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LE BLOG DE CYEK

Cameroun : Issa Tchiroma fustige la presse étrangère

29 Janvier 2016, 16:35pm

Publié par Cyrille Ekwalla

Cameroun : Issa Tchiroma fustige la presse étrangère

Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement camerounais a reçu la presse nationale de son pays ce vendredi afin de réagir à des accusations portées par l'antenne nigériane de l'Associated press au sujet d'exactions supposément commises par l'armée camerounaise en terre nigériane, dans sa lutte effrénée contre les terroristes de Boko Haram.

Au moment où le traumatisme se fait grandissant au sein des populations camerounaises dans la région de l'Extrême-mord en raison de la multitude et de la fréquence des attentats-suicides (57 morts depuis seulement le 13 janvier 2016), les autorités camerounaises, par la voix de M. Issa Tchiroma, estiment ces accusations infondées et s'interrogent sur les objectifs "cachés et inavoués" de ce type d'informations.

Voici l'intégralité de la déclaration du porte-parole du gouvernement camerounais.

« Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à cette rencontre à laquelle je vous ai conviée, pour vous entretenir sur l’acharnement dont nos Forces de Défense et de Sécurité sont victimes de la part de certains médias étrangers et en particulier, d’une agence de presse internationale, au sujet de prétendues exactions que les militaires camerounais, sous le prétexte du combat qu’elle mènent contre la horde criminelle « Boko Haram », auraient pris l’habitude d’exercer sur des populations civiles en territoire nigérian.

De fait, l’agence de presse « Associated Press » par la voix de son antenne nigériane, a une de fois de plus cru bon de s’appuyer sur les témoignages d’un personnage présenté comme le vice-chef d’un comité de vigilance côté nigérian – un certain Muhammad Abba – lui-même affirmant ne tenir ces allégations que d’une source l’ayant contacté par téléphone, pour mettre en accusation l’Armée camerounaise dans ce qu’elle considère comme des tueries massives de civils nigérian , des pillages et des incendies de villages entiers et même, plus grave encore, de vulgaires vols de bétail et autres extorsions de biens.

Ces allégations sont ensuite allègrement reprises par des sites d’informations et par quelques médias étrangers, pour tenter de leur donner une résonnance à l’échelle mondiale, et espérer freiner ainsi l’élan victorieux de l’Armée camerounaise sur Boko Haram.

Une fois de plus, le Gouvernement camerounais rejette en bloc ces accusations.

Une fois de plus, le Gouvernement camerounais rappelle que les opérations militaires effectuées en territoire nigérian dans la zone décrite par ces médias, sont le fait du secteur militaire n°1 de la Force Mixte Multinationale appuyée en cela par les forces des opérations Alpha 1 et Emergence 4, et qu’elles se font toujours en parfaite synergie avec le commandement militaire nigérian.

Nous rappelons aussi que les Forces de Défense camerounaises sont des unités militaires professionnelles et qu’en tant que telles, les hommes et les femmes qui les composent bénéficient d’une solide formation en matière de respect des droits humains dans les actions qu’ils mènent au quotidien.

Ce sens du respect des droits humains de même que les remarquables capacités militaires de l’Armée camerounaise, lui ont toujours valu le respect et la satisfaction de la communauté internationale, comme en témoignent ses participations réussies aux différents contingents de maintien de la paix placés sous l’égide de l’ONU ou de l’Union Africaine, pour ne citer que celles- là.

Parlant des opérations menées par l’Armée camerounaise dans la lutte contre Boko Haram, de nombreux médias venus du monde entier affluent au quotidien sur le terrain des combats, pour effectuer des reportages qui sont ensuite relayés selon le cas, dans leurs colonnes ou sur leurs antennes.

Ces médias, sur lesquels le Cameroun n’exerce pourtant aucun pouvoir ni aucune influence, ont-ils jamais été témoins de situations d’exactions prétendument perpétrées par nos soldats ?

Au contraire, une comparaison entre les opérations menées ces deux dernières semaines par nos Forces de Défense et de Sécurité et les pires atrocités commises par la horde criminelle Boko Haram, montre à suffisance ce professionnalisme de l’Armée camerounaise.

En effet notre Armée, qui est une force régulière à l’opposé des terroristes de Boko Haram, fait usage des tactiques homologuées par les conventions internationales en matière de conflits armés, et garde la main pour que ce faisant, les pertes en vies humaines et autres dégâts collatéraux au niveau des populations civiles, soient, à défaut d’être inexistantes, à tout le moins réduites à une portion congrue.

Le professionnalisme de l’Armée camerounaise dont nous parlons ici n’est donc pas un simple slogan.

Notre Armée l’a encore démontré tout récemment, alors qu’elle était attaquée par une bande de délinquants sur le camp du 26ème Bataillon d’Infanterie Motorisée de Wum dans la région du Nord-ouest. Complètement déchaînés et devenus quasiment hystériques, ces délinquants qui tiraient prétexte de ce qu’une personne avait trouvé la mort dans une rixe l’opposant à un militaire, ont décidé de prendre d’assaut le casernement militaire, cassant et brûlant tout sur leur passage, y compris du matériel militaire.

L’on sait aujourd’hui que n’eût été le sens de discernement et de la mesure de notre Armée, cet incident se serait terminé dans un véritable bain de sang.

Pour sa part, Boko Haram n’est rien d’autre qu’une horde de barbares pour lesquels les droits humains, y compris ceux de l’enfant, n’ont aucun sens. Boko Haram utilise des personnes vulnérables tels que des enfants et de simples adolescents qu’elle transforme en bombes humaines, pour tuer sans vergogne ni remord de pauvres innocents, parmi lesquels des bébés assassinés sur le dos de leurs mères – elles-mêmes soufflées par des bombes à sous-munitions et réduites en miettes par ces engins de la mort pourtant proscrits par les conventions internationales en matière de guerre.

Au cours de mon précédent échange avec vous, j’avais déjà présenté le bilan macabre des pertes en vies humaines et en biens matériels subis par notre pays du fait de son agression par Boko Haram.

Je voudrais aujourd’hui simplement rappeler que depuis le 13 janvier 2016, soit en l’espace de 17 jours seulement, les attentats suicides perpétrés par Boko Haram ont déjà fait 57 morts et 70 blessés, tous de simples civils comprenant en outre femmes et enfants, soit 11 morts à Kouyapé le 13 janvier 2016, 5 à Nguetchewe le 18 janvier 2016, 37 à Bodo le 25 janvier 2016 et 4 à Kerawa il y a 24 heures seulement.

Alors que de tels faits parlent d’eux-mêmes et mettent en évidence la cruauté et de la violence aveugle d’un ennemi complètement déshumanisé, comment comprendre qu’une sauvagerie et une barbarie comme celles-là puissent être jugées d’égal à égal avec l’action d’une armée régulière qui elle, ne fait rien d’autre que de défendre un État souverain disposant du droit légitime à se protéger ?

Nous sommes donc en droit de questionner la légitimité et les véritables mobiles de nos procureurs de circonstance, tout simplement parce que, sur la base de simples ragots, colportés par des suppôts à peine masqués de Boko Haram, des organisations de la société civile, activistes bien connus en matière de droits de l’Homme, et même certains médias à la notoriété pourtant avérée, choisissent ainsi de décocher leurs flèches contre ceux-là qui pourtant, portent les valeurs civilisationnelles et mènent un combat juste et légitimes pour le triomphe de ces valeurs.

On peut dès lors se demander si un tel harcèlement procède du simple hasard.

On peut d’autant plus se le demander que les tirs des barrages médiatiques essuyés à l’heure actuelle par les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises, interviennent et s’intensifient au fur et à mesure de l’action portée par notre Armée, conjuguée à celle de la Force Mixte Multinationale et des offensives victorieuses que mènent l’Armée nigériane à l’intérieur de son territoire, tendent à réduire à sa plus simple expression Boko Haram, voire à lui porter l’estocade finale sur le terrain militaire.

Et c’est ainsi qu’il faut comprendre le changement de tactique parfaitement visible dans la stratégie de Boko Haram.

Face à l’hermétisme du rideau défensif imposé par l’Armée camerounaise, ces criminels impénitents sont désormais contraints à opter pour de lâches attaques kamikazes sur des populations civiles.

Nous voulons donc adresser ce message à ceux-là, qu’il ne serait plus exagéré de considérer comme de véritables officines de propagande au service de Boko Haram : le peuple camerounais est loin d’être dupe de la tentative de manipulation qu’elles sont en train d’opérer. Mais qu’elles sachent que leur vil stratagème est aujourd’hui démasqué et qu’il ne fera que renforcer l’unité et l’engagement du peuple camerounais aux côtés de son Chef, le Président de la République Son Excellence Paul BIYA, Chef des Armées.

Qu’elles sachent aussi que plus que jamais, fortes de ce soutien et de cet engagement, les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises iront jusqu’au bout de leur mission qui consiste à éradiquer à jamais le phénomène Boko Haram sur notre territoire; et que pour ce dessein à la fois juste et légitime, le Cameroun continuera de bénéficier de l’appui de ses nombreux amis du Cameroun et l’ensemble de la communauté internationale, en dépit de leur grossière tentative de distraction de cet engagement

Vous aussi, Mesdames, Messieurs les Journalistes, vous ne devez jamais faire la moindre place à cette entreprise de manipulation.

Cette responsabilité – celle de prêter main forte au combat que mène la Nation tout entière, votre Nation, celle dont vous faites partie intégrante – vous incombe au premier plan.

Vous le faites déjà si bien ; je vous demande simplement de continuer dans cette voie, de rester vigilants et d’une vigilance de tous les instants.

Je vous remercie de votre aimable attention. »

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