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LE BLOG DE CYEK

HENRI DIKONGUE…Dix ans après : l’artiste errant

19 Juillet 2016, 06:46am

Publié par Salle des Nouvelles CJC

Rien ne reflète et ne dévoile autant l’artiste, auteur-compositeur Henri Dikongué, que la chanson Diaspora, titre de ce nouvel album. Un instantané sonore de ce que la musique a apporté à Henri Dikongué depuis ses débuts jusqu’à ce jour. Même s’il se défend de ce que, cet album, le 5ème de sa carrière, n’est pas le plus personnel, il n’en demeure pas moins que Diaspora est le disque qui découvre le mieux l’artiste Henri Dikongué. Sa poétique musicale y est plus que jamais perceptible.

Indépendant, cet artiste n’a jamais voulu s’enfermer dans des carcans ou être confiné dans un style musical particulier, dans une catégorie particulière. Par contre, l’industrie musicale des années 90 en France en raffole. À la sortie de son 1er album « Wa » en 1995, Henri Dikongué est « classé » : artiste folk. Le public découvre et apprécie cet artiste qui remet au goût du jour des textes de qualité portés par des mélodies enivrantes et obsédantes. Les comparaisons vont de Pierre Akendengue à Lokua Kanza en passant par Ismaël Lô.

Le succès qui naît de ce 1er album est confirmé et amplifié à la parution en 1997, du 2nd album, « C’est la vie ». Henri Dikongué, rentre définitivement dans la cour des grands artistes africains, que l’industrie dite de la « world music » promeut. Mais est-ce vraiment ce que « veut » l’artiste ?

Au Cameroun, son pays natal qu’il a quitté une décennie plus tôt, c’est l’euphorie. Pour ses compatriotes, Henri Dikongué est de la lignée des grands poètes-guitaristes Françis Bebey, Eboa Lottin, Charles Ewanjè… Aussi lorsqu’il débarque en 1998, le public et les mélomanes voient en lui l’héritier musical de ces icônes. Adulé par le public, apprécié par la critique et respecté par ses pairs, il est au pinacle.

Force est de reconnaître que face au brouhaha sonore ambiant dans lequel est plongée la musique camerounaise populaire, la venue du mélodiste Henri Dikongué apporte une accalmie. L’esthétique de sa musicalité est presqu’une renaissance. Les amateurs réapprennent à écouter de « la bonne musique », les amoureux des textes bien écrits, de la chanson épurée, belle et simple, se réjouissent.

Au début des années 2000, Henri Dikongué fera paraître deux autres albums « N’oublie jamais » (2000) et « Biso na wa » (2005). La réaction des critiques sera mitigée et ressemblera à celle de son public. C’est à croire que ce dernier ne se retrouve pas dans les nouvelles productions de « son » artiste. Il faut le dire, Henri Dikongué, change radicalement de direction musicale. Le côté épuré, acoustique, organique, qu’on lui connaît a laissé la place à des sons plus électriques voire mécaniques, des arrangements plus complexes, des harmonies laborieuses…En un mot, le poète-guitariste se fait « chanteur pop ».

Dix ans plus tard, l’industrie musicale a changé, l’artiste Henri Dikongué aussi.

L’auteur du hit mondial « C’est la vie » nous revient ici dans l’album « Diaspora », plus mature, plus serein et assumant entièrement sa « nouvelle vision artistique ». Auteur-compositeur de la dizaine de titres qui constituent ce 5ème album, Henri Dikongué en assure aussi la réalisation entière.

Le voyage sonore dans l’univers musical de Henri Dikongué emmène le mélomane des confins de la bossa nova (Bekusedi) et de la biguine (Souffrir d’aimer; co-écrit avec Cathy Renoir) au makossa (Kaba Ngondo, une reprise, dans un style plus rythmé de « Mabola », une chanson du camerounais Charles Lembé ). On y retrouve aussi des pièces aux sonorités jazzy-rock (Mulatako, Spirit to Arno). Pour les heureux nostalgiques des premières œuvres musicales de Henri Dikongué, ils n’ont pas été oubliés. Les titres Seul, Artiste, To na tè nde misea sont gravés pour le rappel. On ne se lasse pas de ces harmonies « dikonguiennes », entre linéarités et ruptures, accentuées par les envolées lyriques si particulières du chanteur, qui précèdent les susurrements, les chuchotements…

La surprise du « chef » est le titre Diaspora. Dans un tourbillon de sonorités diverses, magnifiquement harmonisées, une voix-Afrique, celle de Laurence, compagne de Henri, vous émeut face au cri de détresse, mais aussi empli d’espoir, de ce continent, terre-mère Afrique, qui s’adresse à ses enfants, partis il y a bien longtemps.

Retiré des scènes et des studios pendant près d’une décennie, Henri Dikongué revient avec un album vrai, qui lui ressemble tel qu’il est aujourd’hui. Fidèle à sa tradition musicale, mais aussi riche de ses expériences diverses et, attentif à l’air du temps.

Cyrille Ekwalla

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La Jeune Chambre de Commerce Camerounaise de Montréal sort de l'ombre

16 Juin 2016, 08:45am

Publié par CYEK

La Jeune Chambre de Commerce Camerounaise de Montréal sort de l'ombre

" J'étais fatigué de voir des jeunes qui débarquent de l'avion, viennent ici et envoient entre 400 et 500 CV, sans jamais obtenir de rendez-vous". Ces mots sont de Pierre Marc Ngamaleu, jeune camerounais installé à Montréalais, qui devant cet état de fait et la frustration causée, décide de créer en 2011 la Jeune Chambre de Commerce Camerounaise de Montréal et du Canada (JCCCAM).

Cinq ans après cette création, cette chambre sort enfin de l'ombre - "ou des coulisses" pour reprendre l'expression de son président. Inscrite comme membre du Regroupement des Jeunes Chambres de commerce du Québec, la JCCAM est toutefois restée ignorée de la plupart des principaux concernés - les entrepreneurs et professionnels camerounais de Montréal; certains allant même l'assimiler "...à une entreprise individuelle".

Cette image de discrétion et de cloisonnement est rejetée par Pierre-Marc Ngamaleu, qui outre la fonction de Directeur de la Chambre, occupe aussi celle de Président deu Conseil d'Administration. Pour lui, la priorité n'était pas la médiatisation, mais plutôt " jeter et consolider les bases, faire connaître la Chambre auprès des institutions, travailler au plus près des entrepreneurs".

À la question de savoir pourquoi la JCCAM se décide à "sortir de l'ombre" , la réponse de Pierre Marc Ngamaleu est simple : les entrepreneurs camerouno-canadiens ont jusqu'ici travaillé ardemment dans l'ombre et il est temps de reconnaître leur apport à l'épanouissement de la communauté camerounaise toute entière, mais aussi leur apport à la richesse du Québec et du Canada. D'autre part, il faut montrer l'exemple.

Pour ce faire, la JCCAM organise le premier Gala de son histoire, baptisé " Gala Talents et Innovations" le 18 juin 2016 à Montréal où seront récompensés 10 entrepreneurs/professionnels issus de sept catégories.

 

Les Nominés du Gala Talents & Innovations 2016

1. Catégorie Entrepreneur Talentueux

CPA Alliance : M. Guy Valery Teinche - PDG

Radio Kilimandjaro : M. Chris Romeo Youdje - Initiateur

Tout Va Bien Expert-conseil Inc, : M. Maurice Tchio - Directeur Général

Pharmacie Géraldine Ngassa : Mme Géraldine Ngassa Happi -Pharmacienne Propriétaire

Altel-télécom : M. Boukar Ndobella Ousman - Directeur Général

 

2. Catégorie Entreprise Innovante

Cabinet Dentaire Dre Balla :Dre Balla Marie Madeleine - Propriétaire

Garage La Persévérance : M. Eken Douglas - Directeur Général

Laforme Transport : M. Eric Talla - Directeur Général

Merlain Canada : M. Idriss Merlain Kamgang - Directeur Général

Groupe Foyo – CamerHouse : M. Ludovic Martial Foyo - Directeur Général

 

3. Catégorie Leader Politique Emergent

M. Jean Marie Floriant Ndzana - Forces et Démocratie

Dr. Nanfah Gaston : RDPC Section Canada

 

4. Catégorie Organisme social qui s’est démarqué en coopérative

RPN Retour au Pays Natal : M. David Cheuffa , Président du CA

Leader Montreal : M. Joseph Keubiwoua - Président

La passerelle IDÉ : Mme Leonie Tchatat - Fondatrice & Présidente

 

5. Catégorie Organisme qui renforce coopération Cameroun-Canada

CAD Industrie : M.Pierre Tremblay

Distribution Laurent Leblanc Inc : Mme Annie Leblanc

 

6. Catégorie Professionnels de l'année:

A. Financier

M. Charles Mba

Mme Cossiguine Koutsop Nguekeng

Mme Alliance Chantale Tietchop Meinkeu

B. Juriste

Me Hervé Penda

Me Sheena Ngalle Miamo

Me Mariama Sy Savane

Me James Ebongue

C. Leadership Communautaire

Commandant Blaise Mounga

M. Serge Tapie

M. Norbert Djabome

D. Santé

Dr. Valentin Mbekou

Mme Françoise Kengne

Dr Adolphe Fotso

E. Éducation

Dr. Gaston Nanfah

Mme Nicole Tembe

M. Bernard Tionjo

 

7. Catégorie Artiste talentueux

Miv-Yv, la grande Royale

Missy BK,

 

 

 

 

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L'affaire Monique Koumateke : un marqueur pour l'Histoire social du Cameroun

29 Mars 2016, 14:45pm

Publié par Mohamadou Houmfa

L'affaire Monique Koumateke : un marqueur pour l'Histoire social du Cameroun

L'Histoire retiendra que c'était un samedi 12 mars 2016. Les Camerounais découvraient, pétrifiés, l'une leurs compatriotes; fendue à la lame. Eventrée. Comme une bête. Sur le sol, devant la porte close d'une salle d'hôpital. Et pas n'importe lequel : l'hôpital Laquinitinie, l'un des meilleurs du pays. Dans un geste fou mais désespéré mais de bonne foi, une dame du nom de Tacke Rose, chirurgienne d'un jour, ouvrait le ventre de la défunte Monique Koumatekel pour y extraire des bébés qu'elle, ainsi qu'un morguier de l'hôpital, avait des raisons de croire en vie. Entourée par des proches de la défunte et des curieux, Tacke Rose réalisa sa "chirurgie" sous l'oeil de quelques caméras de téléphones.
 

L'Histoire retiendra que nous étions en plein 21e siècle et que la population camerounaise était en majorité constituée d'une "génération android" selon l'expression du président Biya. Une "génération android" dont les smartphones étaient devenus un instrument provilegié de communication. Ce jour-là, ce sont les smarphones qui permirent de capturer l'horrible scène qui circula de téléphones en téléphones, se retrouva sur les réseaux sociaux et suscita une déferlante d'indignation dans le pays et dans le monde. Comment en ce 21e siècle pouvait-on mourir dans un hôpital par défaut d'argent ? Comment des personnels qui avaient prêté le serment d'Hippocrate pouvaient-ils laisser mourir l'une de leurs compatriotes de cette façon ? Avant même d'avoir toute l'explication sur le drame, ces questions ont enflammé les espaces de discussions.

Surprises par cette déferlante d'indignation, les autorités condamnèrent la désinformation des réseaux sociaux. Peu habituées aux situations de crise dans un pays réputé pour le calme sinon l'indolence de ses citoyens, les autorités engagèrent, dans un vrai cafouillage, une communication en présentant une version aux détails parfois invraisembables. Dame Monique serait morte 4 heures avant d'arriver dans cet hôpital. Mais l'on ne sait pas où. Son décès aurait été constaté à l'hôpital de Nylon mais la famille décida d'aller extraire les foetus à l'hôpital Laquinitnie. Le corps de la défunte fut alors embarqué dans la malle-arrière d'un taxi. Arrive à Laquintinie, des infirmières auraient constate le décès de Dame Monique et il fut recommandé que son corps soit deposé à la morgue. C'est, en exécutant cette recommandation, que le morguier aurait remarqué qu'il y avait des mouvements dans le ventre de la défunte. De retour à la maternité, les infirmières refusèrent de s'étendre davantage sur le cas de dame Koumatekel. Le seul médecin présent, un étudiant de 7e année, étant occupé avec un autre malade, les portes de la maternité se refermèrent sur la famille. Et la chirurgie de circonstance débuta. Outre la diffusion de cette version de l'histoire et, dans une enième maladresse, les autorités placèrent le morguier et Tacke Rose en détention provisoire alors même que le vent de l'indignation soufflait de plus en plus fort sur les réseaux sociaux et dans la ville de Douala. Ils ne furent que remis en liberté provisoire plus tard sans doute sur des recommandations des personnes soucieuses d'éviter un embrasement social. L'opinion ayant pris fait et cause pour ceux-ci qui ont tenté de sauver les vies des bébés. L'image de Tacke Rose, le regard vidé par la douleur, implorant le ciel, avec des morts-nés dans sa main acheva de convaincre de sa bonne foi. Il fallait donc chercher des explications.

Comment a-t-on pu transporter un corps raide dans la malle-arrière d'un taxi ? Le sang d'une personne décédée peut-elle aussi rouge et est abondamment liquide comme l'ont montré les images de la défunte ? Les médecins ont-ils vraiment constaté le décès et établit des certificats de genre de mort pour expliquer ce qui avait provoqué le décès de Dame Monique ? Pourquoi n'a-t-on pas essayé au moins d'extraire les foetus même si médicalement les chances de survie étaient minces ? Était-il de la responsabilité de la famille de s'occuper du corps à l'intérieur de l'hôpital ?
À ces questions que les Camerounais se posent toujours, les autorités trouveront des réponses bien ciselées pour en faire un récit compact qui servira de version officielle et définitive. Elles qui ont l'habitude d'ouvrir des enquêtes qui, quand elles aboutissent, se contentent d'épingler des boucs-émissaires. Habituées à noyer ce type d'affaires, elles achèteront sans doute le silence de la famille. Il suffira de financer des obsèques et d'offrir quelques généreuses enveloppes et le tour sera joué. Qui parle encore de la mort de Djomo Pokam, tué en pleine capitale en 2007 dans un hôtel de luxe ? Qui parle encore du bébé de Vanessa Tchatchou ? Que dit la famille de Guerandi Mbara, disparu depuis plus de 2 ans ? Comme toujours, le régime de Yaoundé compte sur l'usure de l'opinion publique et le silence de la famille. Sauf que, l'affaire Monique Koumatekel n'est pas un banal fait divers que l'Histoire va enterrer aussi vite. Sa puissance symbolique réside sur le visage hideux qui se reflète dans le miroir de notre société. Ou plutôt, de notre mal-être social.

L'onde de choc est immense. Mais surtout, le ressentiment suscité par l'affaire n'est pas tant lié à la personne de feu Monique Koumatekel mais au délitement de l'appareil sanitaire de notre pays. Dans nos hôpitaux où l'on est sensé donner et sauver la vie, l'argent passe désormais avant la vie. Comme l'Histoire à ses ironies, un coup dur sort aura fait signé au ministre de la Santé publique, le 26 février 2016, soit environ deux semaines avant l'affaire Koumatekel Monique, une lettre circulaire dans laquelle on peut lire : « Il me revient que de nombreux patients amenés par leur famille dans le cadre des urgences médicales et/ou chirurgicales sont délaissés et ne bénéficient d’aucune prise en charge tant qu’un paiement n’est pas effectué...» La résonance de ces mots est de loin plus forte que toute la conférence de presse qu'il a donné au soir du drame pour dégager la responsabilité du personnel de l'hôpital Laquintinie.
 

En effet, nos hôpitaux ont été contaminés par les virus de la vénalité et de la corruption. On paye pour avoir un certificat médical même sans voir un médecin. On monnaye pour avoir de meilleurs soins. On paye pour avoir l'attention des gardes-malades. On paye pour sa sécurité, pour éviter qu'un nouveau-né ne soit volé ou que les organes d'un proche ne soient volés à la morgue. Et donc, qui ne payent pas s'expose au hasard du sort. Les hôpitaux publics, où les soins sont sensés être moins coûteux, sont progressivement délaissés par les personnels les mieux formés et plus expérimentés. Ils préfèrent investir leurs talents dans les cliniques privées, plus lucratives.

Il ne faut cependant pas s'arrêter à ce tableau, quoique assez sombre pour être preoccupant. Ce serait trop facile de s'en prendre uniquement aux personnels sanitaires. Ils sont, eux aussi, victimes d'une mal gouvernance systémique qui n'épargne pas leur secteur. En amont, il y a des fraudes et le favoritisme dans certaines écoles de médecine. Ensuite, les médecins sont mal payés et ne bénéficient pas des bonnes conditions de travail. Certains manquent parfois jusqu'au matériel de travail pendant que des allocations sont detournées depuis le sommet. La presse relaie assez souvent les cas d'hôpitaux qui manquent d'eau potable par exemple. On n'oublie pas les problèmes de d'énergie électrique qui touchent aussi bien les structures sanitaires. La débrouille devient donc plus structurelle que circonstancielle. Voilà pourquoi les "élites" ainsi que leurs familles sollicitent régulièrement des évacuations sanitaires dès les premières céphalées. Ils se rendent en Europe ou ailleurs, pays et continents dans lesquels, de nombreux médecins camerounais, dont certains sont formés grâce à des bourses de l'État du Cameroun, se sont installés pour avoir de meilleures conditions de vie et de travail. Ce sont là les ferments de l'indignation collective suscitée par l'affaire Monique Koumatekel. "Nous sommes tous des Monique" pouvait-on lire sur plusieurs pancartes.
 

Oui, les crises sociales authentiques n'ont pas besoin d'instigateurs politiques. Elles cherchent juste une étincelle pour s'allumer. D'autant plus qu'elles trouvent un terrain fertile, préparé par une accumulation de frustrations. L'affaire Monique Koumatekel est juste un déclencheur. Les politiques peuvent surfer sur la vague d'émotion populaire autour de l'affaire mais le socle de cette crise - qui ne débouchera probablement pas sur une révolution - réside dans le ras-le-bol populaire contre le fonctionnement de notre système de santé et contre la gouvernance du Cameroun en général. L'affaire Monique Koumatekel est un marqueur dans l'histoire sociale de ce Cameroun lessivé par 33 ans du régime Biya. Elle n'aura simplement fait que cristalliser un malaise social qui couve sous les apparences atones du peuple camerounais qui, au nom de la "paix", a presque tout concédé au pouvoir de Yaoundé. Mais, les autorités camerounaises doivent se garder de jouer sur l'usure du peuple et sur le renoncement de la famille à qui Monique n'appartient plus. Observant la mobilisation sur les réseaux sociaux et sur le terrain, les prises de position de la classe politique, des évêques et les manifestations au Cameroun et dans la diaspora; les autorités doivent interpréter le cri puissant poussé par ces Camerounais quasiment acculés dans leur dernier retranchement. Le cri est trop puissant, il exprime un violent désir de changement, non seulement du système sanitaire au Cameroun mais du système gouvernant tout court. La société revendique de l'oxygène. Le désir de changement est de plus en plus vital.

(c) Mohamadou Houmfa

 

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Cameroun : Issa Tchiroma fustige la presse étrangère

29 Janvier 2016, 16:35pm

Publié par Cyrille Ekwalla

Cameroun : Issa Tchiroma fustige la presse étrangère

Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement camerounais a reçu la presse nationale de son pays ce vendredi afin de réagir à des accusations portées par l'antenne nigériane de l'Associated press au sujet d'exactions supposément commises par l'armée camerounaise en terre nigériane, dans sa lutte effrénée contre les terroristes de Boko Haram.

Au moment où le traumatisme se fait grandissant au sein des populations camerounaises dans la région de l'Extrême-mord en raison de la multitude et de la fréquence des attentats-suicides (57 morts depuis seulement le 13 janvier 2016), les autorités camerounaises, par la voix de M. Issa Tchiroma, estiment ces accusations infondées et s'interrogent sur les objectifs "cachés et inavoués" de ce type d'informations.

Voici l'intégralité de la déclaration du porte-parole du gouvernement camerounais.

« Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à cette rencontre à laquelle je vous ai conviée, pour vous entretenir sur l’acharnement dont nos Forces de Défense et de Sécurité sont victimes de la part de certains médias étrangers et en particulier, d’une agence de presse internationale, au sujet de prétendues exactions que les militaires camerounais, sous le prétexte du combat qu’elle mènent contre la horde criminelle « Boko Haram », auraient pris l’habitude d’exercer sur des populations civiles en territoire nigérian.

De fait, l’agence de presse « Associated Press » par la voix de son antenne nigériane, a une de fois de plus cru bon de s’appuyer sur les témoignages d’un personnage présenté comme le vice-chef d’un comité de vigilance côté nigérian – un certain Muhammad Abba – lui-même affirmant ne tenir ces allégations que d’une source l’ayant contacté par téléphone, pour mettre en accusation l’Armée camerounaise dans ce qu’elle considère comme des tueries massives de civils nigérian , des pillages et des incendies de villages entiers et même, plus grave encore, de vulgaires vols de bétail et autres extorsions de biens.

Ces allégations sont ensuite allègrement reprises par des sites d’informations et par quelques médias étrangers, pour tenter de leur donner une résonnance à l’échelle mondiale, et espérer freiner ainsi l’élan victorieux de l’Armée camerounaise sur Boko Haram.

Une fois de plus, le Gouvernement camerounais rejette en bloc ces accusations.

Une fois de plus, le Gouvernement camerounais rappelle que les opérations militaires effectuées en territoire nigérian dans la zone décrite par ces médias, sont le fait du secteur militaire n°1 de la Force Mixte Multinationale appuyée en cela par les forces des opérations Alpha 1 et Emergence 4, et qu’elles se font toujours en parfaite synergie avec le commandement militaire nigérian.

Nous rappelons aussi que les Forces de Défense camerounaises sont des unités militaires professionnelles et qu’en tant que telles, les hommes et les femmes qui les composent bénéficient d’une solide formation en matière de respect des droits humains dans les actions qu’ils mènent au quotidien.

Ce sens du respect des droits humains de même que les remarquables capacités militaires de l’Armée camerounaise, lui ont toujours valu le respect et la satisfaction de la communauté internationale, comme en témoignent ses participations réussies aux différents contingents de maintien de la paix placés sous l’égide de l’ONU ou de l’Union Africaine, pour ne citer que celles- là.

Parlant des opérations menées par l’Armée camerounaise dans la lutte contre Boko Haram, de nombreux médias venus du monde entier affluent au quotidien sur le terrain des combats, pour effectuer des reportages qui sont ensuite relayés selon le cas, dans leurs colonnes ou sur leurs antennes.

Ces médias, sur lesquels le Cameroun n’exerce pourtant aucun pouvoir ni aucune influence, ont-ils jamais été témoins de situations d’exactions prétendument perpétrées par nos soldats ?

Au contraire, une comparaison entre les opérations menées ces deux dernières semaines par nos Forces de Défense et de Sécurité et les pires atrocités commises par la horde criminelle Boko Haram, montre à suffisance ce professionnalisme de l’Armée camerounaise.

En effet notre Armée, qui est une force régulière à l’opposé des terroristes de Boko Haram, fait usage des tactiques homologuées par les conventions internationales en matière de conflits armés, et garde la main pour que ce faisant, les pertes en vies humaines et autres dégâts collatéraux au niveau des populations civiles, soient, à défaut d’être inexistantes, à tout le moins réduites à une portion congrue.

Le professionnalisme de l’Armée camerounaise dont nous parlons ici n’est donc pas un simple slogan.

Notre Armée l’a encore démontré tout récemment, alors qu’elle était attaquée par une bande de délinquants sur le camp du 26ème Bataillon d’Infanterie Motorisée de Wum dans la région du Nord-ouest. Complètement déchaînés et devenus quasiment hystériques, ces délinquants qui tiraient prétexte de ce qu’une personne avait trouvé la mort dans une rixe l’opposant à un militaire, ont décidé de prendre d’assaut le casernement militaire, cassant et brûlant tout sur leur passage, y compris du matériel militaire.

L’on sait aujourd’hui que n’eût été le sens de discernement et de la mesure de notre Armée, cet incident se serait terminé dans un véritable bain de sang.

Pour sa part, Boko Haram n’est rien d’autre qu’une horde de barbares pour lesquels les droits humains, y compris ceux de l’enfant, n’ont aucun sens. Boko Haram utilise des personnes vulnérables tels que des enfants et de simples adolescents qu’elle transforme en bombes humaines, pour tuer sans vergogne ni remord de pauvres innocents, parmi lesquels des bébés assassinés sur le dos de leurs mères – elles-mêmes soufflées par des bombes à sous-munitions et réduites en miettes par ces engins de la mort pourtant proscrits par les conventions internationales en matière de guerre.

Au cours de mon précédent échange avec vous, j’avais déjà présenté le bilan macabre des pertes en vies humaines et en biens matériels subis par notre pays du fait de son agression par Boko Haram.

Je voudrais aujourd’hui simplement rappeler que depuis le 13 janvier 2016, soit en l’espace de 17 jours seulement, les attentats suicides perpétrés par Boko Haram ont déjà fait 57 morts et 70 blessés, tous de simples civils comprenant en outre femmes et enfants, soit 11 morts à Kouyapé le 13 janvier 2016, 5 à Nguetchewe le 18 janvier 2016, 37 à Bodo le 25 janvier 2016 et 4 à Kerawa il y a 24 heures seulement.

Alors que de tels faits parlent d’eux-mêmes et mettent en évidence la cruauté et de la violence aveugle d’un ennemi complètement déshumanisé, comment comprendre qu’une sauvagerie et une barbarie comme celles-là puissent être jugées d’égal à égal avec l’action d’une armée régulière qui elle, ne fait rien d’autre que de défendre un État souverain disposant du droit légitime à se protéger ?

Nous sommes donc en droit de questionner la légitimité et les véritables mobiles de nos procureurs de circonstance, tout simplement parce que, sur la base de simples ragots, colportés par des suppôts à peine masqués de Boko Haram, des organisations de la société civile, activistes bien connus en matière de droits de l’Homme, et même certains médias à la notoriété pourtant avérée, choisissent ainsi de décocher leurs flèches contre ceux-là qui pourtant, portent les valeurs civilisationnelles et mènent un combat juste et légitimes pour le triomphe de ces valeurs.

On peut dès lors se demander si un tel harcèlement procède du simple hasard.

On peut d’autant plus se le demander que les tirs des barrages médiatiques essuyés à l’heure actuelle par les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises, interviennent et s’intensifient au fur et à mesure de l’action portée par notre Armée, conjuguée à celle de la Force Mixte Multinationale et des offensives victorieuses que mènent l’Armée nigériane à l’intérieur de son territoire, tendent à réduire à sa plus simple expression Boko Haram, voire à lui porter l’estocade finale sur le terrain militaire.

Et c’est ainsi qu’il faut comprendre le changement de tactique parfaitement visible dans la stratégie de Boko Haram.

Face à l’hermétisme du rideau défensif imposé par l’Armée camerounaise, ces criminels impénitents sont désormais contraints à opter pour de lâches attaques kamikazes sur des populations civiles.

Nous voulons donc adresser ce message à ceux-là, qu’il ne serait plus exagéré de considérer comme de véritables officines de propagande au service de Boko Haram : le peuple camerounais est loin d’être dupe de la tentative de manipulation qu’elles sont en train d’opérer. Mais qu’elles sachent que leur vil stratagème est aujourd’hui démasqué et qu’il ne fera que renforcer l’unité et l’engagement du peuple camerounais aux côtés de son Chef, le Président de la République Son Excellence Paul BIYA, Chef des Armées.

Qu’elles sachent aussi que plus que jamais, fortes de ce soutien et de cet engagement, les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises iront jusqu’au bout de leur mission qui consiste à éradiquer à jamais le phénomène Boko Haram sur notre territoire; et que pour ce dessein à la fois juste et légitime, le Cameroun continuera de bénéficier de l’appui de ses nombreux amis du Cameroun et l’ensemble de la communauté internationale, en dépit de leur grossière tentative de distraction de cet engagement

Vous aussi, Mesdames, Messieurs les Journalistes, vous ne devez jamais faire la moindre place à cette entreprise de manipulation.

Cette responsabilité – celle de prêter main forte au combat que mène la Nation tout entière, votre Nation, celle dont vous faites partie intégrante – vous incombe au premier plan.

Vous le faites déjà si bien ; je vous demande simplement de continuer dans cette voie, de rester vigilants et d’une vigilance de tous les instants.

Je vous remercie de votre aimable attention. »

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Canada : Qui veut la mort de l’Association des Camerounais du Canada ?

2 Novembre 2015, 21:44pm

Publié par Cyrille Ekwalla

Canada : Qui veut la mort de l’Association des Camerounais du Canada ?

J’ai hésité avant de rédiger cette tribune, qui tient plus d’un plaidoyer. Et puis, ayant pesé les avantages et les désavantages de cet acte, il m’est apparu que la prise de parole valait mieux que le silence.

Dans une dizaine de jours, le regroupement associatif des camerounais de Montréal, connu sous l’appellation ACC (Association des Camerounais du Canada), doit se doter d’un nouvel exécutif. L’intermède Guy Epassy, du nom de celui qui aura tenu le fort tout seul et tant bien que mal, sera tourné. Il faut toutefois lui reconnaître un mérite; celui d’avoir maintenu le nom « ACC » à flot; tant l’hypocrisie et/ou le lâchage de celles et ceux qui l’ont sorti du chapeau magique, il y a deux, au moment de la crise, a été criard. Pour être tout à fait juste, force est de constater qu’il y a parfois prêté le flanc. Néanmoins, il fallait sauver le bateau « ACC » et ce fut lui, à son corps consentant, qui se dévoua (d’autres diront « se sacrifia »). Sans équipe, sans moyens, il aura essayé, parfois avec des ratés, souvent avec des succès, à faire vivre l’ACC au sein d’une communauté qui s’en est totalement détachée. Un désintéressement survenu après la crise de succession, née du refus de l’ancien président de lâcher la bride.

Alors, dans quelques jours, il y aura une élection. Pour partir sur de nouvelles bases ? On devrait s’en réjouir. Et pourtant ce n’est pas le cas.

Et ce ne le sera pas, tant que celles et ceux, qui ont été contraints de s’en aller par la porte de derrière, reviennent par la fenêtre de la cuisine. Soit directement, soit par des femmes ou des hommes-liges.

Pourquoi reviennent-ils ? Quels sont leurs objectifs ? Qu’ont-ils à proposer ? Que nul ne se méprenne sur mes propos. Au-delà des personnes, je voudrais parler des objectifs, de la vision, de l’intérêt collectif. Engageons à quelques jours de cette élection, un débat de fond.

Quelle ACC ? Pourquoi ? Pour qui ? Et pour quoi faire ?

L’Association des Camerounais(es) du Canada a été pensée par ses fondateurs comme le forum qui permettrait aux filles et fils du Char des dieux, vivant au Canada (et plus précisément à Montréal) de se retrouver pour faciliter l’intégration dans le pays d’accueil et garder le Vert-Rouge-Jaune dans les cœurs et les esprits en en faisant la promotion de ses valeurs identitaires.

Il ne peut exister mission plus noble que celle-là. Dire que cela n’a pas été fait serait injuste. Malheureusement, comme dit le dicton, « là où il y a des hommes, il y a des hommeries » et nous, nous ajouterons : « là où il y a des camerounais, il y a des camerouniaiseries ». Et ce sont ces dernières qui ont été la cause principale de la crise connue par l’ACC, il y a deux ans.

Quelles en ont été les conséquences les plus graves ?

  • Une désaffection sans commune mesure, de nombreux camerounaises et camerounais du Canada, envers leur association
  • Une montée en puissance des regroupements tribaux et ethniques, sans pareille, accentuant les divisions au sein de la communauté.
  • Un morcellement et un éparpillement des groupes à caractère culturel ou socio-économique qui, pourtant, mis ensemble, auraient élevé la communauté et son image.
  • Une perte d’influence énorme de la communauté camerounaise au sein de la grande communauté africaines, immigrante et de la société d’accueil.

…pour ne citer que ces quelques points.

Et malheureusement, celles et ceux qui sont responsables, oeuvrent encore aujourd’hui en coulisses pour « (re)prendre l’ACC ». Ils ont le droit, comme tout camerounais résidant à Montréal et ses environs de briguer la présidence et l’administration de l’ACC, mais la question évidente est : sont-ils (ou elles) les hommes (ou les femmes) de la situation ? Dans l’intérêt de l’ACC et de sa survie, est-il approprié que ce soit encore eux qui manigancent pour diriger l’ACC ?

Et pourtant, la communauté camerounaise peut et doit être rassemblée. Riche en potentialités comme aucune autre, travailleuse, capable de solidarité, patriote, intégrée… elle ne demande et ne souhaite que cela. Cette mission, ce rôle est dévolu à l’ACC, pour peu qu’elle reprenne sa place. L’ACC a besoin de renaître. Et elle peut renaître.

Encore faudra-t-il que les uns et les autres, au-delà des discussions en comités restreints, acceptent la vérité et évitent de se voiler les yeux : L’ACC ne renaîtra et ne retrouvera son lustre, qu’avec un leadership nouveau, fédérateur, rassembleur, doté d’une vision et d’un projet clair, et pour finir, au service exclusif de la communauté, toute entière. Sans eexclusive.

En d’autres termes, cette « vieille maison » qui se doit d’être la maison commune de toutes les camerounaise et de tous les camerounais de Montréal et des envirions, doit être renouvelée de fond en comble. Un coup de « wash-wash » comme ce qui se trame en ce moment, ne réglera pas la situation. Sauf, bien évidemment, si cela arrange certains intérêts, motivés par des agendas qui ne concernent en rien, la communauté camerounaise. Je puis affirmer ici, que si cela est le chemin emprunté, l’ACC mourra de sa belle mort.

Que ceux qui sont en charge fassent preuve de responsabilité. La communauté camerounaise du Canada, quoiqu’on en pense, a besoin de l’ACC; et l’ACC a besoin des camerounaises et camerounais du Canada.

 

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Vues d’Afrique 2015 : un palmarès prévisible

4 Mai 2015, 13:03pm

Publié par CYEK

 Vues d’Afrique 2015 : un palmarès prévisible

Les lampions se sont éteints dimanche 3 mai 2015 en soirée sur la 31 ème édition du Festival International du cinéma africain et créole, plus connu sous le nom de Vues d’Afrique de Montréal.

En proposant 77 films (longs, moyens et courts) dans cinq catégories : Internationale longs métrages ( fiction et documentaires) , Afrique Connexion, Regards d’ici, Droits de la personne, Développement durable… en seulement cinq jours (contrairement à 7-10 auparavant), l’organisation de ce festival est en droit de se satisfaire du résultat global et de s’en réjouir.. Il va sans dire que ce n’était pas gagné d’avance.

La réduction drastique du budget liée à la conjoncture a longuement été évoquée tout le long du festival par sa Directrice Générale Géraldine Le Chêne, et il n’est sans doute par anodin que le choix de la marraine et du parrain de l’édition 2015 se soit porté sur Mme Amina Gerba et M. Pierre Boivin, tous deux issus du monde des affaires, et susceptibles d’attirer leurs consoeurs et confrères à soutenir le festival dans l’avenir. Vues d’Afrique en a grand besoin.

En ramenant le festival à cinq jours, il y avait un risque à ne pas rencontrer le public; ce que la responsable de la programmation Gisèle Kayembe a reconnu à demi-mot : programmer des films à 10h-11h du matin en semaine n’était sûrement pas la meilleure option. Toutefois, le public en soirée a semblé compenser le petit nombre d’irréductibles présents aux premières projections quotidiennes.

Ces difficultés n’ont toutefois pas eu d’effet notable sur la qualité de la programmation dans son ensemble. Comme à son habitude, l’on retrouvé de très bons films : Mörbyassa -Le serment de Koumba-, L'œil du cyclone (hors- compétition),  Danbé, la tête haute (avec Tatiana Rojo, dont nous avions déjà annoncé les grandes chances de gagner le prix d’interprétation)… mais aussi des films moyens comme Les rayures du zèbre. Quelques interrogations : présenter le film The Forgotten Kingdom en compétition alors qu’il a été programmé par un autre festival montréalais (Festival du Film Black de Montréal) en 2013 était-il adéquat ? Et en ce qui concerne la sous-catégorie « Séries » (Afrique Connection), la programmation de Vues d’Afrique devrait réfléchir à sa pertinence relativement au fait que grâce à l’Internet, l’accès aux télévisions africaines à travers le monde - où sont diffusées ces séries - est devenu banal.

Deux pays se sont fait remarqués par leurs productions (ou en co-productions): d’un part le Maroc notamment avec les films The Sea is behind, L’homme au chien, et d’autre part le Rwanda, en raison des nombreuses productions initiées pour la commémoration du génocide, 20 ans après; et qui ont été présentées au cours de ce festival. L’on retiendra de ces nombreux films que « le Rwanda est debout » pour reprendre l’expression de Sonia Rolland, réalisatrice du documentaire Le Rwanda, du chaos au miracle et qui s’est vu remettre le prix Cirteff pour saluer son œuvre, succédant ainsi à la comédienne Aïssa Maïga.

À la fin de chaque édition, il reste toujours une chose que la plupart des festivaliers retienne. Nul doute que pour l’édition 2015, ce sera le Dr. Denis Mukwegwe, ce médecin-gynécologue congolais qui « répare », « reconstruit » les femmes violées, torturées, abîmées par les canons de mitraillettes qui leur sont parfois enfoncées dans le sexe par les hordes de barbares qui sévissent, en toute impunité depuis des années  dans l’est du Kivu en RDC (Congo). Un homme s’est levé pour venir au secours de ces femmes, il se nomme Dr. Mukwege et ses accomplissements et son combat ont été présentés à travesr deux films : Congo, un médecin pour sauver les femmes de la sénégalaise Angèle Diabang et L’homme qui répare les femmes – la colère d’Hippocrate du belge Thierry Michel.

La 31ème édition de Vues d’Afrique aura donc réussi son pari de présenter encore une fois en Amérique du nord ce cinéma africain et créole, tantôt drôle, tantôt dramatique, où toujours se mêlent réalité et fiction; mais où surtout le misérabilisme qui a longtemps été la seule image tend à disparaître pour laisser , enfin voir, l’Afrique d’aujourd’hui, l’Afrique actuelle.

Le palmarès

Sélection internationale Fiction (prix offert par L’OIF

- Long-métrage : The Sea is Behind (Emirats Arabes-Unis / Maroc / France)  de Hicham Lasri

- Court-métrage : Moul Lkelb (L’homme au chien) (Maroc / France) de Kamal Lazraq.

- Mention spéciale : Ma manman d’lo  de Julien Silloray (France)

- Prix de la meilleure actrice (offert par la revue Notre Afrik) : Tatiana Rojo dans Danbé, la tête haute (France)

- Prix du meilleur acteur (offert par la revue Notre Afrik) : Malek Akhmiss  dans The Sea is Behind (Emirats Arabes-Unis / Maroc / France) 

Sélection internationale Documentaires

- Prix OIF : L’homme qui répare les femmes – la colère d’Hippocrate (Belgique) de Thierry Michel. - Mention spéciale est attribuée à Rwanda, la vie après- Paroles de mères (Belgique) de Benoît Dervaux et André Versaille

Afrique Connexion

- Prix OIF meilleur long-métrage : Victorieux ou morts, mais jamais prisonniers (Haïti) de Mario L. Delatour.

- Mention spéciale : Coupé ! Une histoire décalée de Toussaint Aka & Ossita Aneké.

- Prix OIF meilleur court-métrage : Action Figuration ! (Tunisie) de Bilel Bali.

- Mention spéciale :  Le rêve d’Awa (Sénégal) de Yancouba Dieme et Zéna Zeidan.

- Prix OIF meilleure série et feuilleton télé : Eh les hommes ! Eh les femmes ! (Burkina Faso) d’Apolline Traoré.

Regards d'ici

- Prix meilleure production indépendante : Histoire de la banque en Haïti (Canada) de Frantz Voltaire

- Prix de la Relève : Un jour à l’école (Burkina Faso / Canada) de Victor Ghizaru et Mikael Platon.

Droits de la personne

- Prix Droits de la personne (offert par le CIDIHCA) : L’homme qui répare les femmes – la colère d’Hippocrate (Belgique) de Thierry Michel.

- Mention spéciale : Congo, un médecin pour sauver les femmes (Sénégal / RDC / France) d’Angèle Diabang

Développement durable

- Prix Développement durable (offert par l’IFDD) : Avec presque rien (Madagascar) de Lova Nantenaina

- Mention spéciale : Action Afrique verte (Mali / France) d’Éric Rivot.

Tatiana Rojo

Tatiana Rojo

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X MALEYA : On attend l'Olympia de Montréal avec impatience

16 Mars 2015, 12:24pm

Publié par Georges Ngando

X MALEYA : On attend l'Olympia de Montréal avec impatience

Depuis leur triomphe à l'Olympia de Paris en septembre 2014, X Maleya (XM) composé de Roger Auguste et Haiss a gravi un échelon supplémentaire dans la sphère des musiques urbaines africaines. Numéro 1 au Cameroun, le trio de chanteurs-danseurs issu de Biyem Assi (un quartier de Yaoundé) est le symbole d'une jeunesse camerounaise ancrée dans son terroir et connecté avec le reste du monde.

Yelele, Je wanda, Tchokolo Son me, Bouge...sont autant de tubes de X Maleya qui font autant danser à Yaoundé, à Paris en passant par Abidjan ou Londres. Dans leur envol vers les sommets, leur arrêt à l'Olympia de Montréal le 4 avril prochain, à l'invitation de SPN Production, marque un tournant très important. "C'est la porte indispensable pour séduire l'Amérique du nord" a déclaré un membre de leur staff.

Au milieu de séances de répétition en vue de ce spectacle, X Maleya a pris quelques minutes s'entretenir avec nous.

Vous avez déclaré " ne rien calculé dans ce que vous faîtes.". Est-ce que ça veut dire que vous n'avez pas un plan de carrière ? Pas d’objectifs affichés ?

Il est clair qu'à chaque début de projet, nous avons des objectifs à atteindre après un certain temps. Nous orientons la réalisation de tout projet à des fins beaucoup plus globales que personnelles. À chaque fois que nous décidons de faire quelque chose, nous sollicitons l'éclairage divin. Nous ne réalisons pas forcément ce que nous voulons, mais Dieu décide de l'aboutissement ou non de ce dernier. Et quoi qu'il arrive, nous l'acceptons. C'est la raison pour laquelle nous disons que nous ne calculons rien

Donc, je comprends que vous avez des rêves. Quels sont les rêves de X Maleya ?

Oui, comme vous dites, nous en avons. Ce sont nos rêves et nous aimerions encore les entretenir. Car, après tout, c'est beau de rêver. C'est le rêve qui donne la force, qui fait pousser les ailes afin d'aller toujours plus loin.

Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons décidé de mettre sur pied notre propre label, XM MUSIC, afin de soutenir les jeunes qui rêvent et qui savent que pour réaliser leurs projets, il faudra travailler dur. Actuellement nous avons dans l' écurie le groupe Rythmz et le jeune Djibril. Et pour l'instant, tout va bien.

Parlons de votre tube " Son me ". Il parle de jalousie, de trahison, d'envie malsaine… Est-ce que X Maleya, avec son succès de plus en plus grand, commence à faire des aigris ?

Nous n'écoutons pas beaucoup ce qui ce dit sur nous. Nous préférons rester concentrer sur notre travail. C'est le plus important. Notre joie c'est de voir notre musique soulager, guider, consoler et soigner les coeurs des uns et ses autres. C'est de voir les Camerounais être fiers de leurs frères. Aigreurs, émulsions négatives, etc., ça ne nous intéresse pas.

Vous avez déjà quatre albums à votre actif ( Exil-2006; X Maleya-2009; Tous ensemble-2011 et Revolution-2013). Le prochain, c'est pour quand ?

Le prochain album, c'est très bientôt. Pour l'instant nous nous concentrons à la mise en route de notre label.

Pouvez-vous nous dire, comme ça, un flash, un souvenir précis de votre prestation à l'Olympia de Paris le 14 septembre 2014 ?

Un souvenir du 14 septembre 2014... Entendre résonner l'hymne national du Cameroun repris en choeur par un millier de personnes dans cette salle mythique de Paris. Le rêve quoi. Un vrai honneur à la patrie.

Le 4 avril prochain, ce sera au tour de l'Olympia de Montréal de vous accueillir. À quoi doit s’attendre le public montréalais qui viendra vous voir ?

Que le public de Montréal et d'ailleurs qui sera présent ce 04 avril à l'Olympia soit prêt, car nous allons mettre le feu. Avec nos musiciens venus spécialement du Cameroun, on va offrir plus d'une heure de show mémorable. On attend ce spectacle de l'Olympia de Montréal avec impatience.

Pour terminer, qu’est-ce qui fait selon vous l’originalité de X Maleya ?

À vous de nous dire ce qui fait notre originalité. Nous ne pouvons avoir la prétention de nous qualifier. Nous sommes le X-Maleya, un groupe de musique camerounais qui essaie de montrer à la jeunesse que tout est possible avec le travail. Pour le reste, on vous laisse le soin de nous le dire.

Merci pour cet entretien et bonnes répétions

C'est nous qui vous disons merci. Rendez-vous le 4 avril prochain chez vous et que Dieu vous bénisse.

Propos recueillis par Georges Ngando (Cyrcom News)

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Cyrille Ekwalla : "Boko Haram n'est pas une priorité pour les Nigérians comme il l'est pour nous Camerounais"

26 Février 2015, 08:42am

Publié par Célestin Ngoa Balla

Cyrille Ekwalla : "Boko Haram n'est pas une priorité pour les Nigérians comme il l'est pour nous Camerounais"

Journaliste Camerounais basé au Canada, Cyrille Ekwalla explique la marche patriotique du 28 février à Montréal, contre Boko Haram."Mais permettez-moi d’ajouter ceci. Il est possible que certains découvrent cette date du « 28 février » grâce à « la grande marche » de Yaoundé en soutien aux Forces de défense et de sécurité. Tant mieux. Cependant, pour d’autres – qui n’en sont pas moins concernés par le soutien à nos FDS dans la guerre contre Boko Haram – c’est aussi, et surtout, la date de commémoration des martyrs de Février 2008, où des centaines de jeunes camerounais sont morts pour avoir usé de leur liberté de citoyens responsables. Et croyez-moi, nous n’allons pas manquer de le souligner. Vous voyez donc que cette date n’a pas été choisie par hasard."

 

News du Cameroun: Dites-nous Cyrille Ekwalla, doit-on parler de hasard de calendrier en observant que vous organisez à Montréal au Canada, une manifestation contre Boko Haram à la date du 28 février déjà choisie pour « la grande marche » de Yaoundé ?
Cyrille Ekwalla : Non, il ne s’agit pas d’un hasard. À partir du moment où les principaux initiateurs du Collectif Cameroun-Canada « Unis contre Boko Haram », à savoir Raphael Yimga Tatchi (Responsable Afrique au sein de l’organisme Développement et Paix), Venant Mboua (journaliste-activiste) et moi-même, avons été d’accord, comme de nombreux camerounaises et camerounais à travers le monde, qu’il fallait faire « notre part », il nous a semblé tout à fait pertinent et cohérent de nous accoler à la date du 28 février.
En choisissant cette date, il s’agissait pour nous d’être à l’unisson avec les mobilisations des camerounais soucieux de la guerre qui se déroule dans la région de l’extrême-nord du Cameroun où, comme on le sait, le nombre de morts, civils et militaires, ne cesse d’augmenter, des blessés graves s’entassent, et surtout où un drame humanitaire s’écrit sous nos yeux jusque-là quasi-indifférents. Partant de là, si nous voulions manifester notre solidarité, notre fraternité avec les nôtres dans cette région, la cohérence imposa qu’on se calquât sur cette date. Mais permettez-moi d’ajouter ceci. Il est possible que certains découvrent cette date du « 28 février » grâce à « la grande marche » de Yaoundé en soutien aux Forces de défense et de sécurité. Tant mieux. Cependant, pour d’autres – qui n’en sont pas moins concernés par le soutien à nos FDS dans la guerre contre Boko Haram – c’est aussi, et surtout, la date de commémoration des martyrs de Février 2008, où des centaines de jeunes camerounais sont morts pour avoir usé de leur liberté de citoyens responsables. Et croyez-moi, nous n’allons pas manquer de le souligner. Vous voyez donc que cette date n’a pas été choisie par hasard.


News du Cameroun: Parlez-nous concrètement du programme de votre manifestation et quels objectifs espérez-vous atteindre ?
C’est très simple. Nous avons invité les gens à prendre part à une vigie. Il ne s’agit pas d’une marche, mais d’un rassemblement populaire et patriotique. Cette vigie se tiendra dans un parc du centre-ville de Montréal, encadré par les autorités policières de la ville. Elle s’articule autour de trois axes qui sont le soutien aux victimes et le lancement d’une chaîne de solidarité; le soutien aux forces de défense et de sécurité camerounaises et tchadiennes; et enfin l’interpellation du gouvernement camerounais et des élus canadiens en charge des relations internationales au sein de leurs formations politiques.
Je puis déjà vous assurer de la présence du premier parti d’opposition au Parlement d’Ottawa, mais aussi du Haut-commissariat du Cameroun au Canada. Et cela rentre dans nos objectifs : sensibiliser les camerounais du Canada et les canadiens à la situation humanitaire qui prend de l’ampleur dans l’extrême-nord de notre pays, faire passer le message à nos soldats et à ceux des pays étrangers qui nous viennent en aide que nous les soutenons, et « garder la flamme allumée » de tous les acteurs, citoyens, organismes, gouvernements…sur la lutte contre Boko Haram.

News du Cameroun: Pour certains de vos compatriotes de la diaspora –dans les amériques comme en Europe- organiser une telle manifestation signifie que vous aidez Paul Biya à sécuriser son poste de président de la République. Que leur répondez-vous ?
M. Ngoa Balla, s’il-vous-plaît, soyons sérieux ! Expliquez-moi par quelle alchimie, organiser une marche ou une vigie, dont les objectifs sont clairement énoncés, soit le soutien aux victimes, réfugiés à cause de Boko Haram est « aider Paul Biya à sécuriser son poste de président de la République » ? En quoi, manifester pour qu’on n’apprenne plus qu’une jeune camerounaise a été enlevée, violée de force, qu’un camerounais a été égorgé ou qu’un village a brûlé aide «à sécuriser le poste de Paul Biya ».
Le Cameroun est en lutte contre un groupe terroriste et des camerounais en meurent tous les jours, d’autres deviennent des réfugiés dans leur propre pays. On voit apparaître des villages fantômes i.e des villages où il n’y a plus personne. 
Pensez-vous que l’intégrité du Cameroun se résume à Biya ? Ces soldats qui se battent et dont certains meurent, sont-ils les soldats du Cameroun ou ceux de Biya ? Il y a un fait : le combat que l’armée camerounaise mène est contre un ennemi extérieur et non contre les camerounais. Arrêtons les sottises et amalgames. Il y a eu des marches au nom de la lutte contre Boko Haram, où était encensé Paul Biya, je ne peux le nier, mais ce n’est pas notre cas.

News du Cameroun: Comment expliquez-vous que dans les puissants Etats de l’Amérique du nord on parle accessoirement de Boko Haram a cote des autres islamiste qui gangrènent la Libye et les pays arabes de l’Asie
À mon avis, on n’en parle qu’accessoirement comme vous dites parce que Boko Haram ne s’en est pas encore (?) pris aux intérêts de ces pays ou alors comme certains le pensent, parce que la présence de Boko Haram « arrange » leurs intérêts. Et l’importance d’une vigie comme celle que nous mettons en placeà Montréal le 28 février prochain, et pour laquelle de nombreux africains sont mobilisés, est justement de faire entendre cette autre voix, et d’amener ces médias à s’y intéresser un peu plus.

News du Cameroun: Comment vous expliquez l’absence de la diaspora nigériane dans les rues des grandes capitales du monde pendant les manifestations contre Boko Haram alors que c’est au Nigeria que se trouve la racine de cette secte ?
La diaspora nigériane réagit comme le reste du Nigéria. Pour nous camerounais, Boko Haram n’est pas un « phénomène » comme continue de le dire – sûrement par facilité langagière - le ministre de la communication Issa Tchiroma. C’est une réalité.
Pour le Nigéria, Boko Haram, c’est un groupe terroriste qui occupe grosso modo trois (3) états parmi 36. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas préoccupés. Mais une fois que vous avez intégré les dynamiques politiques au sein de notre puissant voisin, que vous y ajoutez la donne « corruption », notamment au sein de la hiérarchie militaire, vous comprenez pourquoi face à Boko Haram, les approches des autres pays sont différentes de celle du Nigéria. En un mot, Boko Haram n’est pas une priorité pour les nigérians comme il l’est pour nous, camerounais. Et la diaspora nigériane est à l’image de l’intérieur.

News du Cameroun: En tant que journaliste, quel regard jetez-vous sur la couverture médiatique au Cameroun de la guerre contre Boko Haram ?
Vous m’auriez posé la question il y a trois semaines de cela, je vous aurai dit « il n’y a pas de couverture médiatique au Cameroun de la guerre contre Boko Haram ». À votre avis, d’où vient la perception que dans les 4/5 du pays, la lutte contre Boko Haram semblait une « lubie » ? Cela vient principalement des autorités politiques et de Paul Biya en premier qui ont minimisé ce conflit et même, l’ont présenté comme un dégât collatéral des luttes de pouvoir et de positionnement au sein de l’élite dirigeante actuelle. Rappelez-vous les propos du président de l’assemblée nationale « Boko Haram est parmi nous », une phrase prononcée au sein même de l’hémicycle. Quoi de mieux pour rajouter confusion et désintérêt.
Pensez-vous que les médias allaient vraiment s’y intéresser ? L’Oeil du Sahel a été le premier à évoquer le conflit Boko Haram, suivis par quelques medias privés qui ont tant bien que mal essayé d’attirer les regards vers ce sujet. Le déclic est venu il y a quelques semaines avec l’entrée effective du Tchad dans le conflit. À cause ou en raison (c’est selon) de la gestion médiatique par le Tchad, de ce conflit, les autorités camerounaises – premières sources d’information sur ce conflit – ont changé leur approche. On ne peut minimiser la pression exercée par les réseaux sociaux, puisque cela a suscité une réaction de Paul Biya, comme vous le savez.
Aujourd’hui, les medias locaux si ils ne sont pas embeded, couvrent le conflit avec les moyens de bord. Et c’est déjà pas mal au regard des conditions de travail et moyens mis à disposition par les rédactions.

Source : Icicemac

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Oubliez le McDo, à Paris, les fast-food africains passent à l'offensive !

17 Décembre 2014, 11:50am

Publié par Espace Miango

Oubliez le McDo, à Paris, les fast-food africains passent à l'offensive !

En quelques années, le marché de la restauration rapide en France a vu venir de nouveaux acteurs, les fast-food africains. Malgré la frilosité des banques à les aider, certains ont réussi à développer leur activité. Présentations avec trois d'entre eux installés à Paris.
 

"Quand on arrive on casse tout". Quand Abdelkader Jawneh, l'un des trois fondateurs de la chaîne de fast-food Afrik'N'Fusion, parle de ses restaurants, il affiche un grand sourire. Depuis l'ouverture de la première boutique il y a quatre ans, le rythme n'a pas baissé, au contraire. Depuis début novembre, l'enseigne a une troisième adresse, dans le 18e arrondissement de Paris.
 

À l'origine d'Afrik'N'fusion, il y a un constat simple : "Je travaillais dans un quartier de bureaux et il m'était impossible de manger un plat africain, le midi, dans le temps imparti", raconte Abdelkader Jawneh dont la famille est originaire du Sénégal. Avec ses deux associés, ils décident d'y remédier et montent leur business plan. Les banques refusent de leur faire confiance, ils se tournent alors vers leur réseau. Les prêts et les dons faits par l'entourage leur permettent d'ouvrir le premier Afrik'N'Fusion en décembre 2010, dans le 20e arrondissement de la capitale française. Quatre ans plus tard, la PME compte une trentaine de salariés, elle réalisera un chiffre d'affaires pour 2014 estimé entre 800 000 et un million d'euros. "Nous avons construit notre projet sur trois canaux : la vente sur place, à emporter et en livraison, détaille Abdelkader Jawneh. Notre carte est faite de plats simples mais bons." Le développement à l'international est maintenant dans leur ligne de mire : les dirigeants ont lancé une étude de marché pour une installation éventuelle en Angleterre.

Une réussite qui inspire
 

Dominique Penda, qui a fondé le restaurant O'Maki dans le XVIIIe arrondissement, ne cache pas s'être inspiré de la réussite d'Afrik'N'Fusion. L'idée des quatre fondateurs de l'enseigne était de créer un lieu de vie en reproduisant un univers africain. Ici aussi, on peut manger sur place, emporter sa commande ou choisir la livraison des plats africains et des sandwichs carribéens. Les mets de la carte sont tous halal et la clientèle varie en fonction de l'heure de la journée.
Quand on leur dit qu'on veut être les Flunch 2.0, les banques ne comprennent pas.

 

"Les banques ne nous ont pas suivi, lance Dominique Penda. Quand on leur dit qu'on veut être les Flunch 2.0, elles ne comprennent pas et c'est un peu normal." Les quatre associés ont donc monté leur affaire avec leurs fonds propres. Pour 2014, ils tablent sur un chiffre d'affaires entre 300 000 et 500 000 euros. Après deux ans d'existence, Dominique Penda reste prudent et préfère faire sien l'adage "doucement mais sûrement". "Évidemment que tout le monde vise la franchise, confesse-t-il en expliquant que son modèle est la chaîne Planete Sushi, mais je veux prendre mon temps."
Toujours dans le créneau de la fast-food africaine mais en food truck, Fati Niang tire aussi son épingle du jeu. Il y a un an, elle lançait son camion Black Spoon dans lequel elle propose des alokos, du poulet yassa et des mafés. Depuis, elle a reçu le prix de l'entrepreneur africain décerné par Afrik Angels, catégorie femmes innovantes. Tous les jeudis, elle régale les cols blancs de la Défense. Elle occupe aussi le terrain de l'évènementiel. En novembre dernier, son food truck était présent pour le concert de Beyoncé et de Jay-Z au Stade de France, un évènement "idéal pour se faire connaître", qui a nécessité plus de six mois de démarchage.

 

Le rêve de Fati ? Après avoir créé un deuxième camion à Paris, ce serait de voir une armada de Black Spoon servir des alokos dans les rues de Londres et pourquoi pas New York ! Le rêve et les ambitions ne connaissent pas de frontières

Source : Jeune Afrique
 

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Québec : Quatre jeunes âgés de 15 à 17 ans sur dix vivent au sein d’une famille monoparentale ou recomposée

15 Décembre 2014, 16:50pm

Publié par CYEK

Québec : Quatre jeunes âgés de 15 à 17 ans sur dix vivent au sein d’une famille monoparentale ou recomposée

Avec l’âge des enfants s’accroît la proportion de ceux-ci vivant dans une famille monoparentale ou recomposée. De 18 % des enfants âgés de 4 ans et moins, la proportion augmente à 39 % chez les 10 à 14 ans et à 43 % chez ceux âgés de 15 à 17 ans en 2011 au Québec. Dix ans auparavant, ces proportions étaient inférieures chez les jeunes de 10 à 17 ans. La hausse de la fréquence des ruptures d’union a contribué à cette situation. Ces résultats sont tirés de l’Enquête sociale générale de 2011 et sont publiés aujourd’hui par l’Institut de la statistique du Québec dans le bulletin Coup d’œil sociodémographique, no 35.

Près de six enfants de moins de 4 ans sur dix vivent avec des parents en union libre

Parmi les familles biparentales, on note un déclin de la proportion d’enfants vivant avec des parents en union libre selon l’âge des enfants. D’environ six enfants sur dix âgés de moins de 4 ans, cette proportion décline à trois jeunes de 15 à 17 ans sur dix. Ainsi, plusieurs couples ont opté pour le mariage après la venue d’un ou de plusieurs enfants. À cet égard, mentionnons que le choix de l’union libre est beaucoup plus marqué au Québec que dans le reste du Canada.

Pour deux tiers des couples qui ont des enfants de moins de 18 ans, les deux conjoints participent au marché du travail

Sur l’ensemble des couples ayant des enfants de moins de 18 ans, 47 % sont composés de deux conjoints occupés à temps plein sur le marché du travail et 19 % par des couples dont l’un occupe un emploi à temps partiel et l’autre à temps plein. Par ailleurs, les couples ayant de jeunes enfants sont les plus nombreux où l’on observe qu’un conjoint, le plus souvent la mère, n’occupe pas un emploi.

Source : Statistique Quebec

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