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LE BLOG DE CYEK

Biya apporte des solutions aux "Paradoxes du pays organisateur"

19 Janvier 2011, 09:06am

Publié par Cyrille Ekwalla via Le Jour

Ateba-Eyene.jpgUne analyse du discours prononcé par le chef de l'Etat à Ebolowa par Charles Ateba Eyene (Membre de la cellule de communication du RDPC - parti au pouvoir - et essayiste camerounais)

Le comice agro-pastoral  d’Ebolowa attendu depuis 20ans a débuté le 17 janvier 2011 dans la capitale de la région du Sud. À cette occasion, le chef de l’Etat Paul Biya, natif de la région, a prononcé un discours dont la signification et la consistance symbolique mettent en relief la refondation du Sud dans le sens du désenclavement de la région et de son décollage socio-économique. Un statut que le Sud attend depuis les lustres.

S’il y a un ouvrage qui a défrayé la chronique au Cameroun ces dernières années, c’est bien « les paradoxes du pays organisateur » publié aux éditions Saint-Paul à Yaoundé par l’auteur du présent article. Le journal Jeune Afrique de 10 juin 2010 l’a d’ailleurs classé comme le livre le plus vendu au Cameroun ces derniers temps. Avant Jeune Afrique, il y a eu des initiatives nationales dans ces ce sens. Malheureusement, une certaine élite du Sud (J. Fame Ndongo - note de CYEK) a manœuvré pour décourager la promotion de ce « mauvais livre ».

En quoi est-ce que « les paradoxes du pays organisateur » était-il un mauvais livre ? Parce que toute vérité pour certains n’est pas bonne à dire. Or, l’ouvrage se donnait simplement pour mission de  présenter les vérités de la province d’origine du chef de l’Etat présentée comme l’une des plus enclavées du pays malgré de nombreux décrets dont-ont bénéficié les frères du président de 1982 à 2007. Cinq SG/ PRC , 2 DCC, 23 membres du gouvernement et assimilés, 7 gouverneurs de province, 8 chanceliers et recteurs d’université, 4 vice-recteurs, 10 chefs d’Etablissement(facultés et grandes écoles),17 PCA , 42 Dg de sociétés d’Etat.

Des vérités que ceux qui contrôlent l’opinion dans le Sud cachent strictement au nom d’une logique fourbe qui  interdit à  l’homme du sud de s’interroger sur ses conditions de vie, sous le fallacieux prétexte qu’on ne critique pas la gestion du frère. En dehors de ce prétexte, il faut, selon  les « génies » du Sud ayant bénéficié des décrets, qu’ils ne soient comptables de rien, Paul Biya étant « la première élite du Sud sans second ». Pis, les populations du Sud étant « les créatures et la création de Paul Biya », ce qui en réalité n’est que fantasmagorique.

Sur la base de cette confrontation d’idées, le peuple à la base avait choisi son camp. Celui des « paradoxes », baptisé «le livre de la vérité »  ou encore « le livre du peuple. » Cela s’inscrit dans l’intelligence naturelle que certains veulent renier au petit peuple. Il est temps de comprendre enfin qu’il y’a pas d’identité sans désir.

Le désir collectif des gens du Sud c’est de ne pas se sentir à la périphérie de la république. Récemment à Akom  II, les populations l’on dit de manière violente. Deux jours après les manifestations, le réseau Camtel était enfin disponible dans cet arrondissement pour la première fois dans son histoire. Il fallait, le pensions-nous vivement, sauver le Sud par la production intellectuelle pour permettre l’entrée de cette région dans la sublime porte.

Paradoxe camerounais

Le comice agro-pastoral est la fête du monde rural composé des agriculteurs, des éleveurs, des artisans…Mais, l’esprit des comices au Cameroun depuis le début est qu’il contribue au développement  infrastructurel des régions qui l’accueillent. Dans son discours d’ouverture du comice, Paul Biya a engagé une nouvelle approche de lire et de comprendre le Sud. Et, depuis ce discours, les populations du Sud ressentent mieux leur appartenance au Cameroun et la comprennent mieux. Il y a en un effet révolutionnaire dans la communication du président vis-à-vis des populations du Sud. Cela ouvre forcément un nouveau contrat entre Paul Biya et ses frères de la région du Sud. L’enclavement du Sud, le non- démarrage  des projets comme le port en eau profondes de Kribi, les barrages hydro-électriques  de Memvé éle, de Mekin… la non tenue du comice d’Ebolowa étaient des sources de frustration et de crise pour les populations du Sud.

La sortie du Président Biya lors du comice contribue une sorte de médiation politique qui n’existait pas vraiment. Et, l’issue de la crise a toujours été la clôture symbolique des événements et la représentation du futur de l’après-crise. Clore les événements consiste à décider que la crise  est terminée. Après les promesses de désenclavement du Sud avec la construction envisagée des routes Ebolowa-Kribi par Akom II, Ebolowa-Sangmelima par Mengong , Ebolowa-Lolodorf… Et avec le démarrage de la construction du port en eau profonde et de l’usine à gaz de Kribi, avec la construction envisagée à court terme des barrages de Memvé éle et de Mekin, le président Biya apporte des réponses claires aux « Paradoxes du pays organisateur » et confond ceux qui soutenaient que le Sud n’avait aucun problème. A partir du discours du comice, l’identité et la visibilité de la région du Sud à partir de la voirie d’Ebolowa qui est aménagée, de l’hôtel du comice et de la voie de contournement pour le village du comice dont les travaux doivent prendre fin cette année sous le regard vigilant du président lui-même est assurée. Quelle belle acquisition d’une visibilité de la région du Sud dans l’espace public national ? La rhétorique de la communication populiste devient légitimement célébration du chef et s’inscrit dans la célébration d’une relation directe entre le peuple et le chef. A ce moment, le pouvoir se fonde bien sur la singularité d’un acteur qui vibre en phase avec les désirs et les besoins d’une communauté.

On ne dira jamais assez. Pour comprendre les logiques et les dynamiques du miroir de la politique, il importe, par conséquent, de comprendre comment se formulent les discours des acteurs de la vie publique et comment ils manifestent, dans leurs activités symboliques, ce qu’ils identifient comme les enjeux de l’heure. Confrontation et comme les horizons de leurs engagements dans la vie publique. Dans le discours du président lors de l’ouverture du comice, nous avons identifié que dans ses promesses, il veut enfin donner une identité à la région du Sud qu’il veut sortir de l’enclavement chronique qui la caractérise. Cela donne un sens au titre de cet article. « Paul Biya apporte des solutions aux paradoxes du pays »L’histoire retiendra que c’était  à l’occasion du Comice agro-pastoral d’Ebolowa.

(c) L'auteur de ce texte est Charles Ateba Eyene

(*) Les intertitres sont de CYEK

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Rooney 25/01/2011 21:10


Ateba Eyene a donc constaté qu'il n'y a pas de dichotomie entre Biya et les siens.L'idée du pays organisateur, doit dépasser le cadre tribal pour s'étendre au groupe du renouveau, lequel concerne
toutes les tribus du Cameroun. Le comice d'ebolowa a vogué au dessus des paradoxes par sa somptuosité.