Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LE BLOG DE CYEK

Administration pénitentiaire : Lapiro, Etonde, Nguini Effa, P.E. Kingue… privés de soins

20 Septembre 2010, 00:06am

Publié par Etamè Kouoh (Le Messager)

lapiroEtondeNguini.pngDepuis le début de la semaine dernière, certains pensionnaires de la maison d’arrêt de Douala, plus précisément ceux de la Spéciale XVIII où séjournent Lapiro de Mbanga, Etonde Ekotto, Paul Eric Kingue, Jean Baptiste Nguini Effa…, sont interdits de sortie de cette prison. Alors qu’ils avaient jusque-là un laissez-passer signé chaque semaine par le régisseur pour leur permettre d’aller recevoir des soins médicaux appropriés, ces détenus-embastillés pour la plupart dans le cadre de l’Opération Epervier-, ont été désagréablement surpris de voir leurs dossiers estanpillés d’une fin de non recevoir de la part de Dieudonné Engongan Mintsang, le régisseur.

Approché hier, mercredi 15 septembre 2010, lors de la traditionnelle journée de visite aux prisonniers, un des pensionnaires de la Spéciale XVIII qui a requis l’anonymat témoigne : «Ça fait deux semaines que je ne vois plus mon médecin alors que nous avons rendez-vous chaque semaine et le régisseur le sait très bien. Il doit me consulter, me prescrire des médicaments. Poursuivant, il précise : «Je ne suis pas le seul dans ce cas. Tous les pensionnaires de la Spéciale XVIII sont concernés par cette interdiction de sortie. Je ne sais pas pourquoi nous sommes censurés par le régisseur alors que nous en avons le droit. Nos vies sont en danger car tout peut arriver à tout moment et on dira que je suis mort de Sida comme Bibi Ngota. Il est encore temps de nous sauver, surtout que beaucoup parmi nous ne supportent pas les mauvaises conditions carcérales.

Atteinte aux droits de l’Homme

Notre interlocuteur et nombre d’autres de ses co-détenus interrogés disent avoir suivi la procédure habituelle, inhérente à la délivrance d’un permis de sortie. «Dès qu’un prisonnier est malade, il est consulté à l’infirmerie de l’hôpital. Si c’est un cas de spécialité qui n’est pas au niveau du médecin, il en informe le régisseur qui prend toutes les mesures nécessaires. Le régisseur est le seul à délivrer un permis de sortie pour se faire soigner à l’extérieur et il refuse de le faire sans donner une raison valable», confie un gardien de prison sous anonymat.

Dans l’impossibilité de rencontrer le régisseur annoncé en séance de travail, un responsable de son cabinet confirme ce qui était jusque-là considéré comme une rumeur et parle de dispositions pratiques : «Il y a beaucoup de choses que le régisseur voudrait tirer au clair avant que la situation se normalise. Elle ne saurait durer. Ce sont de grandes personnalités qui sont internées à la Spéciale XVIII. Vous comprenez ce que cela implique comme enjeu si l’un d’eux venait à y trouver la mort».

Entre consultations en ophtalmologie, cardiologie, dermatologie, gastro-entérologie, oto-rhino-laryngologie et médecine générale, les problèmes de santé de ces «prisonniers de luxe» restent à être comblés par une pharmacie vide et quasi-inopérationnelle, une salle de consultation dénuée de tout appareil de spécialité, et un personnel de santé réduit aux taches de routine. A l’instar des prisonniers de la Spéciale XVIII, leurs collègues des autres quartiers broient également du noir. Une situation qui pourrait expliquer les mutineries et évasions à répétition enregistrées dans cette maison d’arrêt. Comme celle de la nuit du lundi 13 à mardi 14 septembre 2010.

Commenter cet article