donnent pas le bon exemple, rien ne va suivre. La police doit redevenir un corps d’élite au service des citoyens ».  Mais, Martin Mbarga Ngélé est obligé de  reconnaître surtout que le diable n’est pas seulement en face : « A la fin de ma tournée ici à Douala, je peux dire qu’il y a beaucoup de chose à faire. Il y a un gros problème de moyens qui se pose ». Est-ce ceci qui peut donc expliquer cela ?

 Il faut reconnaitre que  sur le terrain, les problèmes sont plus précis. Dans une ville qui compte plusieurs millions d’habitants et dont la démographie est galopante comme à Douala,  les forces de police sont plutôt mal loties en matériels roulants. Les véhicules qui leur ont été attribués  il y a quelques années, sont beaucoup plus mis à la disposition des chefs. Les différentes équipes qui doivent se déployer de jour comme de nuit sur le terrain doivent se discuter le même car dont certains sont déjà amortis. Pour des unités qui disposent de car de transport de troupes passablement en bon état, les policiers  rétorquent systématiquement aux usagers qu’il n’y pas de carburant, lorsqu’ils sont sollicités pour des interventions. Ce sont généralement les usagers qui doivent payer les frais de déplacement. Une bien piètre image qui colle à la peau de la police camerounaise.  Il semble, selon les mêmes informations,  que le budget de fonctionnement a  considérablement  subi une cure d’amaigrissement ces derniers temps. Les équipes spéciales d’intervention rapide (Esir) dont l’avènement il y a quelques cinq ans sont venues rassurer les populations quant à la lutte contre le grand banditisme urbain, est en perte de vitesse. Les véhicules flambants neufs avec lesquels ils ont fait leur apparition, sont considérablement amortis à l’épreuve des chocs que commandent leurs missions. Du coup, les interventions rapides se font de plus en plus rares. Faute de moyens d’intervention.

En novembre dernier, lorsque le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o a fait sa tournée de prise de contact dans les services et formations de la deuxième région miliaire (Littoral, Sud-ouest, ouest et Nord-ouest), il a identifié et stigmatisé les mêmes maux dans les forces armées nationales : « De plus en plus, des éléments de nos forces que l’on dit égarés, sont pris en flagrant délit avec de dangereux braqueurs, soit qu’ils forment aux techniques de maniement des armes de guerre, soit à qui ils fournissent leurs  armes de service pour des opérations de gangstérisme, soit qu’ils composent avec ces hors-la-loi pour mettre sur pied de redoutables gangs. Or, la mission première des forces de défense nationale et de veiller sur la sécurité des citoyens et de leurs biens. Et lorsque c’est dans les rangs de ces défenseurs que se cachent des malfaiteurs, il y a péril en la demeure et il y a urgence de les en extirper. »

Un mois après ce discours, il a limogé tous les responsables des brigades de gendarmerie de l’aéroport internationale de Yaoundé-Nsimalen dont des informations ont établis qu’ils étaient impliqués dans le cambriolage d’un aéronef français de passage au Cameroun. Quelques sanctions ont suivi entre temps. Comme celles ayant frappé certains éléments  du Bataillon d’intervention rapide (Bir) il y a quelques mois.

 

Seulement, dans l’armée comme dans la police, non seulement les moyens logistiques conséquents et les motivations psychologiques ne semblent pas suivre, mais les sanctions appropriées tardent à opérer une véritable chirurgie dans ces forces de défense et de police qui ont besoin d’une réelle modernisation. Au-delà des constats, des discours, des promesses.

Commenter cet article